Qu'est-ce qui rend l'attachement d'un enfant « sécure » ? Le point de vue de Marie-Jeanne Trouchaud
Aimer son enfant, répondre à ses besoins, être présent : l'essentiel, pensait-on. Marie-Jeanne Trouchaud ajoute une pièce dans le n°4 d'Innovation en Éducation : le calme et la confiance en soi de l'adulte.
Tiré du magazine · n°4En finir avec les mauvaises habitudes !
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Un tout-petit sent que sa survie dépend de l'adulte : il s'attache, il n'a pas le choix. Reste à savoir de quelle qualité sera cet attachement, et ce qu'il changera pour l'adulte qu'il deviendra. Marie-Jeanne Trouchaud, formatrice en relations humaines et psychothérapeute, auteure de Donnez confiance à votre enfant, se pose la question dans le n°4 d'Innovation en Éducation, avec un point de vue qui invite à regarder du côté des parents.
Qu'est-ce qu'un attachement « sécure » ?
Selon elle, il ne se limite pas à bien nourrir, protéger et répondre aux besoins de l'enfant, ni même à être aimant et bienveillant. Ces qualités sont essentielles, mais pas suffisantes pour donner à l'enfant un socle de confiance en soi. Sa thèse centrale : la sécurité de l'attachement dépend avant tout de la sécurité émotionnelle vécue par le ou les parents.
« La sécurité de l'attachement dépend avant tout de la solidité, du calme, de la confiance en soi de l'adulte référent… »
Que nous a-t-on transmis, enfants ?
L'autrice invite chaque parent à se poser la question avec douceur. Quels messages avons-nous reçus : « respecte-toi » ou « respecte-nous », « tu as le droit de te tromper » ou « tu es nul si tu fais une erreur », « conserve ta liberté de pensée » ou « sois conforme » ? Ces phrases d'hier façonnent la confiance que nous avons aujourd'hui, et la manière dont nous réagissons devant nos propres enfants. Il ne s'agit pas de chercher des coupables : la plupart d'entre nous ont eu une enfance plus ou moins bien accompagnée, et nous avons fait ce que nous pouvions.
Que peut faire un parent, concrètement ?
Elle part d'un constat : l'enfant apprend bien plus par l'exemple que par l'injonction.
« On sait que l'enfant apprend bien plus par l'exemple que par l'injonction. »
L'autrice propose six pistes pour prendre soin de ses blessures, dont la première est de comprendre avec bienveillance l'origine des comportements que nous n'aimons pas en nous. Elle recommande aussi de se donner à soi-même les messages apaisants qui ont manqué, de redonner les mêmes à ses enfants, de se ménager du temps pour soi, parce que se sacrifier sans cesse mène à l'épuisement, et, si les blessures sont profondes, de ne pas hésiter à se faire accompagner. Le magazine détaille ces pistes, avec le texte des messages qu'elle suggère.
Pourquoi parler du parent avant de parler de l'enfant ?
L'autrice assume ce déplacement : donner confiance à un enfant est, selon elle, la mission que devrait se donner tout parent ou tout éducateur, et cela suppose de ne pas être soi-même englué dans ses propres blessures. Comment apprendre à vivre à un enfant si l'on se trouve dans l'incapacité de lui montrer l'exemple ?
Elle prend soin de préciser que prendre du temps pour soi n'a rien d'égoïste. Se dévouer perpétuellement, se sacrifier, conduit à l'épuisement, et l'épuisement risque de produire de la nervosité, de la tristesse, des reproches, parfois des colères : tout cela est peu sécurisant pour l'enfant. Conserver du temps pour soi, par des activités sportives, culturelles ou autres, est donc, écrit-elle, indispensable quand on est parent. Le ton de l'article reste celui de la bienveillance envers soi-même, avant d'être celui de l'exigence.
Et quand ils grandissent ?
L'article se termine sur une image : quand les enfants avanceront vers l'adolescence, ils auront besoin de retrouver un port d'attache, solide et calme, après être partis à l'aventure. Ce sera possible si nous avons appris à l'être d'abord pour nous-mêmes. Le thème de l'harmonie familiale se prolonge dans le même numéro avec cinq clés pour faire grandir l'harmonie dans la famille.
Questions fréquentes
Un parent aimant ne suffit-il pas pour un attachement sécure ?
Selon l'autrice, l'amour et la bienveillance sont essentiels mais pas suffisants : le calme et la confiance en soi de l'adulte comptent avant tout.
Faut-il avoir été bien accompagné enfant pour être un bon parent ?
Non. L'article part du principe que la plupart des parents ont vécu une enfance plus ou moins bien accompagnée, et propose des pistes pour en prendre soin aujourd'hui.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- La distinction entre attachement et attachement sécure.
- Les phrases d'enfance qui construisent ou fragilisent la confiance en soi.
- Les six pistes pour prendre soin de ses blessures, avec le texte des messages apaisants.
- Le passage sur l'épuisement du parent et ses effets sur l'enfant.
- Le portrait de l'autrice et ses ouvrages.
