Comment installer des rituels de bien-être dans une classe de primaire ?
Devenue maman, Amandine Starzinskas a changé de regard sur les émotions de ses élèves. Elle raconte dans le n°24 d'Innovation en Éducation les rituels de bien-être qu'elle propose à l'école.
Quand elle est devenue maman, Amandine Starzinskas a vu ses élèves autrement. Face aux fortes émotions de son fils, puis à celles des tout-petits de sa classe de TPS-PS, la gestion des émotions est devenue incontournable, d'autant que le Covid et les confinements sont arrivés dans la foulée. Enseignante à Chanac, en Lozère, elle raconte dans le n°24 d'Innovation en Éducation comment elle a cherché des outils simples et pratiques, pour ses élèves comme pour elle-même.
D'où viennent ses outils ?
De recherches menées pendant le confinement. Elle s'est formée à « Mon Moment Magique », un concept francophone d'ateliers de bien-être pour enfants et adultes, puis à l'aromatologie, afin de proposer des solutions naturelles de gestion des émotions. Elle a aussi ouvert une activité dédiée au bien-être, en parallèle de son métier. Dans son école, elle anime aujourd'hui sur la pause méridienne des « bulles de bien-être » pour tous les élèves, dans une pièce cocooning avec tapis et matières douces. Les ateliers mêlent pratique corporelle, jeux, relaxation, gratitude, respiration et dessin, autour de thèmes comme l'amitié, les différences ou l'alimentation.
En quoi consiste la météo des émotions ?
C'est un rituel du matin, dans sa classe de CM1-CM2. Chaque élève sort son « kit émotions » et pose sur sa table le pictogramme qui correspond à son état du moment : un soleil pour une grande joie, un nuage de pluie pour la tristesse, une tornade pour la colère, une lune pour la fatigue. Chacun partage sa météo intérieure s'il le souhaite, ce qui libère la parole et permet de mettre des mots précis sur ses émotions. Une liste de nuances aide les élèves à affiner leur vocabulaire. Au fil de la journée, élèves et enseignante changent leur pictogramme selon ce qu'ils ressentent.
Et l'après-midi ?
Après la pause déjeuner, l'enseignante propose un « quart d'heure bien-être » en trois temps : un geste pour retrouver le calme, une pratique corporelle, puis une écoute de musique ou des techniques de respiration. Le magazine détaille ces trois temps, avec leurs variantes.
Quels effets observe-t-elle ?
Des élèves plus à l'écoute, plus détendus et plus aptes à se concentrer.
« Je trouve qu'à l'issue de ces pratiques, les élèves sont plus à l'écoute, détendus et plus aptes à se concentrer. »
Elle relève aussi une meilleure cohésion entre les enfants, du rire et du partage. Après quelques séances, les rituels se déroulent presque d'eux-mêmes, et certains élèves rapportent les techniques à la maison. L'un d'eux a fait à sa maman ce qu'il appelle un « massage pizza », moment de complicité garanti.
Et pour l'enseignante ?
Elle ressort régénérée de ces moments, dont elle profite autant que les enfants. Elle a intégré dans sa vie le yoga, la méditation et une meilleure hygiène de vie pour vivre elle aussi des changements dans l'accueil et l'expression de ses émotions.
« Je chemine vers mon mieux-être et se faisant, je propose aux enfants de faire de même. »
Pourquoi la maternité a-t-elle tout changé ?
Amandine Starzinskas fait le lien sans détour entre sa vie de mère et son métier. Dans les premiers mois de son fils, elle a été confrontée à ses fortes émotions et aux siennes, et l'apprentissage de la gestion émotionnelle est devenu incontournable à la maison. Au même moment, dans sa classe de TPS-PS, des enfants vivaient eux aussi de véritables tempêtes. L'arrivée du Covid et des confinements, dans un contexte anxiogène, lui a donné le sentiment qu'il était indispensable d'offrir à son enfant comme à ses élèves des techniques pour comprendre et exprimer leurs émotions. C'est pendant ce temps de pause forcée qu'elle a cherché des outils simples et pratiques, avant de se former. Son récit montre que ces rituels ne sont pas pensés pour les enfants seuls : l'adulte y trouve sa place, et en bénéficie autant qu'eux.
Questions fréquentes
À quel âge peut-on proposer une météo des émotions ?
L'enseignante l'a mise en place en CM1-CM2, mais elle accompagne aussi des tout-petits, de la TPS-PS, dans ses ateliers de bien-être.
Faut-il un lieu dédié ?
Pour ses ateliers de pause méridienne, elle utilise une pièce cocooning de l'école. La météo des émotions, elle, se fait dans la classe, le matin, au moment de l'accueil.
Les parents sont-ils concernés ?
Le projet a été bien accueilli par les parents, et certains enfants rapportent les techniques à la maison.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le parcours de l'enseignante, de la maternité à la formation en bien-être.
- Le kit émotions avec tous ses pictogrammes et la liste des nuances.
- Le déroulé complet du quart d'heure bien-être, en trois temps.
- Les thèmes des ateliers de la pause méridienne.
- Les effets observés sur la cohésion de la classe et à la maison.
N°24
n°24 · Profs inspirants : 30 méthodes qui marchent
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