Sédentarité : pourquoi bouger tous les jours compte plus qu'une séance de sport ?
On range souvent le mouvement dans une case : le sport du mercredi ou du samedi. Dans le n°4 d'Innovation en Éducation, l'ostéopathe David Tan propose de le faire revenir dans chaque journée, celle des adultes comme celle des enfants.
Tiré du magazine · n°4En finir avec les mauvaises habitudes !
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Un muscle qu'on n'utilise pas s'atrophie, et il en va de même pour le corps entier. C'est le point de départ de David Tan, ostéopathe et kinésithérapeute, qui a accompagné plus de 40 000 patients en vingt ans. Son diagnostic est simple : la sédentarité est l'une des premières causes de vieillissement et de douleurs de l'appareil locomoteur. Et sa proposition l'est aussi : plutôt que de compter sur une activité sportive isolée, remettre un peu de mouvement dans chaque journée.
Dans le n°4 d'Innovation en Éducation, dédié au corps et à la santé, il signe un article qui s'adresse aux adultes, mais dont les enfants sont les héros discrets : ce sont eux qui font naturellement ce que l'auteur recommande.
Pourquoi une séance de sport par semaine ne suffit-elle pas ?
David Tan observe que les peuples qui vivent au rythme de la nature ont souvent des corps souples et robustes sans avoir jamais mis les pieds dans une salle de sport. Ils marchent, portent, s'accroupissent, grimpent, jouent. Les animaux non plus ne font pas « d'exercice » : ils bougent parce que la vie l'exige.
Le piège, selon lui, est de croire qu'une ou deux séances par semaine suffisent à « faire son quota », avant de s'asseoir le reste du temps. Il rappelle que les adultes passent souvent plus de dix heures par jour sur une chaise, au bureau, dans les transports, devant un écran. L'idée n'est pas de s'en culpabiliser : c'est le mode de vie qui veut cela. Mais on peut y glisser du mouvement, par petites touches.
« C’est au quotidien qu’il faut ramener un état d’esprit de mouvement dans votre vie. »
Que peuvent nous apprendre les enfants ?
C'est l'observation la plus parlante de l'article. Les tout-petits jouent par terre, restent volontiers pieds nus, s'accroupissent, changent de position avant d'avoir mal. Pour l'auteur, ce n'est pas un hasard : leur corps cherche spontanément ce dont il a besoin. Ce sont les contraintes de la vie en société, les chaussures et les journées sur une chaise, qui nous en éloignent peu à peu.
Un exemple concret suffit à comprendre son propos sur les pieds nus. Imaginons que nous portions des moufles toute la semaine : au bout d'un moment, nos mains perdraient de leur finesse et de leur sensibilité. Nos pieds, enfermés dans des chaussures, sont dans la même situation. Marcher pieds nus, quand c'est possible, quelques minutes par jour, même au bureau, leur redonne des informations sur ce qui les entoure.
Faut-il rester assis, ou rester debout ?
Ni l'un ni l'autre, répond l'article, avec une nuance appréciable : une journée entière en position assise est nuisible, mais la station debout prolongée a elle aussi des effets défavorables. Ce qui compte, c'est de varier.
L'auteur s'appuie sur ce qu'il appelle les postures archétypales, des positions que les enfants adoptent sans y penser lorsqu'ils s'asseyent ou s'accroupissent au sol. Il en détaille quatre, dites « 4 S », avec le temps à y consacrer, la manière de les ajuster à l'aide d'un coussin quand elles tirent sur les genoux, et le conseil de ne jamais forcer : au premier inconfort, on s'arrête, on respire, on change de position. Il invite aussi à les pratiquer lentement, en gardant une respiration abdominale, et à travailler à la maison, sur un bureau bas, pour ajouter du mouvement sans y consacrer plus de temps.
Il rattache le tout à une image : le corps serait un instrument de musique qu'il faut accorder, et le sol serait son accordeur.
« L’être humain est un instrument de musique composé de chaînes fasciales et myo-tendineuses. Comme tout instrument de musique, il a besoin d’être accordé. L’accordeur du corps humain, c’est le sol. »
Et à l'école, qu'est-ce que cela change ?
L'article ne parle pas de classe, mais la question se pose d'elle-même : des élèves assis six heures par jour, des enseignants souvent debout. Parents et enseignants peuvent y trouver une piste simple, laisser plus de place aux changements de position, aux pauses où l'on bouge, aux moments au sol, sans rien transformer d'autre.
Questions fréquentes
Les enfants sont-ils eux aussi concernés par la sédentarité ?
Oui, selon David Tan, car ils passent aussi de longues heures assis. Mais ils ont gardé l'instinct de changer de position, et c'est ce que l'article invite les adultes à retrouver.
Faut-il arrêter de faire du sport ?
Non. L'auteur ne s'oppose pas au sport : il dit seulement qu'une séance isolée ne remplace pas le mouvement du quotidien.
Est-ce que tout le monde peut pratiquer ces postures ?
L'article recommande d'y aller avec progressivité, de s'aider d'un coussin ou d'un appui, et de s'arrêter dès qu'une gêne apparaît.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les quatre postures « 4 S », avec le temps conseillé pour chacune et les façons de les ajuster.
- Les consignes de pratique : lenteur, respiration abdominale, arrêt au premier inconfort.
- L'explication de ce que les pieds nus font au bassin et à la circulation.
- Le principe de l'harmonisation au sol, et la référence à la chaîne vidéo de l'auteur.
- Le portrait de David Tan, de ses 75 pays de voyage aux méthodes naturelles qu'il a rassemblées dans un livre.
