Aller au contenu
Nos magazines ↗
Rechercher
Je m'abonne
Pédagogie Paroles de profs En classe

Qu'est-ce que la pédagogie institutionnelle change dans une classe⁠ ⁠?

Une classe qui s'organise comme un petit lieu de vie, avec ses règles, ses débats et ses responsabilités⁠ ⁠: Céline Cheslet, enseignante de CE2-CM1 en éducation prioritaire, raconte dans le n°24 d'Innovation en Éducation sa mise en place de la pédagogie institutionnelle.

Le n°24 d'Innovation en Éducation ouvert sur les pages de cet article
Tiré du magazine · n°24Profs inspirants⁠ ⁠: 30 méthodes qui marchent Voir ce numéro

C'est un élève au comportement « éruptif », comme on disait alors, qui a poussé Céline Cheslet à installer la pédagogie institutionnelle de façon plus structurée. Elle enseignait dans une classe double niveau de CE1-CE2, avec quelques élèves inattentifs, et cherchait déjà depuis longtemps une organisation qui favorise les apprentissages entre pairs. Aidée par sa collègue du RASED (le réseau d'aide spécialisé aux élèves en difficulté), elle s'y est lancée. Aujourd'hui en CE2-CM1 dans une école en éducation prioritaire à Cergy, elle raconte son expérience dans le n°24 d'Innovation en Éducation.

De quoi parle-t-on avec la pédagogie institutionnelle ?

Développée dans les années 1970, notamment par Fernand Oury, cette approche voit l'école comme un cadre d'apprentissage et de développement, et pas seulement comme un lieu où l'on transmet des savoirs. Elle s'appuie sur le groupe, l'autonomie, la responsabilité, la reconnaissance des besoins individuels et la participation des élèves. Ses outils de base sont le conseil de vie de classe, les projets collectifs et l'expression libre.

« La pédagogie institutionnelle est une approche éducative qui vise à faire de l'école un lieu de vie où les élèves apprennent en agissant et en vivant ensemble. »

Céline Cheslet, enseignante de CE2-CM1 en REP, CergyExtrait du n°24, p. 18

Par où commencer sans tout installer d'un coup ?

L'enseignante a procédé par étapes. Elle a d'abord installé le conseil de vie de classe, avec son cahier. Tout au long de la semaine, chaque élève peut y inscrire une critique, une proposition, une demande d'aide ou une félicitation. Le cahier alimente ensuite le conseil, qui a lieu en fin de semaine : on y fait le bilan, on débat des tensions entre élèves, on propose, on félicite. L'enseignant écrit dans le cahier comme les élèves, ce qui régule la prise de parole. Au début de l'année, c'est elle qui préside et tient le secrétariat, jusqu'à ce qu'un élève atteigne la ceinture correspondante.

Cet espace d'échange est, selon elle, ce qui fait naître l'empathie.

À quoi servent le permis de conduite et les ceintures de privilèges ?

En parallèle, deux outils permettent de mettre à distance les comportements agressifs ou inappropriés : un permis de conduite, que chaque élève retrouve chaque semaine, et des ceintures de privilèges, qui marquent la progression. L'enseignante présente le dispositif dès le premier jour, en expliquant que la société s'organise autour de règles et de lois, et que la classe fonctionne de la même façon. Le magazine détaille le fonctionnement de ce permis, ses trois grands fondamentaux et les modalités de passage d'une ceinture à l'autre.

Qu'est-ce que les élèves y gagnent ?

Les élèves adhèrent vite, parce qu'ils se sentent valorisés. Ceux qui ont le sens des responsabilités s'en emparent plus facilement que d'autres. Céline Cheslet les voit gagner en maturité, se montrer moins agités et plus engagés dans les apprentissages. Pour elle, ce fonctionnement permet de tenir à distance ce qui perturbe le climat de classe, et l'observation du groupe lui indique, au fur et à mesure, quand introduire le travail de groupe, l'autonomie et la responsabilisation.

Que conseille-t-elle à ceux qui voudraient essayer ?

De ne pas rester seul face à une situation difficile et de collaborer avec l'équipe éducative comme avec le groupe classe. Elle parle aussi d'un changement de paradigme.

« C'est aussi changer de paradigme, c'est faire confiance aux élèves et leur donner les moyens de grandir, de se responsabiliser. »

Céline Cheslet, enseignante de CE2-CM1 en REP, CergyExtrait du n°24, p. 19

Elle ne s'est pas formée dans des livres, mais en cherchant des exemples concrets sur le web, et recommande de garder un état d'esprit curieux, flexible et positif.

Questions fréquentes

La pédagogie institutionnelle convient-elle à une classe difficile ?

C'est précisément dans une classe où se trouvaient des élèves inattentifs et un élève au comportement éruptif que l'autrice l'a installée, avec l'aide du RASED.

Faut-il tout mettre en place dès la rentrée ?

Non. Céline Cheslet a commencé par le conseil de vie de classe et son cahier, puis a ajouté le permis de conduite et les ceintures.

L'enseignant perd-il la main sur la classe ?

Pas dans le récit de l'autrice : il préside le conseil au début de l'année, écrit lui aussi dans le cahier et cadre la parole. Le pouvoir est partagé, progressivement.

Les mots-clés de cet article
Pour aller plus loin · n°24

Ce que vous trouverez dans le magazine

  1. Les cinq principes clés de la pédagogie institutionnelle, avec ses outils fondamentaux.
  2. Le fonctionnement du cahier de vie de classe et du conseil hebdomadaire.
  3. Le détail du permis de conduite, de ses règles et du passage d'une ceinture à l'autre.
  4. Les trois fondamentaux présentés dès le premier jour de la rentrée.
  5. Les conseils de l'autrice pour dupliquer la démarche dans sa propre classe.
N°24
Pour lire l'article en entier

n°24 · Profs inspirants⁠ ⁠: 30 méthodes qui marchent

Ce numéro n'est pas en vente en ce moment.

Avec l'abonnement, chaque nouveau numéro arrive chez vous, sans engagement.

Je découvre l'abonnement ↗
★ Meilleure offre

Chaque numéro CHEZ VOUS, tous les deux mois

  • Sans engagement, résiliable à tout moment
  • Livré directement dans votre boîte aux lettres
  • Satisfait ou remboursé sous 14 jours

OffertEn cadeau de bienvenue, le pack de 9 conférences exclusives du 7e congrès Innovation en Éducation (valeur 69 €).

L'abonnement papier

15 €par numéro

Un numéro tous les deux mois, + frais de port. Démarrage à partir du n°36.

Je m'abonne
Dans la même thématique

Lisez aussi

Tiré du n°7
Pédagogie

Comment tenir une classe de 30 élèves avec bienveillance⁠ ⁠?

Comment instiller le calme et gérer la colère de certains enfants sans devenir un despote⁠ ⁠? Dans le n°7 d'Innovation en Éducation, Laure Durand-Laville répond par quatre piliers.

En commun : classe autonome climat de classe

4 min de lectureEn classe

Tiré du n°7

Tiré du n°24
Pédagogie Paroles de profs

Et si les élèves écrivaient eux-mêmes le règlement de la classe⁠ ⁠?

Si les élèves faisaient eux-mêmes le règlement, il serait mieux accepté. Marie-Martine Hulot, professeure retraitée, raconte dans le n°24 d'Innovation en Éducation le contrat bilatéral qu'elle signait avec ses classes.

En commun : climat de classe autonomie

4 min de lectureEn classe

Tiré du n°24 · Paroles de profs

Tiré du n°14
Pédagogie Paroles de profs

À quoi ressemble une classe autonome, où le professeur parle peu⁠ ⁠?

Et si les élèves progressaient mieux quand le professeur parle moins⁠ ⁠? Dans le n°14 d'Innovation en Éducation, Juline Anquetin-Rault raconte comment une observation en soutien scolaire a donné naissance à la «⁠ ⁠classe autonome⁠ ⁠».

En commun : classe autonome autonomie

4 min de lectureEn classe

Tiré du n°14 · Paroles de profs

Couverture du n°36 : Agir pour leur santé : 30 solutions à tester au quotidien ★ 80 pages
Le numéro du moment

N°36 · Agir pour leur santé⁠ ⁠: 30 solutions à tester au quotidien

Sucre, légumes, junk food⁠ ⁠: VOUS SAVEZ DÉJÀ. Mais connaissez-vous ces micro-changements qui produisent les plus grands EFFETS⁠ ⁠?

En prévente jusqu’au 21 décembre 2026 inclus