Living School : que se passe-t-il dans une école qui place le savoir-être au centre ?
À Paris, Living School réserve chaque semaine du temps au savoir-être et fait de l'écocitoyenneté un moteur d'apprentissage. Le n°5 d'Innovation en Éducation raconte comment.
Tiré du magazine · n°5Les pédagogies différentes
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Dans le 19e arrondissement de Paris, une école, un collège et un centre de formation partagent la même raison d'être : permettre l'émergence de citoyens épanouis et responsables. Créée en 2007 par Caroline Sost, Living School réalise les apprentissages fondamentaux tout en portant des projets écocitoyens. Le n°5 d'Innovation en Éducation en dresse le portrait, à partir de trois piliers : le savoir-être, l'écocitoyenneté et la formation des adultes.
Qu'est-ce que le savoir-être, concrètement ?
C'est le socle de la pédagogie. Pour l'équipe, la façon d'être des adultes donne la tonalité de leurs messages, conditionne les relations aux autres et pèse sur la réussite des enfants.
« Notre façon d'être est primordiale dans l'éducation, elle donne la tonalité à nos messages […] »
À l'emploi du temps, au moins une heure et demie par semaine y est consacrée. Les enfants y apprennent à renforcer leur confiance, à s'affirmer plutôt qu'à réagir, à gérer leurs conflits, à écouter leur voix intérieure ou à prendre soin de leur corps. Tous les enseignants font aussi un travail sur eux-mêmes en profondeur. Le magazine présente trois pratiques de savoir-être, avec leurs règles : un rituel de début de journée, un outil pour retrouver son calme quand on est énervé, et un cahier où élèves comme adultes célèbrent leurs réussites chaque semaine.
Que veut dire « écocitoyenneté » à l'école ?
Les élèves portent des projets pour la planète, du ramassage de déchets à la reforestation, en passant par la solidarité internationale. L'école y voit un bon moyen de donner du sens aux apprentissages. La cantine est bio, locale et de saison, et des parents ont inventé une façon de troquer les vêtements d'enfants pour éviter d'en acheter de neufs.
Un exemple concret montre comment un projet nourrit plusieurs matières. Une année, les élèves ont collaboré avec Christine André, surnommée la « maman des bonobos ». Ils ont situé le Congo sur une carte, découvert un singe qui partage 99 % de ses gènes avec nous, créé et vendu un calendrier de l'avent dans leurs quartiers, compté les pièces récoltées, écrit à Christine pour lui annoncer la bonne nouvelle. Elle leur a répondu, émue, qu'ils lui permettaient de parrainer deux nouveaux bonobos. Géographie, sciences, art, expression orale, calcul et français, et de la joie, comme le dit le magazine.
« Enfants, équipe enseignante et parents ont à cœur de contribuer à un monde meilleur. »
Pourquoi parler aussi de formation des adultes ?
Living School est aussi un centre de formation pour les professionnels de l'éducation et les parents, au savoir-être et à l'écocitoyenneté. Des enseignants formés racontent avoir développé un climat de coopération, ou redonné confiance à plusieurs enfants.
Que retenir pour sa classe ou sa maison ?
L'article ne propose pas un modèle à copier, mais un fil conducteur : les compétences humaines peuvent s'entraîner, comme les autres, avec des rituels courts et réguliers. Caroline Sost avait déjà pris la parole dans le même numéro pour imaginer l'école de 2050. Cette école est un exemple parmi d'autres, et d'autres établissements décrits dans le numéro mettent d'autres choses au centre.
Et les parents, quelle place ?
L'école met en avant des parents partie prenante : ils participent aux projets, et c'est une maman d'élève qui a inventé le système de troc de vêtements d'enfants. La formation s'adresse aussi à eux. Cette porosité entre l'école et la famille est l'un des traits les plus visibles du portrait : l'école ne s'occupe pas seulement des enfants, elle cherche à faire grandir un climat commun, que l'adulte, à la maison comme en classe, peut contribuer à créer.
Un modèle ou une inspiration ?
Comme beaucoup de portraits d'écoles, celui-ci montre une réalité précise, dans un lieu précis, avec une équipe qui a choisi cette voie. Il n'a pas vocation à devenir une règle. Les idées qui s'en dégagent se transposent toutefois par petites touches : un temps de calme au début de la journée, des projets qui relient les matières, une attention portée à la façon dont les adultes eux-mêmes se comportent. À chacun de voir ce qui lui convient.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le « savoir-être » ?
C'est un ensemble de compétences humaines et relationnelles : confiance en soi, écoute, gestion des conflits, capacité à s'affirmer plutôt qu'à réagir.
Living School s'adresse-t-elle seulement aux enfants ?
Non, elle forme aussi des enseignants, des professionnels de l'éducation et des parents.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les trois pratiques de savoir-être décrites en détail : éveil du matin, outil pour se recentrer, cahier de réussites.
- Les règles d'usage de chacune de ces pratiques.
- Le projet des bonobos raconté pas à pas, matière par matière.
- Les références pour en savoir plus, dont le livre de Caroline Sost.
