Être parent aujourd'hui : de quoi un enfant a-t-il vraiment besoin ?
Personne n'apprend à être parent, et pourtant le cerveau s'y adapte. Dans le n°31 d'Innovation en Éducation, la pédiatre Catherine Gueguen donne des repères simples, à la lumière des neurosciences affectives.
Tiré du magazine · n°31C'est quoi être un bon parent aujourd'hui ?
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Être parent, c'est l'une des tâches les plus complexes qui soit, et personne ne l'enseigne. Pourtant, une bonne nouvelle ouvre l'article que la pédiatre Catherine Gueguen signe dans le n°31 d'Innovation en Éducation : devenir parent modifie le cerveau de façon positive.
Pédiatre, mère et grand-mère, Catherine Gueguen est l'une des voix françaises des neurosciences affectives et sociales. Elle est l'autrice de Pour une enfance heureuse, Vivre heureux avec son enfant et Lettre à un jeune parent.
Être parent change-t-il vraiment le cerveau ?
L'autrice s'appuie sur une étude publiée en 2025 portant sur 38 000 parents, qui relève davantage de connexions entre certaines régions du cerveau, chez les mères comme chez les pères, et d'autant plus que l'on a d'enfants.
« Être parent modifie de façon positive le cerveau. »
Le message est celui de la confiance : même les jours où l'on se sent démuni, les parents ont les capacités nécessaires.
De quoi un enfant a-t-il besoin pour se sentir en sécurité ?
Catherine Gueguen part d'une question qu'elle posait aux parents en consultation : de quoi avez-vous besoin pour vous sentir bien ? Leurs réponses (être entendu, compris, aimé, soutenu) sont, rappelle-t-elle, les besoins de l'enfant aussi, avec une différence : son cerveau est immature et fragile, ce qui rend ces besoins encore plus indispensables.
Quand le parent comprend ce que traverse son enfant et sait le réconforter, l'enfant se sent accepté tel qu'il est, il peut compter sur ses parents : c'est la sécurité affective. L'autrice en tire une conséquence pour l'adolescence : un enfant qui ne se sent ni jugé ni surveillé continuera de se confier. À l'inverse, une attitude intrusive qui force à parler produit souvent l'effet contraire.
Et les repères, les limites ?
Ils font partie des besoins, mais ils se transmettent d'abord par l'exemple.
« Les grands discours moralisateurs agacent et mettent en colère l'enfant et l'adolescent. Ils ne les écoutent pas. »
L'autrice recommande de dire non quand c'est nécessaire, sans humilier, et d'exprimer sa confiance dans la capacité de l'enfant à faire autrement la prochaine fois.
Que faire quand on s'énerve ?
C'est le passage le plus concret de l'article. Dire à un enfant « tu m'énerves » le met en faute et peut lui faire perdre confiance en lui. L'autrice suggère plutôt de reconnaître que l'on a atteint ses propres limites, en décrivant ce que l'on ressent dans son corps, puis de s'éloigner pour respirer. Les enfants imitent : dès quatre ans, dit-elle, certains tiennent le même langage à leur propre colère. Elle ajoute que reconnaître ses torts et s'excuser est très éducatif, et que l'enfant n'en respecte pas moins ses parents.
Ses autres propositions : un rendez-vous hebdomadaire appelé « conseil de famille », qui fait participer chacun aux règles de la maison, et une liste de huit pistes faciles à mettre en œuvre au quotidien. Le magazine détaille le déroulé du conseil de famille et en donne la liste complète.
Quand on n'en peut plus ?
Elle invite d'abord à ne pas rester seul et à demander de l'aide sans culpabilité.
« Il n'y aucune honte à rencontrer des difficultés avec son enfant. Cela arrive à tout le monde ! »
Elle recommande aussi de se ménager des temps pour soi, et de consulter son médecin si l'on se sent déprimé ou près de craquer, cela valant pour les deux parents.
Questions fréquentes
Un parent peut-il s'énerver devant son enfant ?
Selon Catherine Gueguen, tous les parents perdent patience un jour ou l'autre. Ce qui compte est de le reconnaître, de s'apaiser et, au besoin, de s'excuser.
Comment garder le lien avec son adolescent ?
L'autrice conseille de ne pas être intrusif ni jugeant, pour que l'adolescent continue de se confier quand il en a besoin.
Que faire en cas d'épuisement ?
Demander de l'aide à son entourage, se ménager des pauses et consulter un médecin si l'on se sent déprimé ou près de craquer.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le détail des besoins de l'enfant, de la sécurité affective à la manière de ne pas se comparer.
- Le déroulé d'un conseil de famille hebdomadaire, avec ses effets sur la participation des enfants.
- Les huit pistes faciles de l'autrice pour le quotidien, de la promenade aux histoires du soir.
- La référence de l'étude de 2025 sur le cerveau des parents.
