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La compétition peut-elle redonner envie d'apprendre à des élèves de bac pro⁠ ⁠?

En bac pro, beaucoup d'élèves n'ont pas vraiment choisi leur filière. Péroline Bernard, enseignante en lycée agricole, raconte dans le n°24 d'Innovation en Éducation comment un concours a changé le regard de sa classe.

Le n°24 d'Innovation en Éducation ouvert sur les pages de cet article
Tiré du magazine · n°24Profs inspirants⁠ ⁠: 30 méthodes qui marchent Voir ce numéro

« Comment soutenir des jeunes en quête de sens, souvent en perte de motivation ? » C'est la question que pose Péroline Bernard, qui enseigne en lycée agricole et en BTS aménagements paysagers à Gignac. En bac pro, explique-t-elle, beaucoup d'élèves n'ont pas réellement choisi leur filière : leurs parents les y ont souvent orientés pour qu'ils obtiennent un diplôme. Dans le n°24 d'Innovation en Éducation, elle raconte ce que la compétition a apporté à sa classe, à condition d'être bien encadrée.

Qu'est-ce qui a tout déclenché ?

Une demande inattendue. Un élève de première bac pro a sollicité son enseignante pour participer au concours des Meilleurs Apprentis de France, dans la catégorie jardinier-paysagiste. Le lycée ne participait pas à ce genre d'épreuve. Mais l'élève était passionné, curieux, bien informé des débouchés de son métier. Comment refuser ?

Péroline Bernard en a fait une aventure collective. Les séances de travaux pratiques ont été adaptées aux thèmes du concours, avec un accompagnement individualisé pour le candidat tout en poursuivant les apprentissages du reste de la classe. Les camarades, solidaires, ont apporté conseils et soutien.

Que gagne le reste de la classe ?

Beaucoup de compétences qui servent quel que soit le métier : organisation, rapidité, communication, gestion du temps et du stress. L'entraînement a aussi aiguisé l'esprit critique. Les élèves analysaient le travail du candidat, proposaient des améliorations, décidaient des priorités en cas de retard, puis comparaient avec leurs expériences en entreprise : gérer un chantier qui prend du retard, éviter les oublis, assurer la sécurité sur le terrain.

L'enseignante y voit un argument précieux pour les élèves qui doutent de leur orientation : ce qu'ils apprennent leur servira tout au long de leur parcours professionnel.

Un seul élève récompensé, est-ce un effet d'entraînement ?

Le candidat a franchi les sélections départementale et régionale, organisées dans le lycée en avril 2024, puis a été récompensé à la finale nationale, à Lyon. L'événement a eu un écho médiatique positif, qui a renforcé la fierté des élèves. Aujourd'hui, une dizaine d'élèves de première et de terminale souhaitent à leur tour participer au concours, et un binôme a été inscrit cette année aux épreuves WorldSkills. Les élèves de la classe veulent même se déplacer pour les encourager.

Même sans concourir, explique l'enseignante, tous profitent de l'analyse des forces et des faiblesses des candidats, une situation réelle d'apprentissage tournée vers l'excellence dans le métier.

Faut-il craindre les effets de la compétition ?

C'est la nuance que l'autrice prend soin d'apporter. Elle défend une compétition posée dans un cadre positif, où l'on valorise la progression personnelle plutôt que la seule victoire.

« Il est essentiel de valoriser la progression personnelle plutôt que la victoire, et de considérer les concurrents comme des moteurs de performance. »

Péroline Bernard, enseignante en lycée agricole et en BTS aménagements paysagers, GignacExtrait du n°24, p. 13

Elle cite des pratiques comme les compétitions collaboratives ou les défis personnalisés, qui aident chaque participant à gérer ses émotions, à analyser ses performances et à reconnaître le rôle des autres dans sa réussite.

« Ainsi, la compétition ne se limite pas à gagner, mais devient un moteur d'amélioration continue. »

Péroline Bernard, enseignante en lycée agricole et en BTS aménagements paysagers, GignacExtrait du n°24, p. 13

Elle reconnaît aussi que l'expérience l'a fait sortir de sa zone de confort, avec ses moments de doute et d'inquiétude, mais sans aucun regret : répondre aux aspirations des élèves, quand c'est possible, vaut la peine d'être tenté.

Pourquoi cette demande a-t-elle compté pour l'enseignante ?

Péroline Bernard raconte avoir d'abord été surprise : son établissement ne participait pas à ce type de concours et elle ignorait comment s'y prendre. Mais elle a compris l'enjeu pour l'élève, passionné par son métier, curieux et bien informé. Elle a choisi d'accepter, quitte à sortir de sa zone de confort, avec ses moments de doute et d'inquiétude, et à coordonner un accompagnement très individualisé avec l'enseignement du reste de la classe. Elle en tire une leçon sur la motivation : en bac pro, où beaucoup d'élèves n'ont pas choisi leur filière, répondre à une aspiration personnelle peut donner du sens à toute une formation. Elle ajoute que la fierté née de la réussite de l'un s'est étendue aux autres, et même au-delà de la classe, auprès d'autres promotions.

Questions fréquentes

La compétition motive-t-elle tous les élèves ?

Ce n'est pas l'affirmation de l'autrice. Elle montre que, bien encadrée et tournée vers la progression, elle peut créer un élan collectif, y compris chez des élèves qui ne concourent pas.

Comment éviter que la compétition crée de la rivalité ?

Péroline Bernard évoque les compétitions collaboratives et les défis personnalisés, dans un environnement bienveillant où l'on apprécie le rôle des autres.

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Pour aller plus loin · n°24

Ce que vous trouverez dans le magazine

  1. Le déroulé complet de la préparation, de la première demande de l'élève à la finale nationale.
  2. La manière d'articuler l'accompagnement du candidat et l'enseignement du reste de la classe.
  3. Les compétences transversales travaillées pendant l'entraînement.
  4. Les pratiques pour encadrer la compétition dans un cadre positif.
  5. Les concours évoqués pour la suite, dont WorldSkills.
N°24
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n°24 · Profs inspirants⁠ ⁠: 30 méthodes qui marchent

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