Trois enfants TDAH : comment une famille a appris à avancer, sans mode d’emploi
Trois garçons, trois profils, un même trouble vécu de trois manières différentes. Dans le n°6 d’Innovation en Éducation, Julien et Lydie reviennent sur dix années de rendez-vous, de doutes et de victoires, avec beaucoup d’humour et de franchise.
Tiré du magazine · n°6Accompagner les enfants atypiques
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Julien et Lydie élèvent trois garçons, Mathias, Thomas et Simon, tous concernés par un trouble de l’attention, avec ou sans hyperactivité, et pour certains des troubles DYS ou une anxiété associés. Dans le n°6 d’Innovation en Éducation, ils racontent dix années de parcours : les premiers signaux en maternelle, les chocs successifs, les bilans, le dossier MDPH, les choix difficiles. Leur message aux autres parents est d’abord un message de déculpabilisation : ce n’est la faute ni des parents ni des enfants, et chaque enfant trouve son propre chemin.
L’entretien, publié dans la rubrique « Les invités », se lit d’une traite. Il n’a rien d’un mode d’emploi, et c’est justement ce qui le rend précieux. Les deux parents y parlent tour à tour, avec des points de vue parfois différents, beaucoup d’autodérision et une sincérité qui ne cherche pas à embellir.
Comment tout a commencé ?
Avec Mathias, l’aîné, rien n’alerte avant la maternelle. Il est très actif, mais sans point de comparaison, ses parents n’y voient rien d’inhabituel. C’est la maîtresse qui, la première, leur conseille de consulter. Lydie en pleure ; Julien, lui, se demande de quoi elle se mêle. Ce décalage entre les deux parents, raconté sans fard, est l’un des fils de l’entretien : on y voit comment chacun avance à son rythme vers l’acceptation.
Puis viennent les autres indices, que les parents n’avaient pas reliés entre eux, et un premier diagnostic. Le parcours qui s’ouvre alors, ils le résument d’une formule :
« Sur ce chemin de la prise en charge, on marche à l’aveugle. On a aucun guide ! »
Que vit une famille pendant ce parcours ?
L’entretien décrit avec précision ce que traversent beaucoup de familles. L’incompréhension de l’entourage, d’abord, qui pousse à s’isoler : les repas chez les autres deviennent compliqués, les invitations sont déclinées faute d’énergie. Le jugement, ensuite, parfois venu des proches eux-mêmes. Lydie raconte une remarque qui a fait mal, et qui rappellera des souvenirs à de nombreux parents.
Il y a aussi les démarches administratives, que Julien et Lydie racontent avec un humour qui n’efface pas leur difficulté : les bilans à refaire, le dossier pour la Maison départementale des personnes handicapées, un refus pour une raison de forme, un recours. Et les décisions qui pèsent, comme celle d’un traitement médicamenteux, prise après de longues hésitations et en lien avec la neuropédiatre qui suit les enfants. Les parents en disent les effets observés chez chacun, mais aussi les questions qui demeurent.
Un même trouble, trois histoires différentes
C’est sans doute la leçon la plus forte de l’entretien. Mathias, Thomas et Simon partagent un diagnostic, mais pas un caractère. L’un compense avec l’aide de ses copains et supporte mal l’injustice. Un autre, studieux et anxieux, se met lui-même une pression considérable et a trouvé un temps son équilibre dans l’école à la maison. Le dernier, très sociable, ne pouvait au contraire pas se passer de ses camarades. Julien le résume avec justesse :
« En fait, on a trois gamins au caractère différent et qui vivent le même trouble de manière différente ! »
Le récit montre aussi le poids des rencontres. Certains enseignants n’ont rien adapté ; d’autres ont tout changé, par un geste discret ou une parole bienveillante. Ce contraste rejoint celui que racontent les lecteurs dans les témoignages d’anciens élèves publiés dans le même numéro.
Et les parents ?
L’entretien se termine sur une question plus intime : les enfants ont-ils été des miroirs pour leurs parents ? La réponse ouvre une piste que le numéro développe ailleurs, celle des adultes qui découvrent leur propre atypie à travers celle de leurs enfants.
Un encadré réunit enfin les conseils que Julien et Lydie adressent aux autres parents. On y lit cette phrase, qui résume bien leur état d’esprit :
« Les notes, ça n’est pas leur identité ! »
Questions fréquentes
Est-ce la faute des parents si un enfant a un TDAH ?
Non. Julien et Lydie le disent à d’autres parents : ce n’est la faute ni des parents ni des enfants, et culpabiliser ne sert à rien. La fiche du numéro le confirme : le TDAH est un trouble du neurodéveloppement, sans lien avec l’éducation reçue.
Plusieurs enfants d’une même fratrie peuvent-ils avoir un TDAH ?
C’est le cas de cette famille, dont les trois garçons sont concernés. Leur neuropédiatre a évoqué une dimension héréditaire. Chaque situation reste à évaluer par des professionnels.
Les enfants d’une même famille vivent-ils le TDAH de la même manière ?
Non. L’entretien montre trois garçons au caractère très différent, qui vivent le même trouble chacun à sa façon, avec des besoins et des solutions propres.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le récit complet des dix années de parcours de la famille, enfant par enfant.
- Les démarches auprès de la MDPH racontées de l’intérieur, avec leurs écueils.
- Les hésitations des parents face au traitement, et ce qu’ils ont observé.
- L’expérience de l’école à la maison, réussie pour l’un et impossible pour l’autre.
- Les conseils de Julien et Lydie aux autres parents, réunis dans un encadré.
n°6 · Accompagner les enfants atypiques
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