IA en classe : comment faire évoluer sa pédagogie quand le monde change ?
Les élèves d'aujourd'hui entreront dans un monde que l'IA transforme. Dans le n°33 d'Innovation en Éducation, Jérôme Mathieu, spécialiste de l'EdTech, avance trois conseils pour enseigner autrement, à confronter à votre pratique.
Tiré du magazine · n°33Les enfants face aux étapes de la vie
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Que doit-on enseigner à des élèves qui entreront dans un monde transformé par l'intelligence artificielle ? Jérôme Mathieu, chef de projet spécialisé dans l'EdTech, avance une réponse tranchée : demain, on aura moins besoin d'élèves qui savent que d'élèves qui savent faire, et il propose trois pistes pour y préparer la classe. Un point de vue d'un praticien du numérique, que chacun pourra confronter à sa propre expérience.
Jérôme Mathieu a plus de douze ans d'expérience dans l'écosystème numérique de Cap Omega, à Montpellier, comme chef de projet TIC et assistant à maîtrise d'ouvrage, principalement en EdTech. Il s'est formé à l'intelligence artificielle et à la cybersécurité. Dans le n°33 d'Innovation en Éducation, il part d'une chanson qui traverse deux générations pour poser la question : que laisse-t-on aux enfants, et que leur apprend-on pour ce monde-là ?
Que faut-il apprendre quand le savoir est partout ?
L'auteur part du constat que le savoir est aujourd'hui à portée de clic, et que bachoter perd de son sens si l'essentiel est oublié quelques semaines plus tard. Il cite Jean Piaget.
« L'intelligence, ça n'est pas ce que l'on sait mais ce que l'on fait quand on ne sait pas »
Selon lui, les qualités attendues demain sont l'esprit critique, un vocabulaire riche, une expression précise et la capacité à mener un projet à bien avec des moyens limités. Il imagine des élèves qui présenteraient un « book » de réalisations, preuve d'un savoir-faire, à côté de leurs diplômes, et des bulletins qui feraient davantage place au savoir-être.
Quels outils, quelle organisation ?
L'article présente une demi-douzaine d'outils d'IA pour apprendre, réviser, s'exercer aux langues, corriger des copies ou mener des recherches, avec leurs avantages et leurs limites (gratuité, confidentialité, origine). Il invite ensuite à privilégier le travail en petits groupes ou en classe inversée, où l'élève apprend chez lui et où l'enseignant se consacre au suivi individualisé. L'auteur précise que sensibiliser aux outils n'a de sens que dans le cadre de vrais projets.
« Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s'adaptent le mieux aux changements. »
Faut-il réfléchir avant de « prompter » ?
C'est son troisième conseil, qui parle autant aux élèves qu'aux enseignants : avant de poser une question à une IA, construire un logigramme, c'est-à-dire découper son sujet en sous-tâches qui mènent à l'objectif. Il appuie le propos sur une histoire de bûcheron dont le magazine donne la chute.
Questions fréquentes
L'IA peut-elle alléger le travail des enseignants ?
L'auteur le pense, notamment pour la correction, et y voit la possibilité de consacrer plus de temps au suivi individualisé. Il invite à regarder de près les questions de confidentialité.
Faut-il tout changer dans sa pédagogie ?
Jérôme Mathieu plaide pour une évolution marquée. Chacun peut y voir des pistes à tester dans sa classe, plutôt qu'un modèle à adopter en bloc.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- La présentation détaillée des outils d'IA cités, avec leurs avantages et leurs limites.
- Les critères pour comparer les résultats d'élèves en petits groupes.
- La méthode du logigramme et l'histoire du bûcheron.
- Le portrait de l'auteur, ses certifications et son parcours.
- La métaphore des outils (scie sauteuse, perceuse) pour parler de projets.
n°33 · Les enfants face aux étapes de la vie
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