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Comment enseigner sans s'épuiser⁠ ⁠? Les pistes d'Isabelle Luberne

Les enseignants les plus investis sont souvent les plus exposés à l'épuisement. Dans le n°32, la coach Isabelle Luberne propose des outils pour tenir sans renoncer à ce qui les anime.

Le n°32 d'Innovation en Éducation ouvert sur les pages de cet article
Tiré du magazine · n°32Mal-être à l'école⁠ ⁠: des solutions existent⁠ ⁠! Voir ce numéro

On ne choisit pas le métier d'enseignant par hasard, et on s'y investit souvent corps et âme. C'est précisément ce qui rend l'usure si discrète : selon la coach Isabelle Luberne, les personnes touchées par l'épuisement professionnel ne sont pas les plus fragiles, mais les plus investies. Elle en tire une conviction : prendre soin de soi n'est pas un luxe pour un enseignant, c'est une responsabilité professionnelle, qui profite aussi aux élèves.

Isabelle Luberne est flûtiste, professeure au conservatoire et coach certifiée. Après plus de vingt-cinq ans dans l'enseignement, elle accompagne des enseignants qui aiment encore leur métier mais supportent de moins en moins les conditions dans lesquelles ils l'exercent. Dans le n°32 d'Innovation en Éducation, consacré au mal-être à l'école, elle leur consacre un article, en précisant que tous les acteurs de l'école peuvent s'y reconnaître.

Pourquoi aimer son métier ne suffit-il pas à tenir ?

Parce que l'engagement a un coût. L'autrice décrit un cercle : un épuisement chronique réduit la disponibilité pour les élèves, l'enseignant culpabilise, surcompense, et s'épuise davantage. Elle observe aussi un « syndrome du bon élève » chez d'anciens élèves brillants, au perfectionnisme ancré, qui dépassent leurs limites sans s'en rendre compte.

Elle estime que cette usure, née en partie des conditions de travail, relève aussi du collectif, et pas seulement de la responsabilité de chacun.

« Pas de bien-être des élèves sans bien-être des enseignants. »

Isabelle Luberne, coach des profs, professeure au conservatoireExtrait du n°32, p. 39

Que se passe-t-il dans la tête d'un enseignant épuisé ?

L'article s'appuie sur la théorie polyvagale de Stephen Porges : quand le cerveau ne détecte plus de sécurité, il coupe l'accès à certaines fonctions pour préserver la survie. À cela s'ajoutent les pensées négatives répétées, que l'autrice relie aux biais cognitifs décrits par Daniel Kahneman. Elle donne trois exemples de croyances qui s'installent ainsi, du type « Ça ne sert à rien », avec pour chacune le biais à l'œuvre et ses effets observables. Le magazine les détaille.

Les formations ont-elles suivi l'évolution du métier ?

L'autrice constate que les conditions de travail ont beaucoup changé, avec les smartphones et plus récemment l'IA, alors que les formations des enseignants sont restées proches de leurs références fondatrices, précieuses mais datées. Elle y voit un manque de clés pour décoder ce qui se joue en soi, et aspire à ce que le soin de soi fasse un jour partie intégrante de la formation.

Que peut-on faire concrètement ?

Isabelle Luberne présente trois outils qu'elle utilise dans ses accompagnements : se poser de meilleures questions, poser un cadre, et rester en lien avec soi-même. Le premier repose sur une idée simple : la question que l'on se pose oriente la direction dans laquelle le cerveau cherche. Remplacer « Pourquoi c'est si dur ? » par « Comment alléger ce qui pèse ? » change le point de départ. Pour les deux autres, elle donne des repères d'organisation et un rendez-vous régulier avec soi-même, dont le magazine précise le contenu.

Son message de fond est de ne plus confondre vocation et sacrifice. Les élèves, rappelle-t-elle, ont besoin d'un enseignant qui va bien, pas d'un enseignant parfait.

« Les élèves ont besoin d'un prof qui va bien, pas d'un prof parfait. »

Isabelle Luberne, coach des profs, professeure au conservatoireExtrait du n°32, p. 41

Questions fréquentes

Pourquoi les enseignants les plus investis s'épuisent-ils le plus ?

Isabelle Luberne explique que ceux qui repoussent leurs limites au-delà de l'acceptable par amour du métier sont les plus exposés, alors que l'épuisement ne dit rien d'un manque de vocation.

Prendre soin de soi, est-ce un manque d'engagement ?

Non, répond l'autrice : c'est de la conscience professionnelle, de la prévention plutôt que du confort, et cela se fait avant le point de rupture.

Les mots-clés de cet article
Pour aller plus loin · n°32

Ce que vous trouverez dans le magazine

  1. Le cercle de l'épuisement chronique et ses effets sur la relation aux élèves.
  2. Trois croyances toxiques, avec le biais cognitif et les effets observables de chacune.
  3. Le premier outil : des exemples de questions toxiques et de questions puissantes pour le métier.
  4. Le deuxième outil : délimiter son temps de travail et prévenir avant la rupture.
  5. Le troisième outil : le rendez-vous avec soi-même, et les notes pour aller plus loin sur la théorie polyvagale.
Couverture du n°32
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