Comment faire sentir à chaque élève qu'il est compris, même à trente par classe ?
Personnaliser son enseignement face à trente élèves semble hors de portée. Charlotte Lachgar, enseignante en lycée à Marrakech, partage dans le n°24 d'Innovation en Éducation les adaptations simples qu'elle a testées pendant quatorze ans.
Accueillir chaque élève dans son individualité a toujours été, pour Charlotte Lachgar, une nécessité. Mais avec trente élèves devant soi, l'enseignement personnalisé paraît complexe, voire fastidieux. Après quatorze ans sur le terrain, en grande partie en établissement classé REP ou en classe ULIS, elle partage dans le n°24 d'Innovation en Éducation des pistes accessibles à tous et peu chronophages. Elle précise qu'elles ne prétendent pas être exhaustives : elle-même continue à se former, à tester, à échouer et à réadapter sa pratique.
Par où commencer quand on a peu de temps ?
Par la formation continue, qu'elle juge indispensable. Elle suit des formations en neurosciences, en troubles des apprentissages, en climat scolaire, en communication non violente, dans ou hors de l'Éducation nationale. L'enjeu lui paraît immense : les enseignants ont une grande responsabilité auprès des enfants et des adolescents, et connaître leur fonctionnement lui semble incontournable.
« Connaître leur fonctionnement me semble incontournable, d'autant que les formations en neurosciences éducatives sont passionnantes ! »
Que peut-on changer dans la classe elle-même ?
Beaucoup de petites choses. L'article passe en revue l'aménagement de l'espace, le matériel pédagogique, le déroulement d'une séance et les supports de cours, avec des repères très concrets pour les élèves à besoins éducatifs particuliers. Elle explique par exemple pourquoi un classeur organisé en parties qui donnent du sens à la matière peut mieux aider certains élèves à se repérer qu'une pile de cahiers. Elle insiste aussi sur le cadre sécurisant des rituels pour les élèves ayant des troubles des apprentissages. Le magazine donne le détail de ces conseils, y compris les caractéristiques de lisibilité des documents à distribuer.
Qu'est-ce qui compte le plus, selon elle ?
Le lien de confiance. L'autrice le place au centre de sa pratique : sans motivation ni sentiment de sécurité, l'attention et l'apprentissage s'en ressentent.
« La motivation et la sécurité ont un impact direct sur l'attention et l'apprentissage. »
Ce lien se construit petit à petit, mais il commence à la rentrée. Elle y consacre des activités destinées à mieux connaître chaque enfant ou adolescent, car cela lui paraît crucial. Elle évoque des outils comme le test des intelligences multiples d'Howard Gardner ou l'ennéagramme, qui permettent de cerner les personnalités et, surtout, de donner à chacun le sentiment d'être compris.
Est-ce réservé aux enseignants de classes difficiles ?
Non, et ce n'est pas ce que dit l'autrice. Ses adaptations viennent de ses années en REP et en ULIS, mais elles sont pensées pour être utiles à tout enseignant, quel que soit le contexte. Elle espère simplement que ces conseils faciliteront le quotidien de ses collègues et permettront à chaque élève de se sentir entendu et respecté tel qu'il est.
Pourquoi parler de « tips » plutôt que de méthode ?
Charlotte Lachgar emploie ce mot à dessein : elle ne propose pas une méthode à appliquer à la lettre, mais des astuces nées de quatorze ans d'essais, d'échecs et de réajustements. Elle a enseigné dans des contextes très différents, la plupart du temps en éducation prioritaire ou en classe ULIS, et elle s'est formée en parallèle aux neurosciences, aux troubles des apprentissages, au climat scolaire et à la communication non violente. Cette trajectoire donne à son texte un parti pris : on n'a pas besoin de moyens exceptionnels pour que chaque élève se sente considéré, on a besoin de petits ajustements, répétés, et d'une vraie curiosité pour la manière dont les élèves fonctionnent. Elle assume aussi de ne pas être exhaustive, et d'être elle-même en constante remise en question.
Questions fréquentes
L'enseignement personnalisé est-il possible avec trente élèves ?
L'autrice reconnaît que c'est complexe, mais pense que certaines adaptations, accessibles et peu chronophages, permettent de tendre vers lui.
Les rituels aident-ils les élèves en difficulté ?
Selon Charlotte Lachgar, les élèves ayant des troubles des apprentissages ont particulièrement besoin d'un cadre sécurisant et de répétition, que les rituels de séance apportent.
Faut-il utiliser un test de personnalité avec les élèves ?
L'enseignante cite le test des intelligences multiples d'Howard Gardner et l'ennéagramme comme des moyens de mieux connaître ses élèves à la rentrée. Ce sont des pistes parmi d'autres.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les six conseils de l'autrice, numérotés, de la formation continue au lien de confiance.
- Des idées d'aménagement de l'espace classe, couleurs et plan en îlots.
- L'organisation du classeur par matière, avec des exemples en français et en mathématiques.
- La structure d'une séance rituelle, du début à la fin.
- Les conseils de mise en forme des supports, et un exemple d'outil pour partager des ressources de formats variés.
N°24
n°24 · Profs inspirants : 30 méthodes qui marchent
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