Peut-on faire classe dehors, en toute saison ?
Apprendre dehors n'a rien d'une lubie récente. Le n°5 d'Innovation en Éducation présente deux initiatives : les Forest Schools, où la classe se fait en nature, et « Cours dehors ! », un parcours d'invités en pleine ville.
Tiré du magazine · n°5Les pédagogies différentes
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Sortir de la salle de classe, au moins de temps en temps : beaucoup d'enseignants en ont envie, et beaucoup de parents s'interrogent. Parmi les initiatives que la rubrique « Apprendre différemment » du n°5 d'Innovation en Éducation passe en revue, deux ont pour point commun de prendre le dehors au sérieux. L'une se pratique en forêt, l'autre au coin de la rue.
Que sont les Forest Schools ?
Le concept d'« école en forêt » remonte à 1927, avec une première école du genre dans le Wisconsin. Depuis, ces lieux d'apprentissage se sont répandus un peu partout dans le monde. Le principe est simple à énoncer : la classe se tient régulièrement dehors, en forêt, dans un parc ou un jardin, plusieurs fois par semaine voire tous les jours, quelle que soit la saison. Le magazine cite à ce propos une formule de Charlotte Mason, devenue proverbiale.
« Il n'y a pas de mauvais temps, seulement de mauvais vêtements. »
Ce qui s'y apprend n'a rien d'exotique. On y retrouve les grands domaines d'apprentissage de l'école maternelle, du langage à l'exploration du monde, en passant par l'activité physique, les arts et la construction de la pensée. Tracer des lettres avec un bâton ou comparer des formes en ramassant des feuilles fait travailler les mêmes bases qu'une fiche, avec le terrain pour support. Les observations rapportées sont encourageantes : des enfants moins stressés, plus agiles, plus coopératifs, plus autonomes. Le magazine détaille ces cinq domaines et les activités qui leur correspondent.
Et si l'on n'a pas de forêt à proximité ?
Il n'existe pas de charte autour du concept de Forest School : chaque établissement peut se l'approprier. Une classe ordinaire peut commencer par une journée en nature par semaine, même à deux pas de l'école, en faisant des liens avec le programme. C'est une façon de commencer petit, sans bouleverser son organisation, ce qui n'est pas le moindre des atouts.
Que sont les « Cours dehors ! » ?
L'initiative est née en janvier 2021 à Montpellier, en pleine crise sanitaire, portée par la Compagnie Motifs d'évasion. Elle répondait à la détresse de lycéens et d'étudiants éprouvés par les confinements et les cours à distance. Le principe tient en un parcours dans la ville : les élèves y croisent à tour de rôle cinq intervenants, qui les attendent sous un abribus, sur un banc ou au coin d'une rue, pour un court témoignage suivi d'un échange.
La première édition portait sur l'écologie. Les élèves ont rencontré, parmi d'autres, un apiculteur, une autrice de poésie sur la nature et les responsables d'un jardin pédagogique. Son initiateur, Nourdine Bara, explique pourquoi le dehors compte.
« Le cours entend se dispenser en mouvement, sur l'espace public, en interaction avec nos invités, avec une dimension insolite. »
Selon lui, ce format transforme les informations transmises en expériences de vie, ce qui marque plus durablement le savoir. Les premières expériences ont eu lieu avec des élèves d'une structure de soutien scolaire montpelliéraine, plutôt des lycéens de quartiers populaires, plus exposés au décrochage quand les cours passent en distanciel.
Deux façons d'apprendre dehors, quelle inspiration en tirer ?
Les deux initiatives ne se ressemblent pas : l'une mise sur la nature et la durée, l'autre sur la rencontre et la ville. Elles disent pourtant la même chose, à savoir que l'on peut apprendre autrement qu'assis face au tableau. Les deux sont présentées comme transposables, à presque toutes les matières pour la seconde, des parcours à thème ayant déjà été imaginés pour d'autres publics. Pour aller plus loin sur ce que la nature apporte aux enfants, on peut lire ce que le magazine dit du lien entre l'enfant et le vivant.
Que retenir pour sa classe ou sa famille ?
Dehors, l'apprentissage prend une autre texture : on y bouge, on y observe, on y rencontre des personnes. Ce que ces deux fiches suggèrent, c'est qu'il n'est pas nécessaire de choisir entre le programme et la sortie. La première montre comment les grands domaines d'apprentissage se retrouvent en forêt, la seconde s'appuie sur un thème, ici l'écologie, qui se rattache à plusieurs matières. Pour un parent, c'est aussi une invitation à observer ce que l'enfant fait spontanément quand il est dehors : sauter, comparer, collectionner, raconter ce qu'il voit.
Questions fréquentes
Faire classe dehors, est-ce compatible avec le programme ?
Le magazine le montre : on retrouve dehors les domaines d'apprentissage habituels, et il y a toujours des liens à faire avec le programme.
Faut-il une forêt pour s'y mettre ?
Non. Une journée en nature par semaine, même à côté de l'école, suffit pour commencer, selon la fiche consacrée aux Forest Schools.
Les « Cours dehors ! » sont-ils réservés à l'écologie ?
Non, c'était le thème de la première édition. L'initiative se décline en parcours à thème pour d'autres publics et d'autres matières.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les cinq grands domaines d'apprentissage d'une Forest School, avec les activités de chacun.
- Le déroulé d'un parcours « Cours dehors ! » et les intervenants de la première édition.
- Le détail de ce que chaque initiative observe chez les élèves.
- Les adresses pour aller plus loin, du réseau de pédagogie par la nature aux coordonnées de l'initiative montpelliéraine.
