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Parentalité À la maison

Peut-on tout dire aux enfants⁠ ⁠?

Leurs questions nous désarment, et l'envie de les protéger nous pousse parfois à nous taire. Dans le n°17 d'Innovation en Éducation, la coach Noémie de Saint-Sernin déplace la question⁠ ⁠: non pas quoi dire, mais comment.

Le n°17 d'Innovation en Éducation ouvert sur les pages de cet article
Tiré du magazine · n°17L'éducation et ses tabous Voir ce numéro

Faut-il répondre à toutes les questions d'un enfant, même les plus difficiles ? La coach Noémie de Saint-Sernin répond « oui, mais de façon nuancée ». Selon elle, la vraie question n'est pas de savoir si l'on peut tout dire, mais de choisir les mots, le moment et l'attitude qui permettent à l'enfant d'entendre une réalité sans être submergé.

Coach certifiée RNCP, conférencière, formatrice et autrice, mère de trois enfants, Noémie de Saint-Sernin signe cet article dans le n°17 d'Innovation en Éducation, consacré à ce que l'on dit aux enfants. Elle y part d'une situation que tous les parents et tous les éducateurs connaissent : le feu d'artifice de questions, dont certaines nous mettent mal à l'aise.

Faut-il parler de la même façon à un enfant de 5 ans et à un adolescent ?

Non, et c'est le premier repère de l'article. La capacité à comprendre et à traiter une information varie avec l'âge. Avant 7 ans environ, la pensée de l'enfant est surtout concrète : les notions abstraites lui échappent, et l'autrice recommande des explications courtes et factuelles. À l'adolescence, la pensée critique se développe et des notions plus nuancées deviennent accessibles.

Elle ajoute un élément qui concerne tous les âges. Le cortex préfrontal, siège du recul et de la relativisation, est encore immature chez l'enfant. Face à une révélation, il aura donc plus de mal qu'un adulte à prendre de la distance. D'où l'idée d'adapter le discours et de le simplifier, plus l'enfant est jeune, sans pour autant le déformer.

Protéger, est-ce toujours rendre service ?

Vouloir épargner une peine à son enfant est un instinct naturel, rappelle l'autrice. Elle en décrit pourtant l'effet secondaire possible : en cachant une réalité, on peut priver l'enfant de la possibilité de la comprendre et de développer sa résilience. Son rôle de parent, écrit-elle, est autant de protéger que de préparer à vivre dans un monde incertain. Il s'agit donc de trouver un équilibre, sans que l'un des deux pôles l'emporte.

« Dans tous les cas, la vérité, même édulcorée, sera toujours la meilleure option. »

Noémie de Saint-Sernin, coach certifiée RNCP, conférencière et autriceExtrait du n°17, p. 9

L'article s'appuie sur un constat que beaucoup de familles ont pu faire : les enfants sont souvent plus solides qu'on ne le croit, à condition d'être accompagnés. L'autrice ne plaide pas pour tout déverser, bien au contraire. Elle propose de répondre honnêtement à la question posée, dans un langage adapté, sans ajouter ce que l'enfant n'a pas demandé.

Est-ce le « quoi » ou le « comment » qui compte ?

C'est le « comment », répond l'autrice. Aborder la maladie, un deuil ou un événement tragique peut se faire de manière constructive si l'on prend le temps de donner un contexte, d'utiliser des mots simples et d'écouter les réactions. Un point retient l'attention : plus l'adulte est à l'aise, plus l'enfant se sent en sécurité, car un malaise non dit se ressent même quand il n'est pas expliqué.

L'article décrit aussi une pratique de suivi : demander à l'enfant de résumer ce qu'il a compris ou ressenti, pour corriger d'éventuels malentendus. Elle insiste enfin sur l'importance d'un canal de communication ouvert. Un enfant qui sait qu'il peut poser ses questions sans être jugé ira plus volontiers chercher ses réponses auprès de ses parents, plutôt que dans des sources moins fiables.

Que se passe-t-il quand on se tait ?

Le silence ne protège pas toujours, avertit l'autrice, car un enfant, même jeune, peut tomber sur des informations non filtrées sur Internet et les interpréter de travers. Elle élargit alors le propos aux non-dits familiaux, en s'appuyant sur la psychogénéalogie, une approche thérapeutique qui étudie les liens entre les événements vécus par les générations précédentes et certains symptômes chez les descendants.

Elle prend soin de préciser « qu'on y adhère ou pas » : l'article ne demande pas de partager cette approche pour en tirer l'idée centrale, à savoir que ce qui n'est jamais dit continue souvent de se faire sentir. L'autrice en détaille six conséquences possibles, que le magazine développe avec des exemples.

« Dire la vérité à un enfant c'est le préparer au monde. »

Noémie de Saint-Sernin, coach certifiée RNCP, conférencière et autriceExtrait du n°17, p. 10

Elle rappelle d'ailleurs que les contes eux-mêmes ne cachent pas les sorcières, les princesses orphelines ou les rencontres malveillantes. Les enfants savent accueillir des histoires difficiles, pourvu qu'elles leur soient données de la bonne façon et à leur mesure.

Ce que cet article n'est pas, c'est une consigne de tout révéler. Il invite plutôt chaque parent et chaque enseignant à se poser la question suivante : comment accompagner un événement douloureux et accueillir les émotions de l'enfant pour l'aider à le traverser ? Sur ce thème, un autre article du numéro s'intéresse à la façon d'annoncer un décès et d'en parler.

Questions fréquentes

À partir de quel âge peut-on aborder un sujet difficile ?

Selon Noémie de Saint-Sernin, tout dépend de l'âge de l'enfant, de sa maturité et du contexte dans lequel la question est posée. Avant 7 ans, mieux vaut privilégier des explications courtes et concrètes.

Faut-il répondre à toutes les questions ?

L'autrice recommande de répondre honnêtement à la question posée, avec des mots adaptés, sans submerger l'enfant d'informations qu'il n'a pas demandées.

Que risque-t-on à cacher la vérité ?

L'enfant peut ressentir un malaise sans le comprendre, ou chercher des réponses ailleurs, notamment sur Internet, avec le risque de mal les interpréter.

Les mots-clés de cet article
Pour aller plus loin · n°17

Ce que vous trouverez dans le magazine

  1. Les repères d'âge pour adapter son discours, de la pensée concrète à la pensée critique.
  2. Les arguments détaillés sur les risques de la surprotection et sur la capacité des enfants à encaisser.
  3. La liste des six conséquences possibles des non-dits familiaux selon la psychogénéalogie.
  4. La méthode pour vérifier ce que l'enfant a compris et accompagner ses émotions.
  5. Le portrait complet de l'autrice et ses références.
Couverture du n°17
Pour lire l'article en entier

n°17 · L'éducation et ses tabous

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