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Adolescence Émotions et bien-être À la maison

Comment aider un ado à prendre confiance en lui⁠ ⁠? Le rôle de la sécurité intérieure

On insiste sur les premières années, mais l'adolescence est une autre période clé pour la confiance. Dans le n°21 d'Innovation en Éducation, Ludovic Leroux explique pourquoi, et comment les adultes peuvent y aider.

Le n°21 d'Innovation en Éducation ouvert sur les pages de cet article
Tiré du magazine · n°21Déjouer la crise d’ado, c’est possible⁠ ⁠! Voir ce numéro

Beaucoup d'études montrent l'importance des premières années de la vie pour construire la confiance et l'estime de soi. Ludovic Leroux, formateur, auteur et conférencier, qui étudie la neurobiologie depuis plusieurs années, soutient dans le n°21 d'Innovation en Éducation qu'une autre période est tout aussi décisive : l'adolescence. Son raisonnement relie la confiance à un sentiment précis, celui de sécurité intérieure.

Quel rapport entre confiance et sécurité ?

Selon l'auteur, dès la naissance, notre système nerveux évalue en permanence si nous sommes en sécurité ou non. Le tout-petit dépend de ses parents pour cela : un parent dont le système nerveux est apaisé apporte de la sécurité à celui de l'enfant, ce qu'il appelle la corégulation. À l'adolescence, le jeune devient autonome et n'a plus besoin de ses parents pour sa survie. Ce passage de la dépendance à la responsabilité est un enjeu pour la confiance, car celle-ci repose sur deux piliers : un espace de sécurité à l'extérieur de soi, que d'autres peuvent offrir, et le fait de ne pas rester coincé dans un mécanisme de survie.

« Un parent avec un système nerveux en sécurité apporte la sécurité au système nerveux de l'enfant. »

Ludovic Leroux, formateur, auteur et conférencierExtrait du n°21, p. 59

Que veut dire « offrir un espace de sécurité » ?

Ce n'est pas protéger l'adolescent de tout. C'est, pour l'adulte, représenter lui-même la sécurité : savoir revenir au calme, au lien, à la joie. Ludovic Leroux le montre par une histoire. Chantal s'inquiète parce que son fils Julien, qui passe son bac, ne révise pas assez alors qu'il a de grandes capacités. Elle propose son aide, rappelle l'importance de l'examen, alerte. Julien la repousse. Pour l'auteur, ce que Julien repousse n'est pas sa mère, c'est l'insécurité qu'il perçoit en elle : avant d'entendre ses mots, il ressent son état interne.

Il conseille à Chantal de travailler d'abord sur sa propre insécurité et de faire confiance à son fils. Quelques jours plus tard, Julien vient de lui-même lui poser des questions.

« Chantal est passée de "menace" à "ressource". »

Ludovic Leroux, formateur, auteur et conférencierExtrait du n°21, p. 59

Le message est sans reproche : l'intention de Chantal était bonne, et l'auteur ne lui en fait pas grief. Il montre simplement que l'inquiétude d'un adulte se transmet plus vite que ses conseils.

Combattre, fuir, se cacher : trois façons de réagir

La seconde partie de l'article décrit trois mécanismes de survie, hérités de l'évolution : combattre, fuir, se cacher. L'enfant a souvent tendance à en privilégier un, ce qui colore sa personnalité : plutôt volontiers confrontant, plutôt conciliant, ou plutôt réservé. À l'adolescence, il est confronté à des situations où son mécanisme habituel ne suffit pas, et il peut se retrouver coincé, ce qui nourrit le stress et fragilise sa confiance.

L'auteur propose alors deux attitudes aux adultes : laisser le jeune faire ses propres expériences sans le juger, puis chercher avec lui comment il aurait pu faire autrement, et l'inviter à des activités qui développent ces trois états internes. Il prend soin de dire que ce sont des exemples, pas des généralités. Le magazine précise ce que chaque mécanisme peut donner comme difficultés, et quelles activités peuvent aider.

Surtout, il retourne le regard : un ado qui se rebelle expérimente le combat, un autre qui évite les efforts expérimente la fuite, un troisième qui reste dans son coin expérimente le repli. Dans chaque cas, l'adulte peut lui offrir l'espace pour le faire en sécurité.

Le nerf vague a-t-il un rôle dans tout cela ?

L'auteur y consacre un encadré, et c'est le point sur lequel il est le plus technique. Le nerf vague est le plus long nerf du corps : il relie les organes au cerveau et fait partie du système qui nous permet de retrouver le calme et le repos après une menace. Selon lui, quand il est déréglé, on a du mal à revenir au calme et on reste dans un état d'insécurité, avec des pensées et des émotions d'alerte comme s'il y avait un danger alors qu'il n'y en a pas. Apprendre à le réguler améliorerait donc la capacité à revenir au calme, la concentration et la confiance en soi.

Ces affirmations sont celles d'un formateur et auteur sur le sujet, présentées comme telles par le magazine. Elles invitent surtout à un constat de bon sens : un adulte qui prend soin de son propre apaisement est un meilleur appui pour un adolescent qu'un adulte qui s'oublie.

« La meilleure façon d'aider ces adolescents à vivre en pleine confiance, c'est de leur offrir cet espace de sécurité qui leur permettra de voir les adultes comme des ressources et non comme des menaces. »

Ludovic Leroux, formateur, auteur et conférencierExtrait du n°21, p. 60

Questions fréquentes

Pourquoi mon ado repousse-t-il mes conseils, même bien intentionnés ?

Selon Ludovic Leroux, il perçoit d'abord l'état interne de l'adulte : si celui-ci est inquiet, c'est cette inquiétude qu'il repousse, davantage que les mots.

Faut-il protéger un adolescent des échecs ?

L'auteur propose plutôt de le laisser faire ses expériences sans le juger, tout en lui offrant un espace sûr pour revenir dessus ensemble.

Les mots-clés de cet article
Pour aller plus loin · n°21

Ce que vous trouverez dans le magazine

  1. Les deux piliers du sentiment de sécurité, et le récit complet de Chantal et Julien.
  2. Les trois mécanismes de survie (combattre, fuir, se cacher), les difficultés qu'ils peuvent créer et les activités pour les nourrir.
  3. Les conseils pour accompagner les expériences de l'adolescent sans le juger.
  4. L'encadré sur le nerf vague et son rôle dans le retour au calme.
N°21
Pour lire l'article en entier

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