Quelles sont les cinq blessures de l'âme selon Lise Bourbeau ?
Rejet, abandon, humiliation, trahison, injustice : pour Lise Bourbeau, nos blessures nous font « porter un masque ». Dans le n°13, elle décrit comment les reconnaître et s'en occuper.
Tiré du magazine · n°13Suis-je parfois un parent "toxique" ?
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Pourquoi réagit-on parfois très fort à un détail ? Pour Lise Bourbeau, fondatrice de l'école Écoute Ton Corps, auteure de nombreux ouvrages dont Les 5 blessures qui empêchent d'être soi-même et La guérison des 5 blessures, la réponse est dans nos blessures de l'âme. Dans le n°13 d'Innovation en Éducation, elle les présente et propose une façon de s'en occuper. Il s'agit d'une grille de lecture de développement personnel, propre à l'autrice et inscrite dans une vision spirituelle de l'existence. Elle n'est pas un modèle issu de la recherche, et vaut surtout comme une invitation à s'observer.
Quelles sont ces cinq blessures ?
Elles sont au nombre de cinq, par ordre chronologique : le rejet, l'abandon, l'humiliation, la trahison et l'injustice. Selon l'autrice, nous naissons avec plusieurs d'entre elles, vécues à des degrés divers, et tout ce qui nous arrive de désagréable, sur le plan mental, émotionnel ou physique, peut être relié à l'une d'elles. Dès la conception, les parents, ou ceux qui en jouent le rôle, commencent à les activer. À chacun d'y reconnaître ce qui lui parle, ou non. Elles s'activent dès qu'une expérience n'est pas acceptée, et nous font souvent réagir.
L'idée la plus intéressante du texte est peut-être la suivante : nous ne souffrons pas de nos blessures à cause de nos parents.
« Il est très important de nous souvenir que nous ne souffrons pas de nos blessures à cause de nos parents, mais plutôt que nous avons besoin de nos parents avec leurs propres blessures pour devenir conscient des nôtres, première étape vers la guérison. »
Ce renversement déplace la question de la faute vers la responsabilité : il ne s'agit pas d'accuser ses parents, ni de s'accuser soi-même.
Que signifie « porter son masque » ?
Quand une blessure est touchée et que nous ne l'acceptons pas, nous réagissons, comme quand on marche sur un orteil infecté. L'autrice appelle cette réaction « porter son masque » : nous accusons l'autre de nous blesser, ou nous nous en voulons, et nous ne sommes plus nous-mêmes. Le même incident, sur un orteil guéri, ne provoquerait presque aucune réaction.
Chaque blessure a son masque, c'est-à-dire un comportement réactionnel qui lui est propre. Le magazine présente chacune d'elles avec son âge d'éveil, l'attitude et le comportement qui l'accompagnent, et une description du corps que nous ne reprendrons pas ici.
Comment s'en occuper ?
L'autrice propose une première démarche très simple : s'accepter et s'observer quand on se sent blessé. On peut se sentir rejeté ou abandonné sans pour autant porter son masque. On vérifie ce que cela fait dans ses pensées, ses sentiments et son corps, sans avoir à être d'accord avec ce que l'on vit.
« L'observation sans jugement ou accusation mène à l'acceptation. »
Elle donne un exemple. Une femme fatiguée après sa journée voudrait s'isoler pour se reposer, mais son fils ou son mari réclame de l'attention. Par peur de les abandonner, elle se force à donner l'attention demandée, et sa blessure a « gagné ». Guérir, ce serait reconnaître cette peur, la partager et dire simplement qu'on a besoin d'être seule ce soir. L'autrice reconnaît qu'on peut le faire maladroitement, et qu'il faut alors le dire ensuite, en se donnant le droit de passer par ces étapes.
Quel rapport avec la parentalité ?
Les blessures des enfants, des parents et des éducateurs ont, écrit Lise Bourbeau, un impact sur la parentalité et l'éducation. Son invitation finale est de s'occuper de sa propre guérison sans attendre que les autres changent, et de donner ainsi un bel exemple à ses enfants.
« Il ne vous reste qu'à décider de vous occuper de votre guérison dès maintenant et non attendre que les autres changent pour avoir une meilleure qualité de vie. »
Questions fréquentes
Cette approche est-elle scientifique ?
Non : c'est une grille de lecture de développement personnel, propre à l'autrice. Elle vaut comme invitation à s'observer, pas comme diagnostic. En cas de souffrance, un professionnel reste la meilleure aide.
Que faire quand une réaction nous dépasse ?
Lise Bourbeau conseille de respirer, de s'observer sans jugement et de se demander ce que l'on ferait si l'on agissait selon son besoin.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les cinq blessures présentées une à une : âge d'éveil, attitude, comportement et masque.
- Les descriptions du corps associées à chaque blessure.
- L'explication de la guérison et l'exemple de la femme fatiguée.
- Les résultats attendus de la guérison, blessure par blessure.
- Les livres de l'autrice sur le sujet.
