Quelles écoles du monde peuvent inspirer les nôtres ?
Quatre écoles, sur trois continents, ont fait un choix rare : partir du réel, du bonheur, de la planète ou de la sagesse plutôt que du programme. Le n°9 d'Innovation en Éducation les présente.
Que se passe-t-il quand une école part des intérêts de chaque élève plutôt que d'un programme identique pour tous ? Le n°9 d'Innovation en Éducation, consacré à un tour du monde de l'éducation, ouvre sa rubrique par quatre écoles qui ont fait ce pari. Elles ne se ressemblent pas, mais elles partagent une conviction : l'école gagne à s'ouvrir sur la vie.
Les quatre établissements se trouvent aux États-Unis, en Inde, en Belgique et dans un domaine fondé par un philosophe indien. Ils répondent chacun à une question différente : comment apprendre à partir du réel, comment placer le bonheur au centre, comment éduquer à la planète, comment se connaître avant de se mesurer aux autres.
Comment apprendre à partir du réel ?
C'est la réponse des Big Picture Learning School, un réseau d'environ cinquante écoles aux États-Unis. Le principe : faire tomber les barrières entre le monde scolaire et le monde professionnel. Chaque élève est accompagné, tout au long de sa scolarité, par un mentor qui travaille dans un secteur qui l'intéresse, et les élèves sont organisés en petites communautés d'apprentissage d'une quinzaine de jeunes.
Environ deux fois par semaine, ils font des stages auprès de professionnels du domaine qu'ils ont choisi. Le reste du temps, ils mènent des projets qui leur donnent de l'expérience dans un contexte réel. Les parents ne sont pas spectateurs : ils participent à l'élaboration du plan d'apprentissage de leur enfant.
Autre particularité, l'évaluation. Ici, pas d'examens traditionnels : les élèves présentent publiquement ce qu'ils ont appris et la façon dont ils ont progressé, selon des critères tirés du monde réel.
« Les besoins de l'élève au centre des apprentissages et non l'inverse ! »
Et si l'école enseignait le bonheur ?
La deuxième école, la Riverbend School, a été fondée en Inde par deux entrepreneurs. Son ambition tient en une ligne : apprendre aux élèves à être heureux. Les emplois du temps, l'architecture, le rythme, tout y est pensé pour le bien-être. L'architecte du lieu s'est appuyé sur une très longue étude de l'université de Harvard, selon laquelle le bonheur dépend avant tout de la qualité des relations sociales. L'article explique comment cette idée a dessiné les bâtiments, et en quoi la pédagogie de l'école rappelle celle de Maria Montessori.
Peut-on éduquer à l'écologie sans en faire un cours ?
À Bruxelles, de nombreuses classes se sont lancées dans le défi « zéro déchet », porté par le label Eco-School et par Bruxelles Environnement. Les actions sont très concrètes, et l'une d'elles frappe par son effet : rendre la gourde obligatoire change vite le contenu de la poubelle de la classe.
« Rendre l'utilisation de la gourde obligatoire, c'est 30 % du poids de votre poubelle de classe qui s'envole ! »
Le magazine détaille trois axes de ce projet gratuit, qui s'adresse à toutes les écoles de la région et prévoit un accompagnement, y compris pour les parents, afin que les gestes se poursuivent à la maison.
Une école peut-elle se passer de compétition ?
La quatrième, la Brockwood Park School, a été fondée en 1969 par le philosophe indien Jiddu Krishnamurti. Elle fait de la connaissance de soi et du lien aux autres le cœur de sa mission, plutôt que la course aux diplômes. Elle réunit des élèves d'une vingtaine de pays, où chacun, élève comme enseignant, participe à la vie de l'établissement, et où notes et examens ne sont pas obligatoires. L'article décrit trois piliers de son fonctionnement : l'introspection, le lien aux autres et l'égalité.
Que retenir pour sa classe ou sa maison ?
Ces écoles ne se copient pas telles quelles, et le magazine ne le prétend pas. Elles rappellent plutôt qu'il existe plusieurs façons de faire passer l'enfant avant la méthode : en le liant au monde réel, en soignant son bien-être, en l'impliquant dans un projet collectif ou en lui laissant le temps de se connaître. À chacun, enseignant ou parent, de voir ce qui est transposable à son échelle.
Questions fréquentes
Existe-t-il des écoles sans examens traditionnels ?
Oui. Dans les écoles Big Picture Learning, les élèves présentent publiquement leurs apprentissages au lieu de passer des examens classiques, et à la Brockwood Park School, notes et examens ne sont pas obligatoires.
Comment une école peut-elle favoriser le bonheur des élèves ?
La Riverbend School, en Inde, s'appuie sur une étude de Harvard selon laquelle le bonheur dépend surtout de la qualité des relations. Son architecture et son organisation visent donc à faire se rencontrer les élèves.
Une classe peut-elle s'engager dans une démarche zéro déchet ?
C'est le cas de nombreuses classes bruxelloises, accompagnées gratuitement par un coach spécialisé. Le projet associe aussi les parents, pour que les gestes se prolongent à la maison.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le fonctionnement des communautés d'apprentissage de Big Picture Learning : le rôle du mentor, les stages et les démonstrations publiques.
- Les choix d'architecture et de pédagogie de la Riverbend School, qui s'inspire de Montessori.
- Les trois axes du défi zéro déchet des écoles bruxelloises : gaspillage alimentaire, emballages, apprendre à faire soi-même.
- Les trois piliers de la Brockwood Park School : l'introspection, le lien aux autres, l'égalité.
- Une adresse web pour aller plus loin sur chacune des quatre écoles.
N°9
n°9 · Tour du monde des meilleures idées éducatives
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