Et si l'orientation devenait un sujet agréable avec son ado ?
Pour beaucoup de familles, l'orientation rime avec tension. Dans le n°32, la coach Anne Blandin Rabiller, spécialiste des neurosciences, explique pourquoi l'adolescence est au contraire un bon moment pour explorer.
Tiré du magazine · n°32Mal-être à l'école : des solutions existent !
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L'orientation est souvent vécue comme un moment de pression intense : choix de spécialités, Parcoursup, peur de se tromper ou de décevoir. Anne Blandin Rabiller, coach et autrice spécialisée en neurosciences, propose de changer de regard. Selon elle, l'adolescence est une phase de développement cérébral qui rend le jeune particulièrement apte à explorer, et l'orientation peut devenir une occasion de dialogue plutôt qu'une source de tension.
Diplômée de Sciences Po, Anne Blandin Rabiller accompagne jeunes, adultes et organisations sur les questions d'orientation. Elle a créé des méthodes d'orientation fondées sur les sciences neurocomportementales et publié un roman, La boussole d'Emma. Dans le n°32 d'Innovation en Éducation, elle s'adresse aux parents comme aux enseignants.
Pourquoi l'orientation inquiète-t-elle autant ?
Les chiffres cités sont parlants : selon l'article, la nécessité de faire des choix d'orientation est une source de difficultés pour 85,6 % des adolescents scolarisés. S'y ajoutent les inquiétudes sur l'avenir (transformation des métiers par l'IA, éco-anxiété) et les difficultés des équipes enseignantes, peu formées à l'orientation et souvent manquantes de temps. L'autrice relève que l'orientation met l'accent sur la décision finale plutôt que sur le processus d'exploration.
« On oriente plutôt qu'on apprend à s'orienter. »
L'adolescence est-elle un bon moment pour s'orienter ?
Oui, avance l'autrice, et c'est l'idée la plus originale de son texte. Le circuit de la récompense du cerveau adolescent est particulièrement sensible à la nouveauté et à la prise de risque, ce qui rend cette période propice à l'exploration : une activité, un univers, un voyage, même de proximité. Chaque expérience compte, même non concluante. L'intensité émotionnelle, qui peut effrayer les adultes, serait alors un moteur plus qu'un défaut.
Que se passe-t-il quand la pression monte ?
Selon l'autrice, sous pression, le cerveau active son système de survie : la décision devient défensive, et le jeune choisit pour éviter l'échec plutôt que par envie. Avec de l'écoute, au contraire, il s'ouvre et se projette. Elle rappelle aussi que derrière les tensions se cachent des intentions positives de part et d'autre : les adultes veulent un avenir stable pour leur enfant, les jeunes veulent être compris et qu'on leur fasse confiance.
Que peuvent faire les adultes à côté ?
Anne Blandin Rabiller rappelle que parents et jeunes ont des besoins qui ne s'opposent pas : la sécurité d'un côté, l'autonomie de l'autre. Comme le cortex préfrontal, qui planifie et régule, n'est pas encore tout à fait mature, l'adulte peut devenir un « appui neurologique » externe : sans décider à la place du jeune, il aide à structurer la réflexion et rappelle que les choix sont évolutifs. L'enjeu est de sortir du rapport de force, car plus l'adulte insiste, plus l'adolescent active son besoin d'autonomie.
L'article propose quelques questions qui activent la réflexion plutôt que la défense, et présente une méthode d'identification des potentiels du jeune. Le magazine en donne le détail.
« L'adolescence n'est pas une période fragile à contrôler, c'est une période puissante à accompagner. »
Questions fréquentes
Mon ado ne sait pas ce qu'il veut faire : faut-il s'inquiéter ?
L'article invite plutôt à voir cette période comme un temps d'exploration. Chaque expérience, même non concluante, compte, et les choix restent évolutifs.
Comment parler d'orientation sans créer de tension ?
L'autrice recommande de passer du contrôle au dialogue, en posant des questions ouvertes plutôt qu'en insistant, et de reconnaître à la fois le besoin de sécurité de l'adulte et le besoin d'autonomie du jeune.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les mécanismes du cerveau adolescent qui expliquent le goût de l'exploration.
- La construction de l'identité et les peurs de chacun, parents comme jeunes.
- Les questions pour activer la réflexion du jeune plutôt que sa défense.
- La méthode Un après-midi pour demain® pour identifier ses potentiels et sa « boussole ».
- Le passage du « Je pense que tu devrais… » au « Je comprends pourquoi tu fonctionnes ainsi ».
