Savons-nous encore bien respirer ? Stress et respiration fonctionnelle
On pense à bien manger et à bien boire, rarement à bien respirer. Dans le n°4 d'Innovation en Éducation, le coach de respiration Leonardo Pelagotti propose de réapprendre un geste que nous faisons des milliers de fois par jour.
Tiré du magazine · n°4En finir avec les mauvaises habitudes !
Voir ce numéro
Une personne respire en moyenne entre 12 000 et 23 000 fois par jour, ce qui représente plusieurs milliers de litres d'air, bien plus que ce que nous mangeons ou buvons. Pourtant, rares sont ceux qui s'en soucient. Leonardo Pelagotti, coach de respiration, instructeur de la Méthode Wim Hof et de l'Oxygen Advantage, ancien gymnaste et ingénieur de formation, signe dans le n°4 d'Innovation en Éducation un article qui pose la question sans détour : savons-nous encore bien respirer ?
Pourquoi le stress dérègle-t-il notre souffle ?
Selon l'auteur, les études montrent que l'être humain respire moins bien qu'avant, adultes comme enfants, et que le stress en est la cause principale. Il décrit un cercle : le stress rend la respiration plus courte et plus rapide, et cette respiration déréglée entretient à son tour le stress.
« L'origine de ce problème est le stress ! Et le stress est aussi exacerbé... par une mauvaise respiration. »
La bonne nouvelle, dit-il, c'est que ce cercle peut s'inverser : la respiration est l'un des rares réglages du corps que l'on peut piloter volontairement. En ralentissant son souffle, on agit sur le système nerveux, qui passe du mode « fuite ou lutte » à un mode de repos.
Qu'est-ce qu'une respiration « fonctionnelle » ?
L'auteur propose de la juger sous trois angles : la chimie du sang (respire-t-on trop ou trop peu ?), la mécanique du corps (respire-t-on avec le haut du thorax ou par la bouche ?) et l'état psychophysiologique (tension, sommeil, concentration). Il cite une étude de 2017 selon laquelle neuf personnes sur dix auraient au moins l'une de ces trois dimensions déréglée. Ce chiffre est le sien, et le magazine le reprend tel quel.
Par quoi commencer ?
L'article énonce quatre principes pour une respiration plus efficace, du chemin que prend l'air à la lenteur du souffle. Le plus simple à retenir est le premier : respirer par le nez, à l'inspiration comme à l'expiration. Le nez filtre l'air, le réchauffe et l'humidifie avant qu'il n'atteigne les poumons ; la bouche, elle, serait plutôt une voie de secours. Les trois autres principes sont développés dans le magazine, ainsi que la question du rythme, avec les repères chiffrés que l'auteur emprunte au journaliste James Nestor et à son livre Breath.
Un point d'équilibre est utile : l'auteur est coach et vend ses propres formations et son propre livre sur le sujet. Ses affirmations relèvent de son expérience et de ses lectures, et chacun jugera ce qui lui convient, au besoin avec l'avis de son médecin.
« La respiration est un outil excellent pour vivre en pleine santé, fort et performant. »
Pourquoi le rythme du souffle compte-t-il ?
Leonardo Pelagotti consacre un paragraphe au rythme, qu'il juge important pour agir sur le système nerveux autonome. Quand le rythme respiratoire s'accélère, nous activons le mode actif, celui de la « fuite ou lutte ». Quand il ralentit, nous activons à la place le mode qui favorise le repos et l'immunité.
C'est le cœur de son argument : en ralentissant volontairement son souffle, on envoie au corps un signal de calme, et l'on peut ainsi sortir du cercle du stress. Il parle aussi d'une respiration silencieuse et régulière, loin des soupirs et des inspirations hachées. Là encore, il s'agit de son point de vue de praticien ; chacun peut l'essayer doucement, et en parler à un professionnel de santé en cas de doute.
Et pour les enfants ?
L'article parle de l'être humain en général, mais il précise que le stress touche adultes et enfants. Le numéro prolonge le sujet avec l'entretien de la consultante pédagogique Andréa Girard sur le diaphragme, ce muscle de la respiration, et avec des exercices à faire avec des enfants.
Questions fréquentes
Pourquoi respirer par le nez plutôt que par la bouche ?
Selon l'auteur, le nez filtre, réchauffe et humidifie l'air, ce que ne fait pas la bouche, qui serait plutôt une voie de secours.
Peut-on vraiment apaiser son stress en respirant ?
C'est la thèse de l'article : un souffle plus lent agit sur le système nerveux et aide à retrouver le calme.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les trois piliers de la respiration fonctionnelle et ce qui se passe quand l'un d'eux est déréglé.
- Les quatre principes pour une respiration optimale, avec l'explication de chacun.
- Le rôle du dioxyde de carbone, qui n'est pas un simple gaz de déchet, et l'effet Bohr.
- Le rythme idéal, avec les repères chiffrés de James Nestor.
- Les exercices et techniques que l'auteur conseille pour commencer, et le test en ligne.
