La Raison a-t-elle pris toute la place ? Spiritualité et nature pour retrouver l'essentiel
Dans nos têtes, la Raison a pris les commandes, et c'est souvent très bien. Mais n'avons-nous pas laissé quelque chose en chemin ? Deux textes du n°4 d'Innovation en Éducation invitent à la spiritualité et à la nature.
Tiré du magazine · n°4En finir avec les mauvaises habitudes !
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Par nature, nous serions des êtres spirituels, mais nous l'aurions oublié. C'est le point de départ d'un texte du n°4 d'Innovation en Éducation, non signé et placé dans la rubrique « Bien dans mon cœur ». Un second texte, quelques pages plus loin, invite à la même ouverture par un autre chemin : la nature. Ces deux textes parlent de croyances et de sensibilité, un terrain très personnel : ils se lisent comme des invitations, et non comme des consignes.
Que s'est-il passé dans notre tête, au fil des siècles ?
Les peuples du passé, rappelle le premier texte, ont tous laissé des traces d'une vie spirituelle, qu'ils aient vénéré des divinités, des esprits, des astres ou des forces de la nature. Puis le siècle des Lumières a fait triompher la Raison sur la foi et la superstition. L'auteur filtre cette histoire à travers une image tirée du film Vice-Versa : dans notre tête, Mme Raison a pris de plus en plus de place, jusqu'à reléguer au placard M. Esprit, qui, doux et non violent, s'est laissé faire. La Raison fait du bon travail, dit-il, et il serait absurde de s'en passer. Mais elle peut être envahissante, et M. Esprit aurait besoin qu'on s'occupe un peu de lui.
« À chacun maintenant de trouver sa façon de se réconcilier avec M. Esprit et de lui donner un peu plus de place. »
Que disent les zones bleues ?
Le texte s'appuie sur les zones bleues, ces régions du monde où l'on vit plus longtemps et en meilleure santé. Les démographes y relèvent plusieurs facteurs, dont l'alimentation, le lien social et l'environnement, et une vie spirituelle épanouie. L'article cite l'ouvrage de Dan Buettner et ses observations sur la dimension spirituelle de l'existence. Le magazine en donne la citation complète. Ces données sont présentées par l'auteur à l'appui d'une idée, sans prétendre trancher la question de ce qui est bon pour chacun.
Et la nature, dans tout cela ?
Le second texte, tiré de la rubrique « Bien dans mon environnement », choisit les poètes comme guides : Emily Dickinson, Arthur Rimbaud, Fernando Pessoa, Henry David Thoreau. Ils ont su mettre des mots sur ce que le contact de la nature leur apportait.
« Je trouve l'extase en vivant – la simple sensation de vivre est pure joie. »
L'auteur en tire trois remarques. Au contact du vivant, on trouve le plus sûr moyen de vivre pleinement : mis dans les bois, les enfants vivent plus intensément, grimpent, construisent des cabanes, font l'expérience du monde. Ensuite, il faut savoir laisser la pensée en dehors du jeu. Enfin, ces poètes ont souvent vécu en marge, ce qui rappelle que ces expériences demandent un peu de distance avec le bruit des autres. Il conclut : les expériences de nature sont en voie de disparition, et il ne tient qu'à chacun de les multiplier.
Que disent ces textes de la raison ?
Rien contre elle, et c'est un point à souligner. Le premier texte reconnaît que Mme Raison fait en général du bon travail et que beaucoup de bonnes choses arrivent quand on la laisse diriger. Le second demande seulement de la laisser en dehors du jeu le temps d'une sortie : « Je ne parlerai pas, je ne penserai rien », écrit Rimbaud, cité par l'auteur. L'idée n'est donc pas de choisir un camp, mais de ne pas oublier l'autre partie de soi, celle qui se nourrit de silence, de sens et de contact avec le vivant.
Que peuvent en faire un parent ou un enseignant ?
Sans y voir un programme, on peut y trouver une question simple : quelle place laisse-t-on, chez soi ou en classe, à ce qui ne se démontre pas, et au temps passé dehors ? Un autre article du numéro relie lui aussi le mouvement et le plein air : sédentarité, pieds nus et mouvement au quotidien.
Questions fréquentes
Faut-il être croyant pour se « réconcilier avec sa spiritualité » ?
Le texte parle d'une dimension spirituelle au sens large et ne prescrit pas de voie particulière. Il invite chacun à trouver sa façon de lui donner de la place.
Que dit le texte sur les enfants et la nature ?
Que, mis dans les bois, les enfants vivent « dix fois plus intensément » : ils courent, grimpent, construisent des cabanes, et apprennent par l'expérience.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- La citation de Dan Buettner sur la dimension spirituelle de l'existence, avec les chiffres des zones bleues.
- L'histoire de la Raison et des Lumières racontée à travers Vice-Versa.
- Les phrases des poètes qui jalonnent le texte sur la nature.
- La citation de Sénèque qui clôt la page.
