On leur prédisait l’échec : que sont devenus ces anciens élèves atypiques ?
« Il n’ira jamais loin » : beaucoup d’élèves atypiques ont entendu ce genre de phrase. Le n°6 d’Innovation en Éducation donne la parole à des lecteurs qui ont déjoué les pronostics, et à ceux qui les ont aidés à y croire.
Tiré du magazine · n°6Accompagner les enfants atypiques
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Ils ont été qualifiés de paresseux, de trop émotifs, de nuls en français ou de cancres, et on leur a prédit qu’ils n’iraient pas loin. Devenus ingénieure, kinésithérapeute, médecin, conseillère pédagogique ou manager, ils racontent dans le n°6 d’Innovation en Éducation comment ils ont démenti ces pronostics. Leurs témoignages disent le poids des étiquettes, la force de ceux qui ont cru en eux, et parfois l’utilité, pour se comprendre, de mettre enfin un mot sur sa différence.
Ces récits sont publiés dans la rubrique « Inspirations », à la fin d’un numéro consacré aux enfants atypiques : DYS, TDAH, HPI, hypersensibles, autistes. Ils répondent à un appel lancé par le magazine à ses lecteurs, et le chapô de la page résume leur point commun :
« Malgré les étiquettes (ou leur absence), ils ont déjoué les pronostics et ont pris une revanche sur la vie qu’on leur prédisait. »
Que dit une étiquette à un enfant ?
Les phrases rapportées par ces lecteurs ont été prononcées il y a des années, et pourtant ils s’en souviennent mot pour mot. Une élève qu’on disait paresseuse et peu futée. Une autre qu’on rangeait parmi les nuls en français. Une lycéenne à qui l’on assurait qu’elle ne deviendrait jamais ce qu’elle voulait être, parce qu’elle était trop émotive. Ces récits ne cherchent pas de coupable. Ils rappellent simplement qu’une phrase d’adulte peut accompagner un enfant très longtemps, dans un sens comme dans l’autre.
C’est la même idée que développe l’auteure et pédagogue Anne-Marie Gaignard dans ce numéro, quand elle met en garde contre les étiquettes collées trop vite aux enfants en difficulté.
Comment ont-ils démenti les pronostics ?
Chaque parcours est singulier, et c’est ce qui fait la richesse de cette double page. Certains ont trouvé leur voie par une matière qu’ils aimaient, d’autres en changeant d’établissement, d’autres encore en faisant d’une remarque blessante un défi personnel. Une lectrice, qui avait entendu qu’elle ne réussirait pas un concours exigeant, le dit ainsi :
« Je n’ai jamais cru ceux qui me disaient que c’était impossible, j’en faisais un défi. »
Plusieurs d’entre eux ont choisi des métiers tournés vers les enfants ou les familles. Comme si l’expérience vécue sur les bancs de l’école leur avait donné l’envie d’offrir à d’autres le regard qui leur avait manqué, ou celui qui les avait sauvés.
Faut-il mettre un mot sur sa différence ?
La question traverse tout le numéro, et un témoignage y répond avec une grande finesse. Une lectrice raconte un parcours scolaire chaotique, sans aucun diagnostic dans son enfance, et la découverte de son propre fonctionnement à l’âge adulte, à travers celui de ses enfants. Elle porte sur les étiquettes un regard nuancé, que l’on gagne à méditer :
« Les étiquettes servent à se connaître et à connaître son fonctionnement cognitif. Une fois cela acquis, on peut s’en détacher. »
Une étiquette peut enfermer quand elle est un jugement, et libérer quand elle est une explication. Ce double visage est au cœur de l’article de la psychologue Lydia Levant-Bol sur l’atypie découverte à l’âge adulte.
Le rôle des adultes qui y ont cru
En filigrane, ces récits parlent aussi des enseignants. Le magazine remercie d’ailleurs, en ouverture de la page, ceux qui accompagnent chaque jour les enfants avec passion et persévérance. Les autres fiches du numéro réunissent elles aussi des témoignages de lecteurs, consacrés à l’adulte qui a su regarder au-delà des difficultés : un directeur, une maîtresse de CM2, un professeur de français. Le levier qu’ils décrivent porte un nom, l’effet Pygmalion, que l’article sur l’accueil des élèves atypiques en classe présente comme l’un des actes pédagogiques les plus forts.
Questions fréquentes
Un élève en difficulté peut-il réussir malgré les pronostics ?
Les témoignages publiés dans le n°6 d’Innovation en Éducation le montrent : des élèves jugés paresseux, trop émotifs ou en échec sont devenus ingénieure, médecin ou conseillère pédagogique.
Les étiquettes sont-elles toujours négatives ?
Pas forcément. Une lectrice explique qu’une étiquette posée par un professionnel peut aider à comprendre son fonctionnement, avant de pouvoir s’en détacher. C’est le jugement hâtif qui blesse, pas l’explication.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les seize témoignages de lecteurs réunis dans la rubrique « Inspirations ».
- Les phrases qu’ils ont entendues enfants, et ce qu’ils sont devenus.
- Le parcours d’une lectrice qui a découvert ses particularités à l’âge adulte grâce à ses enfants.
- Le regard d’une professionnelle sur les craintes des parents d’enfants DYS face aux études.
n°6 · Accompagner les enfants atypiques
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