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Émotions et bien-être Pédagogie En classe

Fatigue des enseignants⁠ ⁠: et si l'énergie partait dans les pensées plutôt que dans le travail⁠ ⁠?

Noelle, professeure d'anglais, termine l'année épuisée alors que ses activités sont peu physiques. D'où vient cette fatigue⁠ ⁠? Dans le n°4 d'Innovation en Éducation, Sanjy Ramboatiana propose une piste, et un outil.

Le n°4 d'Innovation en Éducation ouvert sur les pages de cet article
Tiré du magazine · n°4En finir avec les mauvaises habitudes⁠ ⁠! Voir ce numéro

Dernier conseil de classe. Noelle, qui enseigne l'anglais, est contente : les vacances arrivent. L'année a pourtant été dure, avec des élèves difficiles à discipliner, des tensions avec les parents et entre collègues, des exigences administratives. Elle aime son métier et ses adolescents turbulents, mais elle se pose une question : « J'ai 45 ans, je suis en forme, mes activités sont peu physiques, d'où vient cette fatigue intense ? » C'est le personnage que choisit Sanjy Ramboatiana, enseignant dans une association de vie intérieure, intervenant à l'université et dirigeant d'un cabinet de conseil en ressources humaines, pour ouvrir son article du n°4 d'Innovation en Éducation.

D'où vient la fatigue d'un enseignant ?

L'auteur propose de distinguer deux registres. Le premier est ce que l'on fait objectivement : les tâches, les cours, la correction. Le second est l'énergie psychique que l'on dépense à propos de ce que l'on fait : les doutes, les commentaires, les jugements sur soi-même et sur les autres. C'est le second, d'après lui, qui consomme l'essentiel de l'énergie.

« Ce que nous pensons de nous et des autres, notre activité psychique interne, est à l'origine de l'usure psychique, physique et relationnelle que nous ressentons au travail. »

Sanjy Ramboatiana, enseignant en vie intérieure, consultant en ressources humainesExtrait du n°4, p. 61

Il décrit un mécanisme inconscient de distorsion de la réalité, qui nous fait parfois exagérer les faits (« C'est très important ! ») et parfois les minimiser (« Ce n'est pas si grave ! »). Nous prenons alors notre version de la réalité pour la réalité, et nous en faisons souvent beaucoup trop. Cette lecture est la sienne, et elle ne se substitue pas à un avis médical si la fatigue persiste.

Existe-t-il un outil pour s'en apercevoir ?

L'auteur en présente un : l'observateur des pensées. Le principe est de développer une position de témoin de ses propres pensées, en s'asseyant quelques minutes en silence et sans bouger, en laissant venir les pensées sans chercher à les arrêter, et en les nommant quand on les remarque. Il ne s'agit ni de se concentrer ni de faire le vide, mais de comprendre le fonctionnement de son flux de pensées. Le magazine en donne le déroulé complet.

Noelle s'y est essayée.

« Apercevoir le monde des pensées et des commentaires le ralentit. »

Noelle, enseignante d'anglais, citée par l'auteurExtrait du n°4, p. 61

Elle raconte que, au bout de quelques minutes, les commentaires perdent de leur force, et que cela l'aide aussi à repérer un problème du moment et à chercher une solution.

Pourquoi cela concerne-t-il tous les métiers de l'éducation ?

L'auteur ne parle pas que des professeurs : il écrit « prof, instit', atsem ou autre ». Dans tous les cas, on distingue ce que l'on a objectivement à faire, et l'énergie psychique que l'on déploie à propos de ce que l'on fait : les doutes, les commentaires, les jugements. Il estime que ce second registre échappe en grande partie à notre attention, parce que le mécanisme est inconscient et qu'il se manifeste surtout quand nous sommes absorbés par nos tâches.

Il propose donc des micro-actions, de courts moments qui permettent de s'en apercevoir et de gérer plus consciemment ses efforts, avec un résultat qu'il appelle « l'action juste » : agir avec plus d'efficacité et moins d'énergie. Le magazine précise le cadre de ces micro-actions et leur place dans la vie de l'enseignant.

Que retenir quand on est enseignant, ou parent ?

L'article s'adresse aux enseignants, mais la question de la pression que l'on s'impose concerne aussi bien les parents. L'auteur précise que l'outil fait partie d'une gamme plus large de pratiques intérieures inspirées de la vie spirituelle, et qu'on peut se former auprès d'une école de vie intérieure. Chacun jugera si cette voie lui convient, parmi d'autres comme la méditation de pleine conscience. Dans le même numéro, un entretien aborde le même sujet sous l'angle du cerveau : le mode négatif et le pilote automatique.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la distorsion de la réalité ?

Selon l'auteur, un mécanisme inconscient qui nous fait exagérer ou minimiser les faits, et nous donne l'impression que notre réalité est toute la réalité.

Faut-il faire le vide pour observer ses pensées ?

Non. L'outil consiste au contraire à laisser les pensées venir, à les nommer et à observer leur effet, sans chercher à les arrêter.

Les mots-clés de cet article
Pour aller plus loin · n°4

Ce que vous trouverez dans le magazine

  1. La distinction entre ce que l'on fait et ce que l'on pense de ce que l'on fait.
  2. Le déroulé de l'outil de l'observateur des pensées, étape par étape.
  3. Le témoignage de Noelle, avec ce qu'elle a constaté.
  4. La présentation de l'association Art As et des deux livres de l'auteur.
Couverture du n°4
Pour lire l'article en entier

n°4 · En finir avec les mauvaises habitudes⁠ ⁠!

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