Comment repenser l'aménagement de sa classe ? Les pistes d'Eve Leleu-Galland
Une classe bien aménagée aide les enfants à se concentrer et à se sentir bien. Eve Leleu-Galland, inspectrice, propose dans le n°3 d'Innovation en Éducation des étapes pour repenser son espace, même sans moyens.
Tiré du magazine · n°3Et si cet été, on ralentissait ?
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« Si les enfants bougent leur corps, leur esprit bouge aussi. » La formule est celle du médecin-chercheur américain James A. Levine, et c'est le point de départ d'un article du n°3 d'Innovation en Éducation consacré à l'aménagement de la classe. Eve Leleu-Galland, docteur en sciences humaines et inspectrice de la Mission maternelle, y répond à une question d'enseignant : comment rendre cela possible concrètement ?
L'espace de classe change-t-il vraiment quelque chose ?
L'autrice rappelle qu'en 1912 déjà, Maria Montessori observait les effets néfastes de longues heures de position assise sur ses élèves, agités ou au contraire amorphes. Plusieurs études, dont une de l'université de Salford sur des enfants de 6 à 11 ans, mettent en évidence l'impact de l'aménagement sur le climat de classe, le bien-être et la qualité des apprentissages. Un espace modulable qui s'adapte aux besoins des élèves améliore leur engagement, et des affichages réalisés par eux renforcent leur sentiment d'appropriation.
« Dans la pédagogie de Reggio Emilia, la classe aménagée est considérée comme le 3e professeur, avec les éducateurs et le groupe de pairs. »
Au-delà du mobilier, l'étude de Salford relevée par l'article attire l'attention sur d'autres éléments qui influencent la réussite : la luminosité, les éclairages, le chauffage, la qualité de l'air et la présence du vivant. Elle fait état d'un gain notable dans les progrès des élèves et dans leur sentiment d'appropriation de l'espace.
Par où commencer ? Observer avant de déplacer
L'article propose une démarche, plutôt qu'un modèle à copier. Faire d'abord le plan de la classe avec ses contraintes (fenêtres, radiateurs, point d'eau), observer un temps de classe (la mise en route du matin, le travail en groupes) et relever ce qui se passe : circulations, concentration, bruit, interactions. De cette observation se dégagent deux ou trois priorités, par exemple le bruit, l'autonomie ou l'attention, puis des changements faciles à tester. Si possible, on associe les élèves et leurs parents à la réflexion.
À quoi ressemble une classe flexible ? L'exemple des assises
C'est le concept le plus détaillé de l'article. Venue d'Amérique du Nord, la classe flexible cherche à rendre l'espace plus accueillant pour des élèves plus impliqués. Le magazine précise qu'il y a au minimum trois sortes d'assises différentes, des chaises, des tabourets, des coussins ou des ballons d'équilibre, associées à des tables de hauteurs variées. Le bureau de l'enseignant est souvent supprimé, la classe se divise en zones clairement repérées. L'autrice mentionne une étude qui conclut que travailler debout et varier les postures augmente la capacité d'attention des élèves.
Elle évoque aussi, plus brièvement, l'idée d'occuper l'espace extérieur : le « outdoor learning » n'est pas une simple sortie, mais une manière de faire classe en s'appuyant sur le milieu proche.
Et quand on manque de place, de temps ou de matériel ?
Le manque de place est, selon l'article, le problème récurrent des enseignants. Un réaménagement peut commencer par de petits changements. Quatre astuces sont proposées pour « sauter le pas », dont une première qui renverse l'intuition : moins de meubles, c'est plus d'espace, de circulation et d'autonomie. Les parents peuvent donner un coup de main pour déménager le mobilier, et les élèves sont souvent ravis de s'y mettre.
« Aménager, c'est faire de l'espace un lieu au service des personnes et du projet de classe. »
Questions fréquentes
Une classe flexible demande-t-elle beaucoup de budget ?
Pas nécessairement : l'article propose de commencer par de petits changements, comme retirer des meubles ou en tourner, et de mutualiser les idées entre collègues.
Peut-on faire classe dehors sans quitter l'école ?
Oui : l'« outdoor learning » peut se pratiquer dans l'enceinte de l'école comme à l'extérieur, de façon interdisciplinaire.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- La démarche complète pour observer sa classe, avec les indicateurs à relever et les priorités à choisir.
- Les étapes d'action détaillées, des îlots aux zones d'autonomie.
- Le schéma d'une classe flexible structurée en zones, avec ses légendes.
- Les quatre astuces pour faire le premier pas, avec les idées pour une classe trop petite.
- Les références des études citées et les sources de l'autrice.
