Retrouver confiance en soi pour ne plus être une cible : un témoignage
Dyslexique, fragile, souvent embêté à l'école : Julien Peron raconte dans le n°19 d'Innovation en Éducation ce qui a changé quand il a découvert le kung-fu, et ce que cela dit de la connaissance de soi.
Tiré du magazine · n°19Harcèlement : protéger ou préparer ?
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Quand on est la cible facile des autres, ce qui peut changer le regard qu'ils portent sur nous commence souvent par le regard que l'on porte sur soi. C'est ce que raconte Julien Peron, directeur de la publication d'Innovation en Éducation, qui a lui-même été embêté à l'école. Sa réponse est personnelle : le kung-fu, qui lui a rendu confiance et posture. Un témoignage, pas une méthode.
Julien Peron se souvient d'avoir été, enfant, dyslexique, « gentil, trop gentil », maigre et pâle, persuadé d'être un bon à rien et incapable de supporter la violence. Il était, dit-il, la cible facile des enfants plus sûrs d'eux, de ces petits caïds qui en embêtaient plusieurs. Il rappelle aussi que le harcèlement existait déjà à son époque, sous une autre forme, et qu'il a le sentiment que presque tout le monde a été, à des degrés divers, harceleur ou harcelé.
Qu'est-ce qui a changé pour lui ?
Vers douze ans, son frère lui propose une séance découverte de kung-fu. Pour lui, c'est une révélation. Il pratiquera pendant quatorze ans, jusqu'à devenir champion de France et d'Île-de-France en 1999.
Ce qu'il décrit n'est pas d'abord de la force. C'est une transformation progressive : plus de confiance, un corps différent, une façon de se tenir, la tête droite plutôt que penchée en avant, et un ancrage intérieur qui lui permettait de voir les événements, et les harceleurs potentiels, autrement. Il a commencé à s'affirmer et à montrer qu'il n'avait pas peur.
Les autres ont-ils vraiment cessé de l'embêter ?
C'est ce qu'il affirme, et ce qui fait le titre de son témoignage. Il attribue ce changement à sa posture, à son regard et à l'intention qu'il y mettait.
« Tu as vu ? C'est marrant, plus personne ne nous embête ! »
Il raconte avoir fait cette remarque avec son meilleur ami, qui pratiquait aussi le kung-fu : tous deux ont alors fait le rapprochement. L'auteur ne dit pas que ce chemin vaut pour tous, et il précise que chacun trouvera le sien : pour lui, ce fut les arts martiaux, le sport, la nature, les voyages et la lecture.
Et l'autre côté du miroir ?
Un passage étonne : Julien Peron raconte être « passé de l'autre côté ». Au fond de la classe, il lançait des boulettes de papier sur des camarades, souvent les mêmes. Pour rire, sans animosité, et pourtant, reconnaît-il, c'était bel et bien du harcèlement.
« Nous avons tous été harceleurs de quelqu'un. »
Il invite à se rappeler sa propre enfance, sans culpabilité : l'idée est de reconnaître que les rôles circulent.
Quel lien avec les parents et les enseignants ?
Le texte se prolonge par un plaidoyer pour la connaissance de soi, qui reprend son éditorial : si tout part de l'éducation, alors tout part de la connaissance de soi. Prendre soin de soi, écrit-il, n'est pas égoïste, c'est une responsabilité, car les enfants apprennent beaucoup par mimétisme. Le magazine développe ce que cela change pour la santé, les relations et l'exemple donné aux enfants.
Questions fréquentes
Un sport ou un art martial protège-t-il du harcèlement ?
Le témoignage ne le dit pas ainsi : Julien Peron raconte son expérience, où la confiance en soi et la posture ont joué un rôle, et précise que le chemin est différent pour chacun.
Peut-on être à la fois harcelé et harceleur ?
C'est l'idée avancée par l'auteur : il a été cible, puis a lui-même lancé des boulettes de papier sur des camarades, « pour rigoler », et il en conclut que les rôles circulent.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le récit de l'auteur, de la séance découverte au titre de champion de France.
- Sa description de la transformation physique et intérieure qui a suivi.
- Son passage « de l'autre côté », comme élève chahuteur.
- Son plaidoyer pour prendre soin de soi en priorité, et ce que cela apporte à la santé et à l'entourage.
