Premier smartphone en sixième : comment accompagner son enfant plutôt que l'en priver ?
À quel âge donner un smartphone ? Dans le n°33 d'Innovation en Éducation, Audrey Guilbaud, enseignante documentaliste et maman, déplace la question : comment apprend-on à bien s'en servir ?
Tiré du magazine · n°33Les enfants face aux étapes de la vie
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Pour Audrey Guilbaud, la question n'est peut-être pas tant celle de l'âge auquel offrir un smartphone que celle de la façon dont on prépare l'enfant à s'en servir. Entre « Internet est dangereux » et « on ne peut plus rien contrôler », elle défend une troisième voie : accompagner.
Audrey Guilbaud est ancienne enseignante documentaliste, formatrice en numérique éducatif au réseau Canopé et ancienne adjointe de direction en collège. Aujourd'hui psychopédagogue, elle a fondé l'association Les Zèbres Encordés. Dans le n°33 d'Innovation en Éducation, elle écrit aussi en maman : en 2015, sa fille entrait en sixième avec son premier téléphone.
Faut-il donner un smartphone à l'entrée en sixième ?
L'autrice ne s'y oppose pas, pas plus qu'aux réseaux sociaux. Elle se dit surtout convaincue d'une chose.
« Je suis profondément convaincue d'une chose : les usages numériques s'apprennent. »
Elle décrit le mélange d'émotions qui accompagne ce premier téléphone, entre confiance, peur et un peu de culpabilité, que beaucoup de parents reconnaîtront. Le téléphone apaise l'inquiétude de la sortie du bus, mais il ouvre aussi la porte des groupes de discussion, des vidéos courtes et des notifications.
Que faire quand le numérique devient violent ?
Quelques mois après son entrée au collège, la fille d'Audrey Guilbaud a vécu un épisode de cyberharcèlement. L'autrice ne l'a pas vécu comme un échec, mais comme un moment d'apprentissage familial : on a parlé des mots de passe, du droit à l'image et de la loi. Elle y revient avec une idée claire : on ne peut pas tout empêcher, mais on peut préparer.
« L'objectif n'est pas de faire peur aux enfants. L'objectif est de leur donner des repères. »
Les écrans sont-ils faits pour captiver ?
Oui, rappelle l'autrice : notifications, défilement sans fin et recommandations personnalisées relèvent de ce que les spécialistes appellent l'économie de l'attention. Chez les préadolescents, dont le cerveau est en construction, cette hyperstimulation rend plus difficile la prise de recul. Elle nuance aussitôt : cela ne signifie pas que les écrans fabriquent des troubles neurodéveloppementaux, mais certains usages intensifs peuvent accentuer des fragilités déjà présentes.
Pour répondre à ces enjeux, elle plaide pour un cadre simple et ferme, qu'elle décrit dans l'article, et rappelle que le contrôle parental n'a de sens qu'avec l'éducation. Elle souligne aussi le rôle de l'exemple : les parents sont les premiers modèles numériques. À l'école, les enseignants, en particulier les professeurs documentalistes, ont un rôle central pour former à la vérification des sources et à la protection des données.
Questions fréquentes
À quel âge donner son premier smartphone ?
L'autrice ne fixe pas d'âge. Elle estime que le véritable enjeu est d'accompagner l'enfant pour qu'il apprenne progressivement à vivre dans un monde numérique.
Le contrôle parental suffit-il ?
Pour Audrey Guilbaud, il est utile mais ne remplace jamais l'éducation : les échanges réguliers sur la vie numérique comptent autant que les outils.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le récit complet de l'épisode de cyberharcèlement et ce que la famille en a retenu.
- L'expérience des photos prises avec la même tenue pour réfléchir à l'image de soi.
- Les règles d'un cadre numérique sécurisant, détaillées dans l'article.
- Le passage sur le sommeil et sur le besoin d'ennui du cerveau.
- La ressource recommandée pour ouvrir le dialogue avec les ados.
n°33 · Les enfants face aux étapes de la vie
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