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Que se passe-t-il dans le cerveau d'un enfant DYS, et comment l'aider⁠ ⁠?

Il lit, il écrit, mais au prix d'un effort qui ne diminue pas. Dans le n°2 d'Innovation en Éducation, le Dr Michèle Mazeau explique ce qui se joue dans le cerveau d'un enfant DYS, et comment parents et enseignants peuvent l'aider à réussir.

Le n°2 d'Innovation en Éducation ouvert sur les pages de cet article
Tiré du magazine · n°2Cerveau / neurosciences⁠ ⁠: mode d'emploi⁠ ⁠! Voir ce numéro

L'apprentissage ne va pas jusqu'à son terme. Un enfant DYS apprend, mais une fonction précise, comme la lecture ou le geste graphique, ne s'automatise pas suffisamment, et lui demande un effort constant. C'est ce qu'explique le Dr Michèle Mazeau, médecin de rééducation spécialiste des troubles neurodéveloppementaux, dans le n°2 d'Innovation en Éducation. Elle en tire une conviction : un enfant DYS a une intelligence normale, et peut réussir si l'on contourne intelligemment son trouble.

Des cerveaux tous semblables, et tous différents

L'article commence par replacer les troubles dans un cadre plus large. Tous les cerveaux humains partagent la même organisation générale, et chacun développe pourtant ses particularités, selon ses gènes, son histoire et ses apprentissages. Ces particularités peuvent être neutres, positives, ou rendre plus difficiles certains apprentissages que la société attend. C'est dans ce dernier cas que l'on parle de trouble neurodéveloppemental, une famille qui regroupe notamment les DYS, le TDAH et les troubles du spectre de l'autisme.

Ce qui coince : l'automatisation

Pour comprendre un trouble DYS, Michèle Mazeau part de ce que vise tout apprentissage : rendre une compétence automatique. Une fois qu'on sait lire, on lit sans y penser. Chez l'enfant DYS, cette étape n'est pas atteinte. Il apprend, mais la fonction concernée reste coûteuse.

« Ceci n'est bien sûr pas le résultat d'un manque de volonté de la part de l'enfant, mais bien de son architecture cérébrale. »

Michèle Mazeau, médecin de rééducation, spécialiste des troubles neurodéveloppementauxExtrait du n°2, p. 61

Cette précision compte pour l'enfant comme pour ceux qui l'entourent. Un trouble DYS touche une fonction, pas l'intelligence. Toutes les autres capacités restent intactes, et l'auteure insiste pour qu'on s'appuie sur elles, au lieu d'enfermer l'enfant dans ses difficultés.

Des talents particuliers ?

L'article aborde une idée répandue : les enfants DYS auraient, en compensation, des talents hors du commun. Michèle Mazeau ne la partage pas, faute d'études qui l'établissent. Pour elle, chacun, DYS ou non, a ses talents à cultiver, ni plus ni moins. Le magazine publie à côté un encadré qui apporte un autre éclairage, venu du monde du travail : une étude britannique selon laquelle de plus en plus d'entreprises voient dans les profils neuroatypiques des atouts, avec certaines qualités fréquemment relevées. Les deux points de vue se complètent plutôt qu'ils ne s'opposent : l'un met en garde contre les promesses, l'autre invite à changer de regard sur ces profils.

Trois principes pour accompagner

La seconde moitié de l'article est très concrète. Michèle Mazeau propose trois grands principes aux parents et aux professionnels. Le premier consiste à reconnaître le trouble. Tant qu'il n'est pas identifié, l'enfant entend qu'il ne fait pas assez d'efforts, alors qu'il fait de son mieux. Elle explique ce qui se passe quand un trouble est minimisé, et pourquoi l'enfant risque alors de dépenser son énergie à le cacher.

Le deuxième principe porte sur l'organisation d'une prise en charge efficace, qui associe rééducation et aides à la scolarisation. Sur ce second point, sa position est claire.

« L'école n'est pas le lieu de la rééducation d'un trouble neurologique, c'est le lieu des apprentissages, et ces jeunes en sont capables si on les soulage du DYS ! »

Michèle Mazeau, médecin de rééducation, spécialiste des troubles neurodéveloppementauxExtrait du n°2, p. 63

Vous trouverez dans le magazine ses conseils précis sur l'organisation de la rééducation, ainsi que le troisième principe, qu'elle considère comme le plus important de tous, pour la maison comme pour l'école.

Des ressources pour ne pas rester seuls

L'article se termine par des pistes utiles aux familles et aux enseignants : le rôle des associations de parents, des sites proposant des documents adaptés et des outils pour une école inclusive, et une sélection de livres, dont un coécrit par l'auteure. Pour les enseignants, l'entretien avec Nicole Bouin dans le même numéro éclaire aussi ce qui se passe dans le cerveau d'un élève qui apprend, et notamment le rôle de l'automatisation.

Questions fréquentes

Un enfant DYS est-il moins intelligent ?

Non. Pour le Dr Michèle Mazeau, un enfant DYS a une intelligence normale : une seule fonction cognitive est touchée, et toutes les autres restent intactes. Il est capable d'apprendre et de réussir.

Que se passe-t-il dans le cerveau d'un enfant dyslexique ?

Il apprend à lire, mais la lecture ne devient pas assez automatique. Elle continue de lui demander un effort important, qui ne relève pas d'un manque de volonté.

Comment aider un enfant DYS à l'école ?

Michèle Mazeau recommande de mettre en place tôt des aménagements qui le dispensent des tâches mobilisant son trouble, pour qu'il puisse apprendre les mêmes choses que ses camarades, au même rythme.

Les mots-clés de cet article
Pour aller plus loin · n°2

Ce que vous trouverez dans le magazine

  1. Les trois principes de Michèle Mazeau pour accompagner un enfant DYS, détaillés.
  2. Ses conseils pour organiser une rééducation efficace sans épuiser l'enfant.
  3. Le principe qu'elle juge le plus important, à la maison comme à l'école.
  4. L'encadré sur le regard des entreprises sur les profils neuroatypiques.
  5. Une sélection de sites, d'associations et de livres pour les parents et les enseignants.
Couverture du n°2
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n°2 · Cerveau / neurosciences⁠ ⁠: mode d'emploi⁠ ⁠!

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