Montessori, Freinet, Steiner : qu'apporte chacune de ces pédagogies ?
Maria Montessori, Célestin Freinet et Rudolf Steiner ont chacun repensé l'école à leur manière. Le n°5 d'Innovation en Éducation consacre une page à chacun, pour comprendre ce qui les distingue et ce qu'ils partagent.
Tiré du magazine · n°5Les pédagogies différentes
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On entend souvent leurs noms sans toujours savoir ce qui se cache derrière. Dans sa rubrique « Les grands courants pédagogiques », le n°5 d'Innovation en Éducation consacre une page à six approches. Voici la première moitié du tour d'horizon : Montessori, Freinet et Steiner. Trois histoires très différentes, qui ont en commun une même question : et si l'on partait de l'enfant plutôt que du programme ?
D'où vient la pédagogie Montessori ?
Maria Montessori (1870-1952) était l'une des premières femmes médecins d'Italie. En travaillant auprès d'enfants en difficulté, elle découvre qu'ils ont moins besoin de soins médicaux que de soins pédagogiques, et leur conçoit un matériel d'apprentissage. Impressionnée par leurs progrès, elle décide d'en faire bénéficier tous les enfants et ouvre à Rome, en 1907, sa première « Maison des Enfants ».
Sa conviction tient en une phrase, que le magazine met en avant.
« C'est en respectant l'enfant et en le suivant qu'on l'élève le mieux. »
De là découlent l'autonomie, la confiance et le goût d'apprendre, ainsi qu'une ambition plus large : la paix intérieure de chaque enfant comme première pierre de la paix entre les hommes. Un encadré du magazine résume les grands principes de la méthode, de l'attitude de l'adulte au rôle du matériel.
Que doit-on à Célestin Freinet ?
Tout commence dans les années 1920. Blessé aux poumons pendant la Première Guerre mondiale, Freinet ne peut plus faire cours à voix haute pendant de longues heures. Il repense alors l'école à l'opposé de celle qu'il a connue, avec le soutien de son épouse Élise et en observant leur fille Madeleine grandir. Sa pédagogie s'appuie sur l'expression libre des enfants, et plusieurs de ses inventions sont toujours en usage : le journal scolaire est sans doute la plus connue.
Sa façon de présenter l'apprentissage reste d'une grande simplicité.
« C'est en marchant que l'enfant apprend à marcher ; c'est en parlant qu'il apprend à parler ; c'est en dessinant qu'il apprend à dessiner. »
Le magazine détaille cinq principes qui structurent cette pédagogie, dont la place de l'erreur et celle du professeur, et indique l'institut qui poursuit aujourd'hui son travail.
Qu'est-ce qui distingue l'approche Steiner-Waldorf ?
La première école Waldorf ouvre en 1919 à Stuttgart pour les enfants des ouvriers d'une usine. Son objectif était émancipateur : qu'ils acquièrent autonomie et créativité pour devenir maîtres de leur vie. Rudolf Steiner veut une éducation vers la liberté, qui s'appuie sur le potentiel de chaque enfant plutôt que sur les besoins de la société.
Cette approche attache beaucoup d'importance au rythme : jouer et vivre des expériences sensorielles avant les apprentissages plus intellectuels, avancer sans précipitation. Elle cherche aussi à nourrir la tête, le cœur et les mains, par les arts, l'artisanat et la nature autant que par les matières classiques.
« Cette approche fait émerger des intelligences multiples et favorise l'harmonie sociale par la reconnaissance des talents. »
Le mouvement Waldorf compte environ 3 000 structures dans plus de 70 pays, dont quelques établissements en France.
Faut-il choisir entre elles ?
Rien dans le magazine ne pousse à trancher. Chaque pédagogie a son histoire, ses outils et ses nuances, et c'est justement cette diversité qui permet à un parent ou à un enseignant de repérer ce qui lui parle. Plusieurs idées se retrouvent d'une page à l'autre : respecter le rythme de l'enfant, lui faire confiance, laisser l'expérience précéder la théorie. Pour poursuivre, le tour d'horizon du magazine se prolonge avec trois autres courants, et un autre numéro revient sur les repères de l'éducatrice Charlotte Poussin, pour dépasser les clichés sur Montessori.
Que retenir de ces trois histoires ?
Les trois fiches s'ouvrent sur des itinéraires personnels : une médecin devenue pédagogue, un instituteur blessé qui repense sa façon d'enseigner, un penseur qui imagine une école pour les enfants d'ouvriers. Aucun ne partait d'un système, tous sont partis d'observations. C'est ce qui rend ces pédagogies inspirantes un siècle plus tard : elles invitent à regarder les enfants avant de décider de ce qu'on leur propose. Pour un parent, c'est un bon point d'entrée avant de visiter une école ou de lire un ouvrage de référence. Pour un enseignant, c'est un rappel de l'origine de gestes qu'il pratique peut-être déjà, sans toujours les relier à leurs inventeurs.
Questions fréquentes
Ces pédagogies sont-elles réservées aux écoles alternatives ?
Non. Leurs idées inspirent aussi des enseignants dans des classes ordinaires, et des familles à la maison. Le n°5 consacre d'ailleurs un article aux idées à reprendre chez soi.
Quelle pédagogie choisir pour mon enfant ?
Le magazine ne désigne pas de gagnante. Il présente ce que chacune apporte et laisse chaque famille, chaque enseignant, y trouver ce qui lui correspond.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- L'encadré des grands principes de la pédagogie Montessori, du matériel à l'auto-éducation.
- Les cinq principes de la pédagogie Freinet : tâtonnement expérimental, rythme individualisé, coopération, place du professeur, évaluation.
- Le détail de la pédagogie Steiner-Waldorf : rythmes de l'enfant, place des notes, les trois facultés à nourrir.
- Les adresses des fédérations et associations pour aller plus loin, et les remerciements aux expertes qui ont relu ces pages.
