Harcèlement au collège : à partir de quand faut-il porter plainte ?
Quand tout est sous contrôle, dit l'école, et que l'enfant s'effondre à la maison, que faire ? Dans le n°19 d'Innovation en Éducation, Valérie et sa fille Morgane racontent leur parcours, jusqu'à la question de la plainte.
Tiré du magazine · n°19Harcèlement : protéger ou préparer ?
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Comment savoir si ce que vit son enfant relève du harcèlement, et à quel moment porter plainte ? Le n°19 d'Innovation en Éducation donne la parole à Valérie et à sa fille Morgane, élève de cinquième, qui racontent un harcèlement monté crescendo, d'abord à l'école puis sur les messageries. Leur témoignage montre surtout le doute des parents : ne pas trop en faire, mais défendre son enfant.
Morgane est une jeune fille un peu timide du sud de la France. En CM1, une camarade s'en prend à elle, comme à d'autres. Sa mère, Valérie, ne parle pas de harcèlement à ce stade : les insultes n'étaient pas quotidiennes, et elles ne visaient pas Morgane seule.
Le harcèlement s'arrête-t-il quand l'enfant quitte l'école ?
Pas forcément. Morgane est alors scolarisée à la maison, en raison de troubles dys et d'attention. Pourtant, elle se retrouve ajoutée à un groupe de messagerie d'une centaine de membres, dont la plupart sont des inconnus.
« Morgane se retrouve ajoutée à un groupe WhatsApp intitulé Contre Morgane ! »
Sa mère réagit dès le lendemain : elle écrit dans le groupe que cela s'appelle du harcèlement, retire sa fille et bloque tout le monde. Cela s'apaise. Mais, de retour au collège, les moqueries reprennent dès la rentrée, puis les insultes et les gestes.
Que fait un parent quand l'école répond que « tout est sous contrôle » ?
Valérie raconte avoir d'abord conseillé à sa fille de ne pas relever, en se disant que cela faisait partie de la vie de collège. Puis elle a écrit à la conseillère principale d'éducation, rencontré la professeure principale, qui s'est montrée à la hauteur à son niveau, et signalé les faits. Il y a eu des répits, des excuses, puis des rechutes.
Ce qui frappe dans son récit, c'est le doute. Elle explique qu'on ne veut pas être de ceux qui s'agitent dans tous les sens, tout en voulant défendre sa fille, et que trouver le juste niveau de réaction était très difficile. Elle ne savait plus, dit-elle, si l'on pouvait encore parler de harcèlement. Elle appelle alors le 3018, numéro national contre le harcèlement, et se retrouve en contact avec la responsable harcèlement de la direction des services départementaux de l'Éducation nationale.
« C'est du harcèlement lourd, il faut porter plainte ! »
Et après la plainte ?
C'est la suite du témoignage, et elle ne se résume pas en quelques lignes : ce que la plainte a changé ou non, la rencontre inattendue avec le père de l'un des élèves, la façon dont chacun a vécu les semaines suivantes, et la décision de la famille. Valérie et Morgane la racontent, et leur récit ne cache ni la fatigue, ni le sentiment d'être peu soutenues.
Morgane, elle, ajoute un regard d'enfant sur ce qui a pu entretenir la situation : le fait de ne pas avoir réagi, de peur qu'on lui tombe dessus. Sa mère évoque aussi l'histoire de son grand frère, Matis, qui a mis trois ans à en parler.
Questions fréquentes
Le 3018, c'est pour qui ?
Pour les élèves, les familles et les professionnels : un numéro national gratuit contre le harcèlement et le cyberharcèlement, cité dans le témoignage et repris dans l'encadré du magazine.
Comment savoir si l'on peut parler de harcèlement ?
Le témoignage montre que le doute est fréquent chez les parents. Valérie ne parlait pas de harcèlement en CM1, où les insultes visaient plusieurs élèves, mais le nomme ainsi quand les faits deviennent répétés et ciblés.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le récit complet, avec la chronologie des événements et la réponse de l'établissement.
- Le regard de Morgane, avec ses mots, sur ce qu'elle a vécu et ce qu'elle aurait voulu faire.
- L'issue de la plainte et la décision de la famille pour la suite de la scolarité.
- L'infographie du ministère de l'Éducation nationale « Que faire face à une situation de cyberharcèlement ? », pour les élèves, les témoins, les familles et les professionnels.
