Que voudrait dire un adolescent à ses parents ? La lettre de Lilou, 16 ans
Que penser d'un adolescent qui s'enferme, se tait ou s'agace ? Lilou Crosson, 16 ans, prend la parole dans le n°3 d'Innovation en Éducation et invite les parents à regarder au-delà de l'étiquette.
Tiré du magazine · n°3Et si cet été, on ralentissait ?
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Pas toujours facile d'être parent d'un adolescent ! Les livres sur le sujet ne manquent pas, mais qu'en pensent les adolescents eux-mêmes ? Le n°3 d'Innovation en Éducation a demandé à Lilou Crosson, 16 ans, de s'adresser aux parents. Elle a connu une scolarité difficile, a dialogué avec les siens, et en tire quelques clés qu'elle partage sous forme de lettre.
Que cache l'étiquette « crise d'ado » ?
Lilou commence par décrire ce qu'elle est : une adolescente avec ses angoisses, ses doutes, ses complexes et ses colères, mais aussi sa joie, son entrain et un goût profond pour l'amitié. On croit l'adolescent blasé ou paresseux, mais mettez-le avec ses amis et sa musique, et vous le verrez rire, danser, inventer de nouveaux mondes.
Son propos principal porte sur ce que l'on met sous le mot « crise d'ado » : un enfant de 14 ans déprimé, une fille qui s'enferme dans sa chambre, un fils qui reçoit des colles. L'expression devient un tiroir commode.
« On a trouvé un tiroir bien pratique et bien facile pour réduire des personnalités diverses à des jeunes tous semblables. »
Elle estime que ce réflexe est dommage, et même risqué : à force de ranger les jeunes dans des cases, on oublie de s'intéresser à chacun, ce qui intensifie les problèmes.
Quel a été son parcours ?
Lilou raconte que l'école a été pour elle une source d'angoisse. On lui reprochait de trop participer, d'être « trop vivante ». Elle s'est pliée à la règle, s'est éteinte, et sa mère, elle-même professeure de français, ne la reconnaissait plus. Elle suit depuis la troisième l'instruction en famille, et dit s'y retrouver. C'est son histoire, précise-t-elle, et elle n'en tire pas une règle pour tous : chaque famille et chaque enfant trouvent leurs propres réponses, à l'école comme à la maison.
« On a tous le droit à notre différence. »
Quelles pistes propose-t-elle aux parents ?
Elle en donne neuf, sur le ton de la complicité plus que du conseil. Parmi elles, une piste simple : confier des responsabilités. Lui laisser la maison un week-end, par exemple : il comprendra vite que si la maison n'est pas nickel, il n'aura plus la même chance. D'autres portent sur la confiance, l'humour, le respect de la personnalité, le regard sur les amis, la vigilance sur les écrans, ou encore le grand air, qui la calme, elle, grâce à son cheval. Certaines reflètent son vécu personnel (notamment celle sur l'école) et chaque lecteur jugera ce qui lui convient.
Elle termine par un souhait : des relations plus harmonieuses, remplies de rires et de complicité.
Que retenir de cette lettre, comme parent ou enseignant ?
C'est un point de vue, pas une méthode, et c'est ce qui en fait l'intérêt : une adolescente dit ce qu'elle voudrait que ses parents sachent d'elle. Elle ne prétend pas parler au nom de tous les jeunes, elle demande même qu'on évite justement de les réduire à un type unique. L'invitation vaut aussi pour les enseignants : regarder chaque élève dans son individualité, plutôt qu'à travers l'étiquette de son âge.
Questions fréquentes
La crise d'adolescence existe-t-elle ?
Lilou ne nie pas les difficultés de l'âge, mais refuse que tout soit mis sur le compte de la « crise d'ado » : chaque jeune a sa personnalité, dit-elle.
Faut-il faire l'école à la maison pour un ado en difficulté ?
Lilou raconte son propre choix, qui l'a aidée. Elle ne le présente pas comme une règle : chaque famille décide de ce qui convient à son enfant.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- La lettre complète de Lilou Crosson, avec ses mots et son humour.
- Les neuf pistes qu'elle propose aux parents, de la confiance aux écrans en passant par les amis.
- L'histoire de sa scolarité et de son passage à l'instruction en famille.
- Ce que s'occuper de son cheval et la pêche de son frère leur apportent, du grand air au calme.
