Mon enfant harcèle un camarade : que faire en tant que parent ?
On ne s'attend jamais à découvrir que son enfant en harcèle un autre. Dans le n°19 d'Innovation en Éducation, Sibylle Dubost propose de comprendre d'abord ce qui se joue, puis d'agir avec lui.
Tiré du magazine · n°19Harcèlement : protéger ou préparer ?
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Un enfant qui harcèle est aussi un enfant qui a besoin d'aide. C'est le message de Sibylle Dubost aux parents qui découvrent, avec stupeur, le rôle de leur enfant dans une situation de harcèlement. Après le déni et la sidération, elle propose de comprendre ce qui se joue, de rétablir la communication avec lui, puis de s'appuyer sur l'école et sur des professionnels.
Coach RNCP et thérapeute spécialisée en psychotraumatisme, Sibylle Dubost intervient auprès d'enfants et de parents confrontés à la violence psychologique et au harcèlement. Dans le n°19 d'Innovation en Éducation, elle s'adresse à un parent que l'on prend rarement en compte : celui de l'enfant qui harcèle. Un parent qui, en général, ne savait pas, puisque le harcèlement se déroule à l'abri du regard des adultes : couloirs, recoins de la cour, toilettes, transports.
Par où commencer quand on apprend cela ?
Par comprendre de quoi il s'agit.
« Un premier pas, c'est déjà d'essayer de comprendre de quoi il s'agit. »
L'autrice rappelle qu'une simple brimade n'est pas un harcèlement, et que l'accusation peut parfois être utilisée à mauvais escient, voire retournée par celui qui est à l'origine des faits. Elle liste les questions légitimes qui se posent ensuite : quelle réaction juste et constructive adopter, pourquoi mon enfant agit-il ainsi, comment m'en sortir, moi, et l'aider, lui.
Que cherche l'enfant, ou le groupe, qui harcèle ?
L'exemple choisi est celui de deux filles qui s'en prennent à une troisième : rumeurs, bousculades à la cantine, exclusion, moqueries devant les autres. Pour elles, harceler est un moyen d'exister et d'être « populaires ». Convoquées plusieurs fois chez la conseillère principale d'éducation, elles se sentent même renforcées dans leur pouvoir.
Sibylle Dubost voit plusieurs sources à ces comportements : l'évolution de la société (pression scolaire, valorisation de l'apparence, accès aux réseaux sociaux), un code relationnel où l'on rejette celui qui est sensible ou qui réussit, et l'éducation. Sur ce dernier point, elle présente deux situations qui peuvent toutes deux laisser des traces : un cadre où l'enfant n'a pas appris le « non », et un cadre où il n'a pas le droit d'exprimer ses émotions. Le juste équilibre, écrit-elle, repose sur la sécurité et l'empathie, tout en permettant à l'enfant d'accéder peu à peu à l'autonomie.
Pourquoi un enfant en vient-il à dominer les autres ?
L'autrice propose de regarder au-delà du comportement.
« Un enfant harceleur est aussi un enfant qui a besoin d'aide. C'est un enfant qui a une vulnérabilité importante au niveau de l'estime de soi, une faille narcissique qu'il vient combler par un mécanisme de domination. »
Un enfant qui domine projette sur l'autre ses propres blessures pour ne pas être rejeté à son tour. L'article en dresse un portrait en quatre traits, et renvoie à l'article suivant du dossier, celui de la psychologue Lydie Rouillaud-Brees, pour approfondir ces mécanismes.
Comment l'aider, concrètement ?
L'autrice insiste sur la communication avec l'enfant : par le questionnement et par la communication non violente, pour comprendre ce qui s'est passé et le besoin qui se cache derrière le comportement. Elle l'invite ensuite à prendre conscience de ce que ressent la victime, avec des exemples, en développant l'empathie.
Elle évoque aussi l'appui de l'école, avec le plan « PHARE » et le rôle de médiateur de l'adulte, et des professionnels du harcèlement moral. Elle recommande enfin une thérapie familiale, qui aide chacun, parent compris, à dépasser le choc, à ne pas diaboliser l'enfant et à devenir une vraie personne ressource pour lui. Son argument : un enfant qui harcèle et qui n'est pas accompagné peut connaître plus tard des conduites à risques. Le magazine détaille ces pistes.
Questions fréquentes
Mon enfant harcèle : est-ce que cela fait de lui un enfant violent ?
Sibylle Dubost y voit plutôt un enfant vulnérable, avec une fragilité de l'estime de soi qu'il compense en dominant les autres. Cela n'excuse pas les faits, mais aide à choisir comment l'accompagner.
Par quoi commencer, en tant que parent ?
Par comprendre la situation et rétablir un dialogue avec son enfant, sans le diaboliser, en cherchant le besoin derrière son comportement.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le portrait de l'enfant qui harcèle en quatre traits, et les mécanismes de défense qu'il peut mettre en place.
- Les conséquences possibles pour la victime, que l'autrice demande de faire comprendre à l'enfant.
- Le rôle de l'école et du plan « PHARE ».
- La thérapie familiale que l'autrice recommande, avec son principe.
