Comment aider son enfant à s'orienter sans choisir à sa place ?
Les parents veulent presque tous la même chose : que leur enfant devienne autonome et épanoui. Stéphane Vincent, fondateur de SuperFUTUR, explique comment l'accompagner sans choisir pour lui.
Tiré du magazine · n°10Orientation : quel avenir pour mon enfant ?
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Entre ce que les parents ont connu à leur adolescence et ce que vivent leurs enfants aujourd'hui, le monde professionnel a beaucoup changé. Dans les années 1990 et 2000, rappelle Stéphane Vincent, le graal était un CDI dans un grand groupe ou un poste de fonctionnaire. Depuis, il y a eu la digitalisation des métiers et l'essor de l'entrepreneuriat. Le président fondateur de SuperFUTUR.fr explique dans le n°10 d'Innovation en Éducation comment accompagner sans choisir à la place de l'adolescent.
Que veulent vraiment les parents, et quel effet cela a-t-il sur les jeunes ?
Même si c'est rarement dit, les parents veulent presque tous la même chose : que leur enfant devienne autonome et épanoui. Cette appréhension se transforme parfois en pression, d'autant que les jeunes entendent des injonctions de leur entourage : « il faut absolument faire un bac scientifique », « l'apprentissage, c'est pour ceux qui ne réussissent pas ». L'auteur invite à se méfier des stéréotypes sur les filières et les métiers, souvent liés à une méconnaissance des parcours.
« Il est important de se méfier des stéréotypes et des préjugés sur les filières et les métiers […] »
Un exemple : que s'est-il passé avec les métiers de la cuisine ?
L'auteur le prend comme illustration. Il y a une quinzaine d'années, un jeune en école de cuisine y avait souvent été orienté faute de résultats suffisants, et ses parents vivaient cela comme un échec d'accompagnement. Aujourd'hui, grâce à l'image donnée par des émissions comme Top Chef, de nombreux jeunes très bons élèves choisissent ces écoles. Le regard sur un métier peut donc changer vite, et mieux vaut ne pas se reposer sur des idées toutes faites.
Pourquoi vaut-il mieux éviter le réflexe « choisis maths pour garder toutes les portes ouvertes » ?
Parce que, dans un système qui a beaucoup changé en quelques années (spécialités en Première, Parcoursup), des parents souvent perdus retombent sur des réflexes défensifs. Stéphane Vincent craint que la norme fausse la vision des jeunes et les mène vers des études qu'ils réussiront, sans que cela débouche sur un avenir épanouissant. Il cite une étude de 2018 selon laquelle une part importante des bac +5 changent radicalement de métier dans les trois premières années. Il invite à aider l'adolescent à identifier ses points forts, ses intérêts et les filières qui pourraient lui correspondre.
« Nos enfants ne sont pas comme nous et développent eux-mêmes des talents et des intérêts qui ne sont pas les nôtres. »
Comment accompagner sans projeter ses propres ambitions ?
Certains parents ont des ambitions précises : reprendre l'entreprise familiale, devenir médecin ou ingénieur. L'auteur ne les condamne pas, mais rappelle qu'une ambition doit être celle de l'enfant et non celle qu'alimentent nos perceptions de la réussite ou nos frustrations. Il évoque l'intérêt de se faire accompagner pour traiter le sujet avec plus d'objectivité, hors du prisme émotionnel, et d'expérimenter plusieurs métiers en accord avec ses points forts. Le magazine décrit la démarche suivie par SuperFUTUR.
Et au-delà de toute méthode, il rappelle ce qui compte le plus.
« Ce qui reste la chose la plus importante, c'est que le jeune sache que, quels que soient ses choix d'orientation, ses parents l'aiment de manière inconditionnelle et qu'ils ont confiance en lui. »
Questions fréquentes
Un parent doit-il guider le choix d'orientation de son enfant ?
L'article invite à l'accompagner, pas à choisir à sa place : l'ambition doit être celle de l'enfant.
Faut-il toujours choisir les maths pour garder des portes ouvertes ?
L'auteur met en garde contre ce réflexe défensif : mieux vaut d'abord identifier ses points forts et ses intérêts.
Les stéréotypes sur les filières changent-ils ?
Oui, comme le montre l'exemple des écoles de cuisine, dont l'image a beaucoup évolué en quinze ans.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- La description des stéréotypes qui pèsent sur les filières et sur les parents.
- La démarche d'accompagnement de SuperFUTUR, avec des expériences de métiers.
- Le raisonnement sur le poids des résultats scolaires et du milieu familial dans le regard de l'enfant.
