Quelles matières aimerait-on voir enseignées à l'école ?
Et si l'école apprenait aussi à gérer ses émotions, à se connaître ou à bien manger ? Le n°5 d'Innovation en Éducation fait la liste des matières dont il rêve pour les élèves.
Tiré du magazine · n°5Les pédagogies différentes
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Imaginez une école qui, en plus des enseignements théoriques classiques, apprendrait à découvrir qui l'on est, à bien manger, ou encore à être heureux : c'est ainsi que le n°5 d'Innovation en Éducation introduit une liste de matières dont il rêve pour les classes françaises. Une liste pleine de bon sens, qui prolonge les réflexions du numéro sur les finalités de l'éducation, et qu'il présente sans prétendre l'imposer aux programmes déjà chargés.
Quelles sont ces matières ?
Le magazine en propose six, qui touchent à la gestion des émotions, à l'attitude positive, à l'alimentation, à la connaissance de soi, à la gestion du stress et à l'art d'apprendre à apprendre. Chacune est présentée en quelques lignes : à quoi elle servirait, et à quoi elle pourrait ressembler concrètement. Il ne s'agit pas, précise-t-il, de faire des élèves des experts, mais de leur donner des bases dont ils profiteront longtemps.
Pourquoi commencer par les émotions ?
Combien d'adultes connaissent bien leur propre fonctionnement émotionnel ? Le magazine part de ce constat. Apprendre dès le plus jeune âge à accueillir, comprendre, accepter et gérer ses émotions serait, selon lui, l'un des plus beaux cadeaux à faire aux enfants : une compétence qui sert toute la vie, y compris pour se connaître soi-même.
« Apprendre aux enfants dès le plus jeune âge à accueillir, analyser, accepter et gérer leurs émotions serait l'un des plus beaux cadeaux à leur faire. »
Et la connaissance de soi, à quoi servirait-elle ?
C'est la matière qui concerne le plus directement les adolescents. À l'âge où l'identité se construit, l'accompagnement manque souvent, remarque le magazine. On demande aux élèves de faire des choix d'orientation, mais on les invite rarement à se demander qui ils sont.
« On met la pression aux élèves en leur demandant de faire des choix d'orientation, mais on ne les invite que très rarement à se questionner sur la personne qu'ils sont. »
Des séances de coaching, imagine-t-il, pourraient aider les jeunes à découvrir leur forme d'intelligence, leurs forces et leurs faiblesses, et donc à choisir la voie qui leur convient. Cette question rejoint celle des numéros consacrés à l'orientation, comme celui qui fait de l'identité le point de départ du choix.
Apprendre à apprendre : de quoi s'agit-il ?
La dernière matière évoquée est peut-être la plus transversale : poursuivre son apprentissage toute sa vie. L'école éveille la curiosité et donne des bases, mais elle ne dure qu'un temps, et c'est la vie, observe le magazine, qui est notre plus grande éducatrice. Il serait donc utile d'apprendre à chercher l'information, à l'assimiler et à utiliser correctement Internet. Le détail des autres cours, de la « positive attitude » à l'alimentation saine, est dans le magazine.
D'autres pays le font-ils déjà ?
Le magazine a la sagesse de reconnaître que les programmes sont déjà chargés et que les enseignants doivent faire des choix. Il observe toutefois que certains pays proposent déjà des cours de ce type, et que des universités françaises ont mis en place des cours de développement personnel. Sa conclusion est optimiste : les choses évoluent, et c'est tant mieux. Pour des idées déjà testées en classe, un autre numéro propose des activités pour cultiver le bonheur à l'école.
Cette liste est-elle réaliste ?
Le magazine ne se fait pas d'illusions : les programmes sont chargés et les enseignants doivent procéder par priorités. Il propose pourtant de se demander si ces matières ne méritent pas d'être au moins abordées, ne serait-ce qu'à petites doses : quelques minutes de méditation en début de cours, un temps de parole sur les émotions. La liste est aussi un moyen de poser une question à voix haute : de quoi aurions-nous aimé qu'on nous parle quand nous étions élèves ? Parents et enseignants y répondront chacun à leur manière. Le ton est celui d'un rêve partagé, et le numéro rappelle que ce rêve est déjà réalité ailleurs.
Questions fréquentes
Ces matières remplaceraient-elles les disciplines classiques ?
Non : le magazine les imagine en plus des enseignements théoriques, et reconnaît que les programmes sont déjà chargés.
Peut-on déjà faire quelque chose en classe ?
Le magazine donne quelques exemples : des enseignants qui commencent leurs cours par quelques minutes de méditation observent un effet apaisant sur la concentration.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les six matières décrites une par une, avec leurs objectifs et leurs idées d'activités.
- Les exemples de pays où ce type de cours existe déjà.
- Les pistes pour la gestion du stress : sport, relaxation, yoga, méditation.
- Les exercices de gratitude et d'empathie évoqués pour la « positive attitude ».
