Faire nettoyer la classe par les élèves : que leur apprend-on ?
Dans les écoles sud-coréennes, la liste des fournitures comprend un balai. Inkyeong Kim, installée en France, raconte dans le n°9 ce que ce rituel quotidien a construit chez elle.
Lors du Mondial de football 2018, l'équipe du Japon, pourtant éliminée, a quitté son vestiaire en le nettoyant de fond en comble, pendant que ses supporters faisaient de même dans les gradins. Le civisme du public japonais ou sud-coréen étonne à chaque grande compétition. Dans le n°9 d'Innovation en Éducation, une jeune Sud-Coréenne explique d'où il vient : il se construit très tôt, en classe.
Que met-on dans le cartable en Corée du Sud ?
Inkyeong Kim est illustratrice, autrice et designer. Née en Corée du Sud, elle vit en France depuis plus de dix ans. Elle raconte que la liste des fournitures de la rentrée comprend, à côté des cahiers et des stylos, des balais. Les élèves ont en effet la responsabilité de ranger et de nettoyer leur classe à la fin de la journée, du primaire jusqu'au lycée, avec du matériel acheté par les parents.
Ce que l'on imagine comme une corvée ne l'était pas pour elle. Les séances d'étude sont très encadrées, mais le temps de ménage se déroule dans la décontraction, au point que le nettoyage des toilettes, fait à tour de rôle, finissait parfois en bataille d'eau.
Cela ne sert-il qu'à faire des économies ?
L'origine de la tradition reste discutée. Faut-il y voir un manque de moyens du système éducatif ou l'expression du confucianisme, très ancré en Corée ? Inkyeong Kim répond que c'est certainement un peu des deux. Ce qui lui paraît certain, en revanche, c'est ce que la pratique produit : un apprentissage de l'autonomie et du respect, et une vraie conscience du collectif.
« Ça devient naturel : je respecte les lieux car c'est moi et les autres qui les nettoyons à la fin de la journée. »
Elle décrit aussi un effet plus discret : une fois le travail fini, la classe propre et rangée procure un sentiment de fierté partagée.
« Quand c'est fait, que la classe est propre et rangée, il y a un sentiment de fierté partagé. »
Et chez nous, à la maison comme en classe ?
L'article n'invite pas à importer le balai tel quel, mais à regarder nos propres réflexes. On pense souvent que les choses vont plus vite quand on les fait soi-même, et l'on hésite à déléguer, surtout aux enfants. C'est un raisonnement que beaucoup de parents et d'enseignants reconnaîtront. Investir du temps à leur apprendre à s'impliquer dans le rangement et le nettoyage, à la maison comme à l'école, de façon adaptée à chaque âge, est selon lui une occasion quotidienne d'apprendre l'autonomie et le respect du collectif.
Un autre souvenir d'Inkyeong Kim, tout aussi inimaginable dans une cour de récréation française, illustre le sens de l'initiative que cette culture du collectif peut donner. Il se passait à l'heure du déjeuner, et le magazine le raconte en détail.
Une corvée ou un moment partagé ?
Inkyeong Kim en garde plutôt un bon souvenir. Elle raconte, en riant, que pendant ce temps-là, au moins, on ne travaillait pas. Le détail compte : la tâche n'était pas vécue comme une punition, mais comme un moment où l'on plaisante, où l'on s'éclabouque parfois, et d'où l'on sort avec le sentiment d'avoir fait quelque chose ensemble. C'est ce qui distingue un rituel qui construit le groupe d'une corvée imposée. L'article ne dit pas autre chose lorsqu'il parle d'une pratique qui forge la conscience du collectif.
Questions fréquentes
À quel âge un enfant peut-il participer au rangement ?
L'article recommande d'adapter les tâches à chaque âge et d'impliquer les enfants progressivement, chez eux comme à l'école.
Pourquoi demander aux enfants de nettoyer leur classe ?
Selon Inkyeong Kim, cela développe l'autonomie, le respect des lieux et la conscience du collectif : on prend soin d'un endroit parce qu'on sait que c'est soi-même et les autres qui le nettoient.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le témoignage complet d'Inkyeong Kim sur ses années d'école en Corée du Sud.
- Un second souvenir de cour de récréation, à l'heure du déjeuner, qui dit le partage et le sens de l'initiative.
- Le portrait d'Inkyeong Kim et de son studio de design, installé en France.
N°9
n°9 · Tour du monde des meilleures idées éducatives
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