Comment aider un adolescent à découvrir ses talents avant de choisir son orientation ?
Interrogé sur son avenir, un adolescent parle de diplômes et de Parcoursup, rarement d'envies. Dans le n°27 d'Innovation en Éducation, l'association TADAM explique comment lui faire découvrir ses talents.
Tiré du magazine · n°27Nos enfants ont du talent : aidons-les à le révéler !
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Interrogez un adolescent sur son avenir : il parlera de ce qu'on attend de lui, de salaire, de diplômes, de Parcoursup, rarement de ses talents et de ses envies. L'association TADAM, qui accompagne les jeunes dans leur orientation depuis 2015, y voit l'effet d'une pression qui paralyse. Sa réponse tient en une idée : repérer ce que le jeune fait avec facilité et plaisir, dans un cadre où il se sent en sécurité.
Fondée par Marina Barreau, TADAM propose des programmes collectifs qui combinent neurosciences, coaching et expression corporelle. Dans le n°27 d'Innovation en Éducation, l'association explique sa méthode, ses résultats et ses recommandations à l'attention des parents et des enseignants.
Pourquoi l'orientation inquiète-t-elle autant les jeunes ?
Parce que les choix arrivent tôt, dans un contexte où de nombreux métiers évoluent ou disparaissent, et dans un cadre scolaire qui valorise surtout les compétences académiques. L'article cite une étude de la Fondation AlphaOméga et de l'Ifop : plus de 60 % des jeunes de 15 à 29 ans en rupture scolaire et professionnelle estiment qu'une meilleure orientation aurait pu prévenir leur décrochage.
Qu'est-ce qu'un talent, selon TADAM ?
L'association retient une définition large, qui dépasse l'art, la musique ou le sport :
« Quelque chose que l'on fait avec facilité et qui apporte de la valeur aux autres. »
Cette définition inclut l'écoute active, la pensée créative ou le sens de l'organisation. Pour aider les jeunes à les repérer, TADAM s'appuie sur l'approche neurocognitive et comportementale, qui distingue deux types de motivations : celles qui nous animent profondément, et celles qui reflètent surtout les attentes de la famille, de l'école ou de la société. Un encadré du magazine les décrit.
Qu'est-ce qui freine un adolescent dans cette exploration ?
Le regard des autres et la comparaison, notamment sur les réseaux sociaux : à cet âge, la crainte de la différence peut empêcher de cultiver un talent. Les parents, avec les meilleures intentions, peuvent aussi projeter sans le vouloir leurs propres aspirations et pousser vers des voies qui ne correspondent pas aux inclinations du jeune. TADAM estime donc qu'il faut agir à la fois sur les jeunes et sur leur entourage.
Pourquoi parler d'un cadre sécurisant ?
Parce qu'un adolescent n'explore que s'il ne craint ni le jugement ni l'échec. L'association présente en début de chaque atelier quatre accords de fonctionnement, que les jeunes comme les accompagnants respectent tout au long de la séance. Elle cite le témoignage de Sofia, 15 ans, pour qui ce cadre a permis de « se laisser être vulnérable tout en [se] sentant en sécurité ». Le détail de ces accords figure dans un encadré du magazine.
Que peuvent faire parents et enseignants ?
L'article ne prétend pas qu'il existe un « bon éducateur » type. Sa première recommandation est d'écouter, plutôt que de se positionner en adulte qui sait : poser des questions, observer ce qui rend le jeune joyeux quand il le fait spontanément, se rappeler ce qui l'animait tout petit. Marina Barreau le résume ainsi :
« On ne devient pas adulte du jour au lendemain. Ne les sous-estimez pas et évitez au maximum tout jugement définitif. »
L'article rappelle aussi qu'on n'est pas toujours le mieux placé pour accompagner ses propres enfants, et qu'il est légitime de passer le relais à un psychologue ou à un spécialiste de l'orientation. Pour l'école, l'enseignant est un acteur clé, à condition d'avoir été sensibilisé : TADAM forme les professionnels de l'éducation par l'expérimentation.
Que gagnent les jeunes à cette démarche ?
L'article insiste sur le lien entre la connaissance de soi et la réussite : il rappelle qu'une étude publiée dans la Revue des sciences de l'éducation relie étroitement la conception que les élèves ont d'eux-mêmes à leurs résultats scolaires. Il rapporte aussi les retours de ceux qui ont suivi les ateliers : la principale d'un collège de Bazancourt, une médiatrice éducative, des élèves. Tous parlent de confiance, d'un nouvel horizon, d'un projet d'orientation choisi plutôt que subi. Ces témoignages émanent de l'association, et ils se lisent comme tels.
Questions fréquentes
À partir de quand parler de talents à un adolescent ?
Dès que se posent les questions d'orientation, mais l'article rappelle que les goûts et les aptitudes naissent dès la petite enfance : se souvenir de ce qui animait le jeune tout petit peut aider.
Un parent peut-il aider seul son adolescent à s'orienter ?
Il peut écouter et observer, mais n'est pas toujours le mieux placé : l'article invite à déléguer, au besoin, à un psychologue ou à un spécialiste de l'orientation.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- L'encadré qui distingue motivations primaires et motivations secondaires.
- Les quatre accords de fonctionnement des ateliers TADAM.
- L'encadré des bonnes pratiques pour les parents.
- Les témoignages de jeunes et d'adultes après les ateliers, dont celui d'une principale de collège.
