Et si l'entraide était au cœur de l'école ? L'exemple d'une école bolivienne
Des murs de terre et de bouteilles colorées, un principe quechua au centre du projet : l'Ayni, l'entraide. Le n°9 raconte l'école Flor de Montana, en Bolivie.
À 1 600 mètres d'altitude, dans la petite ville bolivienne de Samaipata, se trouve une école construite par des familles, de leurs mains. Ses murs sont en terre et en bouteilles de verre colorées, qui font entrer dans les classes une lumière arc-en-ciel. Ouverte il y a neuf ans, Flor de Montana (« fleur de montagne ») est aujourd'hui reconnue par le ministère de l'Éducation de Bolivie. Le n°9 d'Innovation en Éducation en fait un support de réflexion : à quoi ressemblerait une école qui mettrait l'entraide au centre ?
Qu'est-ce que l'Ayni ?
L'article rappelle qu'en France, depuis la loi Jospin de 1989, l'Éducation nationale est censée avoir remplacé le savoir par l'élève au centre du système. Flor de Montana propose un autre déplacement : mettre l'Ayni au centre. C'est un mot quechua qui signifie l'entraide, le lien. Ici, on cultive le lien entre les enfants, entre les enfants et les adultes, mais aussi entre les humains, les animaux, les plantes et la Terre.
« L'Ayni est un mot quechua qui signifie l'entraide, le lien. »
Dans la pratique, les matières principales s'apprennent au sein d'autres activités : les sciences naturelles au jardin médicinal et au potager, les additions en musique ou en cuisine, et l'une des salles de classe se trouve sous les arbres. Les arts, l'artisanat, la connaissance des plantes tiennent une grande place, à côté de temps d'apprentissage plus formels où le numérique est présent. L'intention est moins de former que d'aider chacun à mieux connaître ses talents.
Que se passe-t-il pendant une minga ?
C'est la tradition andine qui illustre le mieux l'Ayni. Une minga met le travail commun au service d'une communauté, d'un village ou d'une famille, quand un effort important est nécessaire : récoltes, constructions, déménagements. À Flor de Montana, adultes et enfants participent régulièrement au nettoyage, à la cuisine, à la culture des plantes ou à la réparation des bâtiments, pour entretenir la beauté et la fonction du lieu. L'article y voit une manière de ressentir la force du groupe et de mesurer l'effort que demande ce qui nous entoure. L'école célèbre ensuite ces actions lors d'un grand repas partagé, avec des chants et des danses, que le magazine décrit plus longuement.
Peut-on transposer cela chez nous ?
L'article se garde d'idéaliser : les membres de cette école font certainement face à de nombreuses remises en question et difficultés. Il pose plutôt des questions : et si nous placions le lien plutôt que l'individu au centre de l'éducation ? Et si nous apprenions à penser en écosystème plutôt qu'en matières séparées ?
« Et si l'entraide était l'autre loi de la jungle et qu'il était temps qu'elle prenne sa place ? »
La réponse proposée est volontairement concrète : faire exister l'entraide de façon intentionnelle, dans les maisons comme dans les classes. L'article en suggère plusieurs manières, par exemple en créant des moments où les plus rapides ou les plus à l'aise aident ceux qui le sont moins.
Que veut dire « rendre propice » ?
Le projet de l'école tient dans un mot espagnol, « propiciar » : rendre plus propice. Il ne s'agit pas tant de former les élèves que de créer les conditions dans lesquelles les qualités de chacun peuvent se développer, et avec elles la croissance de tous les êtres de la communauté. Ce choix explique la place donnée au jardin, à l'artisanat, aux arts et à la nature : ce sont autant de lieux où l'on apprend en faisant avec les autres.
Questions fréquentes
Que signifie « Ayni » ?
C'est un mot quechua qui désigne l'entraide et le lien, entre les humains, mais aussi avec les animaux, les plantes et la Terre.
Comment encourager l'entraide entre élèves ?
L'article propose de créer des espaces où les élèves les plus rapides aident ceux qui le sont moins, et où ceux qui sont forts en sport montrent aux autres comment progresser. L'objectif est une culture où aider l'autre compte plus que le devancer.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- La présentation de l'école Flor de Montana et de ses murs de terre et de bouteilles colorées.
- Le détail des journées : les maths en cuisine, la céramique, l'ébénisterie, le soin par les plantes.
- Le récit de la minga et de l'apthapis, le repas partagé qui la couronne.
- Les questions que le magazine adresse à notre système éducatif, et des idées pour faire vivre l'entraide en classe ou en famille.
N°9
n°9 · Tour du monde des meilleures idées éducatives
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