Séparation des parents : comment protéger son enfant ?
Une séparation reste une épreuve pour toute la famille, et les enfants en sont les premiers touchés. Dans le n°17 d'Innovation en Éducation, Alice Thery propose trois repères pour les protéger des écueils.
Tiré du magazine · n°17L'éducation et ses tabous
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Se séparer quand on a des enfants, c'est aussi s'inquiéter de ce qu'ils vont vivre. Alice Thery, de la plateforme OnSeSepare.com, ne prétend pas donner une feuille de route toute faite aux parents. Elle propose trois axes de réflexion, avec une idée centrale : plus la séparation est admise et préparée, moins elle perturbe l'enfant, quel que soit son âge.
Son texte paraît dans le n°17 d'Innovation en Éducation, qui s'intéresse à ce que l'on dit aux enfants. Il s'adresse aux parents confrontés à la culpabilité d'imposer cette douleur à leur enfant et à la crainte des conséquences sur son « bien-grandir ».
Que craignent surtout les enfants ?
Des éléments très concrets, rappelle l'autrice en s'appuyant sur les médiateurs avec lesquels sa plateforme collabore. Les enfants de parents qui se séparent veulent savoir où ils vont vivre, s'ils devront changer d'école, comment ils continueront à voir leurs deux parents. Leurs angoisses s'expriment différemment selon l'âge, mais une constante ressort : moins les parents sont en phase sur les changements à venir, moins l'enfant éprouve de stress.
« Plus notre séparation sera admise et préparée, moins elle sera susceptible de perturber notre enfant, quel que soit son âge. »
Comment l'annoncer à l'enfant ?
L'article recommande, dans la mesure du possible, d'annoncer la séparation ensemble, dans un contexte calme et avec un discours commun, serein et rassurant. L'autrice reconnaît que, pour certains, c'est difficile, voire impossible. Dans tous les cas, elle invite à essayer de ne pas faire porter toute la faute à l'autre et à contenir ses émotions pour ne pas s'effondrer devant les enfants.
Ce que tous ont besoin d'entendre, selon elle : qu'ils n'y sont pour rien, que les parents restent leurs parents, et qu'ils sont aimés. Elle invite aussi à les encourager à verbaliser ce qu'ils ressentent, en restant vigilant à des signes comme l'isolement, le repli ou les troubles du sommeil, auquel cas une aide extérieure peut être utile. Les parents ne sont pas toujours les mieux placés pour entendre la douleur de leurs enfants dans ce contexte, reconnaît l'article, sans jamais en faire un reproche.
Comment organiser l'après sans déstabiliser l'enfant ?
C'est le deuxième grand axe : construire ensemble l'après-séparation pour que l'enfant puisse se projeter sur des perspectives rassurantes. Le sort du logement familial, l'organisation de la garde, les repères du quotidien, tout cela compte pour lui. Plus tôt les parents sont fixés sur leur organisation, plus c'est sécurisant pour tous.
L'autrice rappelle qu'il n'y a pas de modèle unique : ce qui compte est l'intérêt de l'enfant, qu'il s'agisse d'une garde alternée à parts égales, d'une organisation plus classique avec droit de visite et d'hébergement, ou d'arrangements plus souples qui s'adaptent à l'âge et aux besoins de l'enfant. Elle précise que de plus en plus de couples optent pour des solutions « à la carte ». Quand le conflit s'installe, la médiation familiale est présentée comme une piste souvent concluante, à comparer avec une procédure judiciaire longue et coûteuse.
Comment garder un dialogue respectueux entre ex-conjoints ?
C'est le troisième axe, et sans doute le plus difficile. L'article rappelle qu'une belle coparentalité passe avant tout par le respect mutuel : éviter les altercations devant l'enfant, ne pas tenir de propos blessants sur l'ex-conjoint en sa présence, ne pas l'impliquer dans les conversations avec les proches. Ce que l'on peut attendre d'un parent, conclut l'autrice, est surtout un travail de conciliation et d'apaisement, parfois au détriment de ses propres besoins. L'article n'ignore pas que, dans certains cas, cette entente est hors d'atteinte, et propose alors une approche thérapeutique ou une médiation.
Le texte se clôt sur une question qui renvoie les parents à leur capacité de décider ensemble.
« Qui mieux que vous pour déterminer ce qui est adapté aux besoins de votre enfant ? »
À lire aussi sur le même sujet dans un autre numéro : séparation conflictuelle, comment aider son enfant. Et pour comprendre ce que vivent les enfants face à l'absence : deuil, séparation, absence.
Questions fréquentes
Faut-il annoncer la séparation à l'enfant ensemble ?
L'article le recommande dans la mesure du possible, avec un discours commun et rassurant. Il reconnaît que ce n'est pas toujours faisable.
Que dire à l'enfant au moment de l'annonce ?
Il a besoin d'entendre qu'il n'est pas responsable de la séparation, que ses parents restent ses parents et qu'il est aimé.
Quel mode de garde choisir ?
L'article ne tranche pas : toutes les organisations sont possibles dès qu'elles servent l'intérêt de l'enfant, selon son âge et ses besoins.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les trois axes de préparation de la séparation, avec les conseils des médiateurs et des thérapeutes.
- Les repères pour annoncer la séparation en rassurant l'enfant sur les changements à venir.
- Les formes possibles d'organisation de la garde, de la garde alternée à la formule « à la carte ».
- Les conseils pour préserver un dialogue respectueux entre ex-conjoints.
- La présentation de la plateforme OnSeSepare.com et de ses services.
