Pourquoi la nature fait-elle autant de bien aux enfants ?
Se sentir mieux après une balade en forêt n'a rien d'une impression. Le n°3 d'Innovation en Éducation relate trois expériences scientifiques et propose quarante idées pour renouer avec le dehors.
Tiré du magazine · n°3Et si cet été, on ralentissait ?
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La nature ne fait pas qu'apaiser : on en a réellement besoin. C'est le point de départ d'un article du n°3 d'Innovation en Éducation, qui explique ce lien par trois expériences scientifiques, avant de s'inquiéter de la distance croissante entre les enfants et le dehors. Il se prolonge dans une page de quarante idées d'activités à faire avant 12 ans.
D'où vient ce lien entre les humains et le vivant ?
L'article remonte au concept de biophilie, l'amour inné des humains pour le vivant, initié dans les années 1960 par le psychanalyste Erich Fromm et précisé dans les années 1980 par le biologiste Edward O. Wilson, à qui l'on doit aussi le mot « biodiversité ». Selon cette idée, nous serions génétiquement liés à la nature.
« La nature ne nous fait pas simplement du bien : nous en avons réellement besoin ! »
Une simple vue sur les arbres peut-elle aider à guérir ?
C'est l'expérience la plus frappante du texte. En 1984, le chercheur américain Roger Ulrich a suivi des patients opérés de la vésicule biliaire, une chirurgie souvent douloureuse après coup. Certains avaient une chambre donnant sur un mur de béton, d'autres sur un parc. Ceux qui voyaient les arbres sont restés moins longtemps à l'hôpital, ont diminué plus vite les antidouleurs et paraissaient plus sereins. Depuis, d'autres études ont confirmé ces effets : au Japon, des médecins prescrivent même des « bains de forêt », ce que l'on appelle en France la sylvothérapie.
Deux autres expériences complètent le tableau. L'une, menée à l'université de Stanford, compare une marche dans les bois et une marche le long d'une route très fréquentée, du point de vue du stress et des pensées qui tournent en boucle. L'autre, réalisée à Barcelone auprès de plus de 2 500 écoliers, relie la présence d'espaces verts près des écoles à leur développement cognitif et émotionnel. Le magazine détaille leurs résultats.
Les enfants passent-ils trop peu de temps dehors ?
L'article le constate sans accuser personne. Plus de la moitié de la population vit désormais en ville, et la part des urbains devrait atteindre 70 % en 2050. L'écrivain américain Richard Louv a proposé le terme de « trouble de déficit de la nature » pour décrire ce que cela change chez les enfants : l'urbanisation, la peur de l'extérieur qui pousse parfois les parents à garder les enfants à la maison, et la place des écrans.
« Nous n'avons jamais, dans l'histoire de l'Humanité, été aussi éloignés d'elle : plus de 50 % de la population vit dans des zones urbaines, et en 2050, cette proportion sera de 70 %. »
Le texte rappelle aussi que la relation va dans les deux sens : une nature en bonne santé est nécessaire à la santé humaine, et l'éducation consiste aussi à expliquer aux enfants comment la protéger.
Que faire concrètement, même en ville ?
La page suivante du magazine propose quarante idées qui coûtent presque rien : construire une cabane, observer les étoiles, courir sous la pluie, marcher pieds nus dans l'herbe… La liste vient d'une initiative britannique et vise toutes sortes de situations, de la campagne au bord de mer.
Questions fréquentes
Que faire si l'on habite en ville ?
Le magazine souligne que la connexion quotidienne à la nature est un défi en ville, mais ses idées (observer les nuages, grimper à un arbre, semer, marcher pieds nus) se pratiquent dans un parc, un jardin ou un balcon.
La nature a-t-elle un effet sur les émotions des enfants ?
Selon l'étude de Barcelone relatée par l'article, oui : les enfants entourés de nature auraient une gestion des émotions facilitée et davantage de confiance en eux.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le détail des trois expériences scientifiques : l'étude d'Ulrich sur la vue depuis la chambre d'hôpital, la marche de Stanford et l'étude des écoles de Barcelone.
- L'histoire du concept de biophilie et son lien avec la biodiversité.
- Le « trouble de déficit de la nature » de Richard Louv, avec les chiffres de l'urbanisation.
- La page des quarante idées d'activités en plein air, à faire avant 12 ans.
