Et si l'école ne regardait que deux formes d'intelligence ? Intelligences multiples et orientation
Quand les notes sont basses, un élève conclut vite qu'il n'est pas « intelligent ». Le n°10 d'Innovation en Éducation revient sur la théorie des intelligences multiples, avec ses atouts et ses limites.
Tiré du magazine · n°10Orientation : quel avenir pour mon enfant ?
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Le parcours scolaire est censé aider chacun à repérer là où il est « bon », pour en faire un critère d'orientation. Le problème, relève le magazine, c'est qu'il ne regarde presque qu'à deux endroits : les lettres et les sciences. Et quand les notes y sont basses, la sentence tombe, parfois pour longtemps. C'est le point de départ de la fiche que le n°10 d'Innovation en Éducation consacre aux intelligences multiples.
D'où vient l'idée des intelligences multiples ?
En 1983, le psychologue américain Howard Gardner propose quelque chose d'assez révolutionnaire pour l'époque : il existe bien plus que deux manières d'être « bon ». Il en décrit huit. Depuis, d'autres formes ont été ajoutées dans la littérature, et la fiche du magazine en présente une douzaine, du raisonnement logique à la sensibilité musicale, en passant par l'aisance avec son corps, avec les autres ou avec la nature.
« Et quand les notes sont basses, la sentence tombe, implacable : on n'est pas "intelligent". »
La théorie fait-elle consensus ?
Non, et la fiche le dit clairement. Cette théorie plaît beaucoup dans le monde éducatif, mais elle ne trouve pas de consensus chez les scientifiques, notamment parce que ces intelligences sont difficiles à mesurer, contrairement aux tests d'intelligence générale validés de façon psychométrique. L'objectif de la fiche n'est pas de relancer le débat. Il est de retenir l'idée de fond, que chacun peut faire siennes sans trancher la querelle : nous avons des aptitudes multiples, dont beaucoup ne s'évaluent pas et ne sont pas stimulées dans le cadre scolaire.
« Nous avons des compétences, des aptitudes multiples dont beaucoup ne s'évaluent pas et ne sont pas stimulées dans le cadre scolaire. »
À quoi cela sert-il pour choisir une voie ?
La vie extrascolaire (culturelle, sportive, relationnelle) est riche, et elle peut éveiller chez les enfants des aptitudes qui deviendront plus tard de vraies compétences. Pour chaque forme d'intelligence, la fiche propose des exemples de métiers qui la sollicitent. Un exemple qui surprend : l'intelligence dite « naturaliste » ne concerne pas seulement les agriculteurs ou les météorologues, elle se retrouve aussi chez ceux qui aiment classer, ordonner et structurer l'information, comme les bibliothécaires ou les archivistes.
L'expérience, selon le magazine, montre que chacun possède en général deux ou trois formes dominantes, dont la combinaison le rend unique. Les identifier devient alors un bon critère de réflexion pour son orientation.
Qu'en est-il de l'intelligence émotionnelle ?
Elle figure parmi les formes présentées. Proposée en 1990 par les psychologues John Mayer et Peter Salovey, elle s'articule autour de quatre points : comprendre les émotions, les percevoir et les évaluer, les assimiler et les gérer. Le magazine y voit un atout qui peut venir compléter d'autres formes dominantes, notamment dans le travail en équipe ou le contact avec une clientèle.
Existe-t-il une autre grille pour mieux se connaître ?
Oui. Un encadré présente le concept des « natures multiples », mis au point quelques années plus tard par le pédagogue américain Steven Rudolph. Il identifie huit tendances de comportement naturelles dès l'enfance. Croisée avec les intelligences multiples, cette grille aide à mieux se connaître et à faire des choix d'orientation plus éclairés. Le magazine en donne la liste et les références pour aller plus loin.
Questions fréquentes
Les intelligences multiples sont-elles prouvées scientifiquement ?
Pas de façon consensuelle. La fiche du magazine indique que la théorie plaît dans l'éducation mais reste discutée chez les chercheurs, faute de moyen simple de mesurer ces différentes intelligences.
Combien de formes d'intelligence a-t-on ?
Howard Gardner en avait listé huit en 1983. D'autres se sont ajoutées depuis. Chacun en aurait deux ou trois dominantes, selon l'expérience rapportée par le magazine.
Cela peut-il aider un adolescent qui hésite sur son orientation ?
Oui, comme un point de départ pour la réflexion : repérer ce qu'on fait naturellement et avec plaisir, puis le confronter à des métiers et à des expériences.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- La description de chaque forme d'intelligence, avec des exemples de métiers.
- La définition de l'intelligence émotionnelle, avec ses quatre axes, et celle de l'intelligence collective.
- L'encadré sur les huit natures multiples de Steven Rudolph et l'ouvrage pour aller plus loin.
