Entrée au lycée : plus de liberté, plus de pression, comment accompagner son ado ?
Le lycée ne donne pas tant de liberté qu'il n'enlève de repères. Dans le n°33 d'Innovation en Éducation, Denis Bodar, ancien personnel de direction, aide les parents à adapter leur posture.
Tiré du magazine · n°33Les enfants face aux étapes de la vie
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Pour beaucoup d'adolescents, l'entrée au lycée est déstabilisante : on passe de quatre ans de scolarité très encadrée à ce qui ressemble à une grande liberté. Denis Bodar nuance cette impression. Le lycée n'enlève pas les exigences, il retire des dispositifs d'étayage, et c'est précisément pour cela que les parents sont invités à changer de posture.
Denis Bodar est cofondateur d'Eklosia, un cabinet de coaching et d'orientation. Après vingt-six ans dans l'Éducation nationale, comme documentaliste puis personnel de direction, il accompagne adolescents et adultes sur l'orientation, la méthode de travail et les bilans de compétences. Dans le n°33 d'Innovation en Éducation, il s'adresse en priorité aux parents.
Le lycée est-il vraiment plus libre que le collège ?
Pas tant qu'on le croit : l'emploi du temps reste imposé, le travail personnel est toujours contrôlé. Ce qui change, c'est que les attentes, explicites au collège, deviennent implicites. Les professeurs ne fournissent plus la trace écrite du cours ni ne vérifient les cahiers : on attend des lycéens qu'ils prennent des notes et s'organisent seuls. Un allègement du cadre pensé pour rendre autonome, et non une baisse des exigences.
Comme le cerveau des adolescents n'est pas encore mature et qu'il leur est difficile de se projeter, vouloir plus de liberté ne signifie pas toujours en être capable. D'où une posture à revoir pour les parents : moins contrôler, davantage accompagner.
« L'autonomie ne se décrète pas, elle se construit par étapes. »
Comment aider un ado à se fixer un objectif ?
L'auteur remarque qu'interrogés sur leurs objectifs, les adolescents répondent « avoir une meilleure moyenne » ou « faire des efforts ». Il compare avec le sport : « avoir de meilleures notes en maths » n'est pas un objectif. Combien de points, en combien de temps, sur quelles notions ? Le rôle des parents est d'aider l'ado à poser ces questions, puis à les traduire en actions concrètes. Sur la motivation, l'article oppose la récompense extérieure, qui s'éteint avec elle, au goût de comprendre et au sentiment de progresser.
Parcoursup et spécialités : comment éviter l'angoisse ?
Depuis la réforme du bac, chaque résultat compte pour un dossier que l'ado ne comprend pas encore tout à fait. L'auteur invite à ne pas faire du calendrier une source d'angoisse, et rappelle que les réorientations sont possibles, plus souvent qu'on ne le croit. Sur les spécialités, il plaide pour l'intérêt, tempéré par un regard lucide sur ses résultats.
« Ce qui se construit au lycée, c'est un jeune adulte capable de se fixer des objectifs, de s'organiser pour les atteindre, de faire des choix et d'en assumer les conséquences. »
Questions fréquentes
Faut-il surveiller le travail de son ado au lycée ?
L'auteur distingue les moyens et les résultats : mieux vaut regarder si le travail a été rendu et compris que surveiller chaque étape.
Comment réagir à la pression de l'orientation ?
En rappelant à son ado que les décisions ne sont pas toujours définitives, et en l'aidant à choisir par intérêt, sans se substituer à lui.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- La différence entre un cadre explicite au collège et des attentes implicites au lycée.
- La méthode pour transformer un souhait en objectif mesurable.
- Les leviers de motivation qui tiennent dans la durée, et ceux qui s'éteignent.
- Les étapes de l'orientation, de la seconde à la première, avec leurs pièges.
- Les quatre idées finales pour les parents.
n°33 · Les enfants face aux étapes de la vie
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