Comment cultiver l'intelligence émotionnelle de son enfant dès le plus jeune âge ?
Savoir reconnaître ses émotions et celles des autres s'apprend dès la naissance. Dans le n°12 d'Innovation en Éducation, Sylvie d'Esclaibes, issue du monde Montessori, propose douze façons d'y aider les enfants.
Tiré du magazine · n°12Ces perles qu'on n'apprend pas assez à l'école
Voir ce numéro
L'intelligence émotionnelle, c'est la capacité à repérer ses émotions, à les comprendre et à agir en conséquence, tout en comprenant celles des autres. Sylvie d'Esclaibes propose douze façons de la cultiver, du bébé à l'enfant d'école. Aucune n'exige de matériel compliqué, plutôt de la présence et du vocabulaire.
Sylvie d'Esclaibes est fondatrice et directrice d'écoles Montessori, dont un collège et un lycée, autrice d'environ quatre-vingts livres et animatrice, avec sa fille Stéphanie, du podcast Les Adultes de Demain. Dans le n°12 d'Innovation en Éducation, elle part d'un constat : les employeurs s'intéressent autant, voire davantage, au quotient émotionnel qu'au quotient intellectuel, et cette forme d'intelligence influence aussi les relations et le bien-être.
Peut-on déjà l'aider chez un bébé ?
Oui, selon l'autrice, dès la naissance. Sans forcément prendre l'enfant dans les bras à chaque cri, l'adulte peut rester près de lui et communiquer, en nommant ce qu'il perçoit.
« Tu pleures, mais tu vois je suis tout près de toi. »
L'autrice invite aussi à installer des routines, parce que le très jeune enfant n'a pas la notion de l'heure : savoir ce qui vient après la sieste le rassure et diminue le stress. Puis vient le vocabulaire des émotions, d'abord celui de l'enfant (« tu as eu peur à cause de ce bruit »), ensuite celui de l'adulte, qui montre que tout le monde en ressent.
Comment aider deux enfants qui se disputent ?
C'est l'idée la plus originale de l'article : la « table de paix ». Il s'agit d'un lieu calme, décoré avec des éléments apaisants, où les enfants viennent ensemble après un conflit, ou seuls quand les émotions débordent. Ils y cherchent eux-mêmes des solutions, avec l'aide d'un camarade ou d'un frère ou d'une sœur qui joue le médiateur. Ils réfléchissent à ce qu'ils ont ressenti et à ce qu'ils auraient pu faire autrement. Le magazine décrit ce qu'on peut y installer et comment l'organiser, en classe comme en famille.
Quelle place pour l'exemple de l'adulte ?
Centrale. Parents, enseignants, tout adulte en relation avec l'enfant sert de modèle, parce que l'enfant se construit par mimétisme. L'autrice donne un exemple qui parlera à tous : un automobiliste vous frôle, vous avez envie d'insulter. Plutôt que de vous emporter, dites que vous êtes en colère, respirez à voix haute, puis racontez ensuite ce que vous avez fait pour vous calmer. L'enfant apprend ainsi qu'une émotion forte se traverse.
Et la confiance en soi, et l'erreur ?
L'article relie l'intelligence émotionnelle à la confiance en soi, qui passe par l'acceptation de l'enfant tel qu'il est, dans un cadre sécurisant. Elle évoque aussi le droit à l'erreur, illustré par la pédagogie Montessori où chaque activité permet à l'enfant de constater seul son erreur, sans sanction de l'adulte.
« Un être qui a confiance en lui est à l'aise en société. »
Les dernières façons portent sur les techniques pour gérer les émotions et sur les outils spécifiques pour les plus jeunes. Le magazine les détaille.
Comment faire comprendre que tout le monde ressent des émotions ?
L'autrice propose d'engager des échanges avec les frères et sœurs en famille, ou avec les camarades en classe : chacun raconte à son tour une situation où il a ressenti de la colère, de la tristesse ou de la joie. Les enfants découvrent ainsi que tous éprouvent les mêmes émotions, dans des circonstances parfois très différentes. Il est important que les adultes témoignent aussi, et l'on peut s'aider d'un livre qui évoque une émotion pour ouvrir la discussion. Elle conseille de toujours partir de choses concrètes.
Quand un enfant a une grosse colère, elle recommande d'accueillir et de calmer, de rester serein et de ne pas lui interdire de l'exprimer, car il finirait par la refouler.
Questions fréquentes
À partir de quel âge parler des émotions à un enfant ?
Dès la naissance, selon l'autrice, en nommant ce que l'adulte perçoit : « tu pleures », « tu as peur ». Les mots viennent avant que l'enfant puisse les dire.
Qu'est-ce qu'une table de paix ?
C'est un lieu calme, installé à l'école ou à la maison, où les enfants viennent résoudre un conflit ou s'apaiser. Elle est inspirée de l'univers Montessori.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les douze façons de cultiver l'intelligence émotionnelle, de la naissance à l'âge de l'école.
- La description complète de la table de paix et de ce qui s'y trouve.
- Les formulations pour mettre des mots sur les émotions, de bébé à l'enfant qui parle.
- Les techniques pour gérer les émotions, dont l'approche sensorielle et la respiration.
- Les outils pour exprimer ses émotions, dont ceux destinés aux enfants qui ne parlent pas encore.
n°12 · Ces perles qu'on n'apprend pas assez à l'école
Ce numéro n'est pas en vente en ce moment.
Avec l'abonnement, chaque nouveau numéro arrive chez vous, sans engagement.
