Parent solo : la Discipline Positive peut-elle aider quand on élève seul ses enfants ?
Tenir tous les rôles quand on élève seul ses enfants pèse lourd. Dans le n°7 d'Innovation en Éducation, Alix de Salaberry montre ce que la Discipline Positive peut apporter aux parents solos.
Tiré du magazine · n°7Bienveillance et discipline, c'est possible ?
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« Tous dans le même bateau ! » C'est ce que ressentent les parents au démarrage des ateliers de Discipline Positive, explique Alix de Salaberry, cofondatrice et formatrice de l'Association Discipline Positive France. Dans le n°7 d'Innovation en Éducation, elle montre que cette approche, conçue pour tous les parents, répond aussi aux difficultés particulières de ceux qui élèvent seuls leurs enfants.
Pourquoi parle-t-on de « même bateau » ?
Parce que les parents, solos ou non, découvrent qu'ils partagent à la fois les mêmes difficultés et les mêmes souhaits. Dans les ateliers, ils dressent d'abord une liste de ce qui coince à la maison, puis une seconde, tournée vers l'avenir : les qualités et compétences de vie qu'ils voudraient voir grandir chez leurs enfants, comme l'autonomie, la confiance en soi ou la coopération. Les deux listes se ressemblent d'une famille à l'autre, et l'ensemble forme ce que l'autrice appelle un « GPS éducatif parental ».
« Tous dans le même bateau ! »
En quoi est-ce utile quand on est seul à la maison ?
Le parent solo tient souvent seul les différents rôles parentaux, ce qu'il peut vivre comme un poids de plus. L'autrice propose d'y répondre en bâtissant un cadre familial avec les enfants eux-mêmes, en s'appuyant sur leur besoin profond de se sentir utiles et impliqués. Elle évoque aussi les remarques que connaissent bien les familles séparées (« chez maman, j'ai le droit ! »), auxquelles une posture à la fois bienveillante et ferme aide à répondre sans tension.
Son exemple est celui de Nathalie, maman solo de deux garçons de 12 et 14 ans. Elle avait d'abord décliné l'idée de partager les responsabilités, faute d'envie de se battre avec eux. Puis, encouragée par le récit d'autres parents, elle a proposé à ses fils, la semaine où ils étaient chez elle, de réfléchir ensemble à l'organisation de la maison. Ils se sont pris au jeu, et l'un d'eux a réalisé une affiche pour la cuisine. Il a dit à sa mère : « on est une vraie famille ! »
Que veut dire « Discipline Positive » ?
L'autrice clarifie les deux mots, qui interpellent parfois. Discipline renvoie à la racine latine qui évoque le disciple, à comprendre au sens de « suivre un enseignement » plutôt que de se soumettre. Positive signifie voir les défis et les erreurs comme des occasions d'apprendre.
« Je me trompe ET donc j'apprends. »
Par où commencer ?
L'autrice décrit la construction du cadre familial en deux grandes étapes, à faire dans un moment d'échange agréable : une charte de vie commune, puis le partage des tâches. Le magazine détaille le déroulé de ces deux étapes, ainsi que le témoignage d'un père solo de deux filles, qui raconte le temps passé et ce que cela lui a apporté. Elle ajoute que la situation des familles monoparentales peut être intense sur le plan émotionnel, et que l'enjeu est alors d'accompagner ces émotions, les siennes comme celles de l'enfant.
Les ateliers sont-ils des groupes de parole ?
Non, précise l'autrice : même si les échanges y sont riches, ils proposent un parcours pour adopter ou renforcer une posture à la fois bienveillante, ferme et encourageante. Bienveillante, parce qu'il faut rester en lien avec le monde de l'enfant et l'écouter pour faire passer ses messages. Ferme, parce que l'adulte garantit un cadre et le respect de chacun, y compris de lui-même. Elle parle d'une alchimie à trouver, avec le respect mutuel pour curseur, et rappelle que ces ateliers accueillent tous les profils de familles, monoparentales, recomposées ou non.
Questions fréquentes
La Discipline Positive est-elle réservée aux familles à deux parents ?
Non. Alix de Salaberry explique qu'elle s'adresse à tous les parents, mais qu'elle apporte au parent solo un moyen de construire un partenariat avec ses enfants.
Faut-il suivre un atelier pour la pratiquer ?
Les ateliers existent en présentiel et en ligne, mais le magazine mentionne aussi des livres et un cahier de travail de Jane Nelsen pour avancer à son rythme.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les deux étapes pour élaborer son GPS éducatif parental, avec des exemples de listes.
- Le témoignage de Pierre, papa solo de deux filles, et ce qu'il retient du temps passé.
- Les deux étapes pour bâtir le cadre familial en coopération avec les enfants.
- La posture « bienveillante et ferme » et la manière d'en garder l'équilibre.
- Les ressources pour poursuivre : ateliers, livres et cahier de Jane Nelsen.
