Pourquoi notre cerveau voit-il le verre à moitié vide ? Le regard de Fabien Olicard
Pourquoi retient-on plus facilement ce qui va mal ? Dans le n°4 d'Innovation en Éducation, le mentaliste Fabien Olicard répond avec humour, et donne une piste pour prendre du recul.
Tiré du magazine · n°4En finir avec les mauvaises habitudes !
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Sur sa chaîne YouTube, le mentaliste Fabien Olicard explique, expérimente et s'amuse des tours que nous joue notre cerveau. Le n°4 d'Innovation en Éducation lui a posé une question que beaucoup d'adultes, de parents et d'enseignants se font : pourquoi sommes-nous si prompts à voir le négatif, et peut-on y changer quelque chose ? Il précise d'emblée qu'il n'est pas spécialiste des neurosciences, et il répond avec cette nuance.
Pourquoi le cerveau penche-t-il vers le négatif ?
Parce que cela nous a fait survivre. L'humanité, explique-t-il, a traversé les âges en prêtant attention aux dangers, en décidant vite, quitte à généraliser. Aujourd'hui, nous n'avons plus guère de prédateurs au quotidien, mais le réflexe demeure : anticiper les scénarios les plus noirs pour pouvoir réagir.
Sa lecture tient en une idée : cela reste un héritage, pas une fatalité. Il invite à décider sous quel angle on regarde les choses. Faire la queue une heure au magasin peut être pénible, ou devenir l'occasion de bavarder avec la personne devant soi ou d'écouter un livre audio.
« On ne doit pas laisser le flux de pensée se faire naturellement, mais on doit aussi décider dans quelle direction il va. »
Fabien Olicard ne nie pas que certains caractères soient plus optimistes ou plus pessimistes que d'autres. Mais il insiste sur la part de responsabilité de chacun : décider sous quel angle on regarde les choses fait partie de notre marge de manœuvre, et cet angle s'entraîne comme un muscle.
Notre perception du réel est-elle fiable ?
Elle est déformée, répond-il, et même plus qu'on ne le croit. Deux personnes dans la même pièce n'ont pas la même lecture de la réalité, car elle passe par leurs biais cognitifs, leurs peurs, leurs espoirs et leur humeur du moment. La perception du réel est donc une perception, ce qui laisse la possibilité d'en ouvrir de plus agréables.
Comment « hacker » son cerveau ?
Sa réponse est d'une simplicité désarmante : se dire « stop ». Dans la rue, quand une pensée agacée surgit, on peut s'arrêter deux secondes et se demander d'où elle vient et si on la pense vraiment. On s'aperçoit alors que le cerveau fonctionne le plus souvent en mode automatique, parce que c'est moins coûteux pour lui. La petite voix intérieure nous livre des pensées toutes faites, que nous prenons pour notre vérité. Rien que de prendre ce recul fait baisser la part négative.
Faut-il ressasser ce qui n'a pas marché ?
Son second conseil est de se tourner vers l'avenir plutôt que de rester dans le passé, sans pour autant le négliger. Il l'illustre par l'exemple d'un gâteau raté : on peut en parler pendant des heures, mais il appartient au passé, et l'on n'a plus de prise dessus. La question utile est de savoir où l'on garde un levier. S'il y en a un, on agit ; s'il n'y en a pas, on passe à la suite, car la charge négative ne fera rien avancer et ne rendra pas plus heureux.
Il ajoute une dernière précaution : prendre le recul de se demander si le gâteau était vraiment raté, ou seulement peu joli. Et il remet l'échec à sa place.
« L'échec, d'ailleurs, n'est pas une finalité : c'est une étape logique du processus d'apprentissage. »
Qu'en retenir avec des enfants ?
L'entretien ne parle pas directement d'éducation, mais l'idée se transpose : un enfant, comme un adulte, peut apprendre à observer ses pensées, et à voir dans l'erreur une étape. Le même numéro propose un texte voisin, sur l'observation de ses propres pensées.
Questions fréquentes
Est-ce que l'optimisme est inné ?
Fabien Olicard pense que les caractères sont formés, mais qu'on peut changer d'état d'esprit et décider de l'angle sous lequel on regarde une situation.
Pourquoi le cerveau se met-il en mode automatique ?
Parce que c'est moins coûteux en énergie, explique-t-il : il nous envoie des pensées toutes faites, que nous prenons pour notre vérité.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- L'exemple de la file d'attente, pour changer d'angle de pensée.
- Les explications sur nos biais et sur la perception déformée du réel.
- Le « hack » du stop, avec les questions à se poser.
- Le conseil sur le passé et le futur, avec l'exemple du gâteau raté.
