Mal-être au travail : quelles questions se poser avant de tout changer ?
Nous passons plus de temps éveillés au travail qu'avec nos enfants. Quand il pèse, que faire ? Dans le n°4 d'Innovation en Éducation, la psychologue du travail Lydia Levant-Bol propose de commencer par les bonnes questions.
Tiré du magazine · n°4En finir avec les mauvaises habitudes !
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Pour la plupart d'entre nous, le travail occupe plus de temps éveillé que la maison : plus de temps avec les collègues qu'avec les enfants et le conjoint. Quand il pèse, on repousse parfois la question, car elle risque de conduire à des décisions difficiles. Lydia Levant-Bol, psychologue du travail et docteure en psychologie sociale, propose dans le n°4 d'Innovation en Éducation de la poser avec méthode. Son article, que parents et enseignants peuvent lire pour eux-mêmes, offre une grille de questions pour décortiquer ce qui va ou ne va pas.
Pourquoi décortiquer son environnement professionnel ?
Parce que ses composantes n'ont pas le même poids pour tout le monde. L'autrice propose cinq volets, du rapport au métier lui-même à la vie en dehors du travail. Elle commence par une consigne : distinguer le métier de l'entreprise. Aime-t-on ce que l'on fait ? Pourquoi l'avoir choisi à l'origine ? Quel a été le point de bascule, si l'on aimait son travail autrefois ?
Un exemple concret rend l'idée palpable. Une responsable marketing qui a complètement changé son hygiène de vie, mais qui travaille pour un géant des sodas sucrés, risque de ressentir une incohérence de plus en plus pesante. Ce n'est pas le métier qui fait problème, c'est le décalage avec ses valeurs.
Peut-on agir sur le comportement des autres ?
Non, répond l'autrice, mais on peut choisir sa réaction.
« Nous n'avons aucun pouvoir sur l'attitude des autres. Cependant, nous pouvons choisir comment nous allons réagir. »
Prise de distance, refus de se laisser oppresser, voire changement professionnel : elle rappelle aussi que chacun a un rôle dans l'atmosphère d'une entreprise, avec une marge de manœuvre auprès de ses collègues proches.
Et si le malaise ne venait pas du travail ?
L'autrice invite à se demander si le déséquilibre vient réellement du domaine professionnel ou s'il vient d'ailleurs. Si le problème est personnel, changer de travail ne le fera pas disparaître. Elle propose aussi des pistes pour ceux qui ne peuvent pas changer de poste : nourrir d'autres sphères de sa vie, faire de l'exercice, et mesurer ce que chaque « saison de vie » demande. Le magazine détaille ces pistes.
Que nous apprend la vie quotidienne au travail ?
L'autrice s'attarde sur ce qui entoure la fiche de poste : la route à faire, la routine, les interruptions, le bruit, la posture. Elle remarque que beaucoup de personnes ont découvert, grâce au télétravail, qu'elles étaient plus détendues sans s'être rendu compte qu'elles étaient tendues : moins de douleurs cervicales, un environnement plus calme, plus de facilité à se concentrer.
Elle rappelle que nous ne sommes pas égaux face à ces facteurs : certains supportent très bien un milieu bruyant, d'autres souffrent de la moindre pollution sonore. Parfois, de petites solutions suffisent, comme une chaise ou un écran mieux réglés ; si la gêne est grande, elle suggère de changer d'environnement ou de demander l'aide d'un ergonome. Ces observations valent aussi pour les enseignants, dont le cadre de travail, souvent bruyant, n'est pas toujours choisi.
Que penser de la recherche de sens ?
Elle la juge positive, tout en mettant en garde : cette recherche ne doit devenir ni une pression ni un sujet de comparaison. Elle insiste sur une notion complémentaire.
« La notion de contentement est tout aussi importante. »
Elle ajoute que la façon dont on vit son parcours professionnel est un héritage pour ses enfants : leur transmettre à la fois l'importance du sens et celle du contentement les équipe pour traverser les périodes de crise. Un autre texte du même numéro parle du même sujet, côté enseignants : la fatigue qui vient des pensées.
Questions fréquentes
Faut-il changer de travail quand on est mal ?
Pas forcément, selon l'autrice. Il faut d'abord comprendre d'où vient le malaise : le métier, l'environnement, les relations, le sens, ou la vie personnelle.
Que faire si l'on ne peut pas changer de poste ?
L'article propose de nourrir d'autres sphères de sa vie, de faire de l'exercice et de tenir compte de la « saison » dans laquelle on se trouve.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les cinq volets de la grille d'analyse, chacun avec ses questions.
- Les exemples de petites solutions pour le bruit, la posture et la fatigue.
- Les distinctions entre le métier, l'entreprise et la cause servie.
- Les pistes pour ceux qui ne peuvent pas changer de travail.
- Les références de la psychologue et de ses podcasts.
