Faut-il tout savoir de l'actualité, tout le temps ?
Chaque alerte, chaque titre anxiogène sollicite notre système d'alarme interne. Dans le n°25 d'Innovation en Éducation, une chronique invite à choisir ses sources, ses moments et ses doses.
C'est une scène que beaucoup ont vécue. À la pause de midi, les collègues commentent la dernière déclaration politique du jour, et quand le groupe se tourne vers vous, vous n'avez aucune idée de quoi il s'agit. Le cynisme change de cible : vous voilà marginal. La chronique non signée du n°25 d'Innovation en Éducation part de cette gêne pour poser une question plus large : comment en est-on arrivé à considérer qu'il faut tout savoir, tout le temps ?
D'où vient cette injonction à être informé ?
L'article la raconte avec humour, en trois temps. Jadis, le savoir était un trésor gardé par une petite élite : le posséder, c'était posséder le pouvoir. Puis est venue l'ère de l'information, où les journaux sont devenus le petit déjeuner de l'honnête homme et où être bien informé est devenu un marqueur social, qui divise le monde entre ceux qui savent et les autres.
« Posséder la connaissance, c'était posséder le pouvoir. »
Enfin, internet et les chaînes d'information en continu ont fait couler le flux à jet continu. Pour capter l'attention, l'information s'est transformée : mélange d'information et de divertissement, titres accrocheurs, polémiques. Être connecté à toute heure est devenu la nouvelle normalité, adoptée sans vraiment y penser, parce que « tout le monde le fait ».
Pourquoi ce flux pèse-t-il sur notre santé mentale ?
Parce que notre système nerveux n'a pas évolué aussi vite que nos technologies. Il réagit aux mauvaises nouvelles comme à un prédateur : chaque alerte déclenche une micro-dose de stress, et les mauvaises nouvelles sont nombreuses, d'abord parce que le monde ne va pas très bien, ensuite parce qu'elles se vendent mieux que les bonnes.
« Notre cerveau n'est pas câblé pour absorber un tel flux d'informations, souvent négatives, sans en subir les conséquences. »
L'image retenue est celle de la « junk food » mentale : rapide, addictive, pas vraiment saine sur le long terme. L'article ne prône pas pour autant de partir vivre dans une grotte. Il s'en prend à l'idée qu'il faudrait avoir un avis sur tout, et qu'ignorer un sujet serait une faute.
Que propose l'article ?
Une détox d'information, sur le modèle de ces régimes que l'on s'impose après les fêtes : choisir ses sources, ses moments et ses doses, assumer de ne pas tout savoir, retrouver le plaisir d'une information choisie plutôt que subie. Il anticipe aussi une objection : certains y verront une désertion citoyenne. La réponse est que préserver sa santé mentale, c'est aussi pouvoir être présent et serein pour ses proches, et ne pas se laisser contaminer par l'anxiété ambiante, pour soi et pour ses enfants.
Elle laisse chacun libre de trouver sa propre dose, et ne tranche pas entre s'informer et se protéger.
Et dans une famille ou une classe ?
Le texte ne parle pas directement des enfants, sinon à la fin, quand il évoque une vision optimiste de la vie à cultiver pour soi et pour eux. Mais l'écho est facile à entendre : les enfants captent l'humeur des adultes qui les entourent, et l'inquiétude du fil d'actualité entre aisément dans la maison ou dans la salle des professeurs. Se demander quelle dose d'information on s'impose, et à quel moment de la journée, est une manière simple de réduire l'anxiété ambiante que d'autres articles du numéro cherchent à comprendre.
« La vraie révolution, aujourd'hui, n'est peut-être pas d'être le plus informé, mais d'être le mieux informé. »
Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'infobésité ?
C'est l'excès d'informations auquel on est exposé en permanence. L'article la compare à une boulimie informationnelle, adoptée sans y penser.
Faut-il arrêter de s'informer ?
Non. L'article propose de choisir ses sources, ses moments et ses doses, plutôt que de subir le flux. Il parle d'information choisie, non de déconnexion totale.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- L'historique complet, de l'élite savante aux chaînes d'information en continu.
- L'explication du lien entre alertes d'actualité, stress et système nerveux.
- Les pistes pour faire sa détox d'information.
- La réponse à ceux qui y voient une désertion citoyenne.
N°25
n°25 · Santé mentale : tous anxieux ?
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