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Émotions et bien-être À la maison En classe

L'adaptabilité s'apprend-elle chez l'enfant⁠ ⁠?

S'ajuster à l'imprévu est une compétence qui se construit. Dans le n°33 d'Innovation en Éducation, Sylvia Lehmann, maman de cinq enfants et fondatrice d'une école, montre comment les adultes peuvent l'entraîner au quotidien.

Le n°33 d'Innovation en Éducation ouvert sur les pages de cet article
Tiré du magazine · n°33Les enfants face aux étapes de la vie Voir ce numéro

L'adaptabilité n'est pas un trait de caractère que l'on aurait ou non : c'est une compétence qui s'entraîne. C'est la conviction de Sylvia Lehmann, qui estime que la capacité à faire face, à s'ajuster et à rebondir compte autant, pour un enfant, que les savoirs scolaires. Et que les adultes y contribuent beaucoup, par leur posture plus que par leurs discours.

Sylvia Lehmann est mère de cinq enfants neuroatypiques, thérapeute et cofondatrice d'une école dont la pédagogie est adaptée aux enfants hypersensibles. Elle accompagne depuis trente ans des enfants, des adultes et des familles. Dans le n°33 d'Innovation en Éducation, elle propose un article très concret pour la maison et pour la classe.

Un enfant naît-il adaptable ?

Non, répond l'autrice, même si certains tempéraments semblent plus à l'aise que d'autres avec le changement.

« Aucun enfant ne naît adaptable : il le devient au fil de ses expériences et grâce à la posture des adultes qui l'accompagnent. »

Sylvia Lehmann, thérapeute, cofondatrice d'une école pour enfants hypersensiblesExtrait du n°33, p. 19

Elle distingue deux notions voisines : l'adaptabilité, qui permet de s'ajuster aux imprévus du quotidien, et la résilience, qui aide à se reconstruire après des épreuves plus lourdes. Les deux se complètent.

Peut-on vouloir trop bien faire ?

C'est le passage le plus délicat, et il est écrit sans reproche. Des attitudes guidées par l'amour peuvent freiner l'enfant : anticiper tous ses besoins, décider et résoudre à sa place, apaiser trop vite ce qu'il ressent. Un enfant peu confronté à l'imprévu peut développer une insécurité intérieure, et le moindre changement devient alors une source d'angoisse. L'enjeu, précise Sylvia Lehmann, n'est pas d'exposer l'enfant à des difficultés insurmontables, mais de lui offrir des défis à sa mesure.

Elle réhabilite aussi la frustration, qui apprend à attendre, à persévérer et à accepter que tout ne se passe pas comme prévu. Entre éviter toute frustration et accompagner une frustration constructive, dit-elle, il existe un espace éducatif fondamental.

Rituels ou changements : faut-il choisir ?

Pas du tout. Les rituels sécurisent, mais devenus trop rigides, ils peuvent freiner l'ajustement. L'autrice propose donc un cadre stable et souple, avec des habitudes évolutives. Le rituel du coucher, par exemple, ne peut pas toujours être maintenu en voyage : c'est l'occasion d'inviter l'enfant à créer ses propres repères, et de lui montrer que la sécurité vient aussi de ses ressources intérieures.

Que faire quand un enfant déborde ?

L'article donne un exemple scolaire frappant. Submergé par l'anxiété devant une évaluation, un élève déchire sa copie et claque la porte. Plutôt que de s'opposer à lui, l'enseignant va à sa rencontre, avec calme. Il reconnaît la difficulté, réaffirme sa confiance, puis propose un accompagnement pas à pas. L'élève revient en classe et reprend son travail. Ce qui compte, c'est la posture de l'adulte, qui prépare le terrain avant toute consigne.

« Notre rôle n'est pas d'éviter les tempêtes aux enfants, mais de leur apprendre à les traverser. »

Sylvia Lehmann, thérapeute, cofondatrice d'une école pour enfants hypersensiblesExtrait du n°33, p. 21

Parents et enseignants trouveront dans l'article d'autres repères, notamment une question simple à poser à l'enfant qui se fige devant la nouveauté, ainsi qu'une liste de leviers du quotidien, dont le magazine donne le détail.

Questions fréquentes

Un enfant hypersensible peut-il apprendre à s'adapter ?

Oui, selon Sylvia Lehmann : bien soutenu, il développe une grande finesse d'adaptation. Son besoin de sécurité est plus marqué, d'où l'importance d'un accompagnement patient.

La frustration est-elle utile à l'enfant ?

L'autrice la juge indispensable, à condition de ne jamais laisser l'enfant seul devant une détresse trop intense. Elle construit la patience et la tolérance à l'échec.

Les mots-clés de cet article
Pour aller plus loin · n°33

Ce que vous trouverez dans le magazine

  1. La distinction entre adaptabilité et résilience, et ce que chacune permet.
  2. Les trois attitudes éducatives qui, par amour, freinent l'enfant.
  3. L'exemple complet de l'élève qui déchire sa copie, et les gestes de l'enseignant.
  4. La liste des leviers du quotidien pour entraîner l'adaptabilité, à la maison et en classe.
  5. Le rôle de la diversité des expériences et de l'intelligence relationnelle.
Couverture du n°33
Pour lire l'article en entier

n°33 · Les enfants face aux étapes de la vie

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