Puberté des garçons : comment en parler avec son fils ?
Sa voix a changé, il a grandi d'un coup, et personne n'en a parlé. Dans le n°17 d'Innovation en Éducation, Carole Lévy invite les parents à engager le dialogue avec leur fils sur la puberté.
Tiré du magazine · n°17L'éducation et ses tabous
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La puberté d'un garçon commence souvent plus tôt que ses parents ne le remarquent, et le sujet reste, dans bien des familles, gênant ou tabou. Carole Lévy, créatrice du blog « Adolescence Positive », invite à en parler simplement, sans attendre que les questions soient posées, avec des mots simples et une posture qui ne juge pas. Selon elle, la réaction de l'entourage compte autant que les changements eux-mêmes.
Ingénieure de formation, mère de deux garçons aujourd'hui jeunes adultes, elle s'est formée à l'éducation positive et à la communication non violente. Elle signe cet article dans le n°17 d'Innovation en Éducation, consacré à ce que l'on dit aux enfants.
Comment s'aperçoit-on qu'elle a commencé ?
L'autrice raconte une scène qu'elle a vécue : en inscrivant son fils de 11 ans à une sortie organisée par son comité d'entreprise, on lui demande sa taille. Presque aussi grand qu'elle, avec 1,62 m. Une amie avait remarqué qu'il avait mué, mais elle n'y avait pas prêté attention. La puberté, avec ses nombreux changements petits pour les adultes, peut être déstabilisante pour l'enfant.
Elle rappelle qu'elle débute généralement entre 10 et 15 ans, mais qu'elle peut survenir avant ou après, et que chaque corps avance à son rythme. La patience est le maître mot. Elle précise que les changements ne sont pas les mêmes pour tous, et que se comparer aux autres génère inquiétudes et questions parfaitement normales.
« Chaque corps est unique, et avance progressivement à son propre rythme. La patience est donc le maître mot. »
Pourquoi faut-il en parler à la maison ?
Parce que, constate l'autrice, malgré les séances d'éducation à la sexualité au collège, les adolescents restent souvent livrés à eux-mêmes. Sur Internet, la pornographie peut devenir la norme, et entre eux, les jeunes ont tendance à « s'inventer une vie ». Pouvoir en discuter en toute simplicité dans l'intimité familiale aide à grandir plus sereinement.
L'article détaille ce qui se passe dans le corps, sur le plan hormonal, physique et psychique. Les émotions sont décuplées et varient vite. Le cerveau, qui évolue jusqu'à environ 30 ans, pousse l'adolescent à se faire son propre avis et à prendre des décisions seul. Le magazine détaille ces transformations de façon très concrète, avec des mots précis.
Que faire de la pression des pairs et des écrans ?
L'article rappelle que les corps « type » des films, des séries ou des réseaux sociaux ne représentent pas la réalité. Ces images retouchées ont pour but de générer des likes, et les acteurs très musclés qui jouent des adolescents sont souvent bien plus âgés. Il est donc normal de ne pas leur ressembler.
« Chaque corps est unique... et beau, car il évolue à son propre rythme. Être bienveillant envers son corps, c'est lui laisser le temps de se développer. »
Faut-il respecter son besoin d'intimité ?
Oui. L'ado a besoin de s'isoler, que ce soit par pudeur ou pour explorer ce qui se passe en lui. L'autrice recommande d'en discuter ensemble et de poser quelques règles de vie commune, comme frapper avant d'entrer dans la chambre ou la salle de bains, ou ne pas lire ses messages.
Comment engager la conversation quand on est gêné ?
Refuser d'aborder le sujet ou adopter une posture rigide n'empêchera pas l'adolescent de se poser des questions et de chercher des réponses ailleurs. L'autrice raconte comment, dans sa famille, le père s'est isolé avec leur fils aîné pour parler seul à seul. Un proche de confiance, ou le médecin traitant, peut aussi prendre le relais.
Elle propose d'utiliser des mots simples sans entrer dans les détails, de s'appuyer au besoin sur un livre qu'on laisse traîner sur la table du salon pour susciter les questions, et rappelle que sa propre gêne peut être liée à son vécu. On a le droit d'en parler à un psychologue ou à la Maison des adolescents de son département. Le magazine liste les repères de santé à connaître pour savoir quand consulter.
Le message de l'article est de se montrer à l'écoute, sans jugement et sans entretenir l'inquiétude, pour que l'adolescent puisse faire face à la pression des pairs.
Un autre article du numéro aborde la même période sous l'angle de l'amour et de la sexualité à l'adolescence.
Questions fréquentes
À quel âge la puberté commence-t-elle chez les garçons ?
Selon Carole Lévy, entre 10 et 15 ans en général, mais elle peut commencer avant ou après. Chaque corps avance à son rythme.
Comment parler de sexualité avec son fils quand on est gêné ?
Elle propose d'utiliser des mots simples, de ne pas entrer dans les détails, ou de confier la conversation à un proche de confiance ou au médecin traitant.
Faut-il respecter l'intimité d'un adolescent ?
Oui. L'article invite à fixer ensemble quelques règles, comme frapper avant d'entrer ou ne pas lire ses messages.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le détail des changements du corps du garçon : voix, pilosité, peau, organes génitaux.
- Les repères sur le désir, les premières érections et les signes qui justifient une consultation.
- Les transformations psychiques et cérébrales de l'adolescent.
- La présentation des ressources pour se faire aider : livre, Maison des adolescents, psychologue.
- Le portrait de l'autrice et ses références.
