Violences intrafamiliales : comment repérer et aider un enfant en danger ?
Derrière les portes closes, des enfants subissent des violences qu'ils n'osent pas dire. Dans le n°17 d'Innovation en Éducation, Steffy Alexandrian, fondatrice de l'association Carl, explique pourquoi le silence dure, et comment le rompre.
Tiré du magazine · n°17L'éducation et ses tabous
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Un enfant peut être victime de violences au sein même de sa famille, et ne rien en dire. C'est le sujet que choisit d'aborder Steffy Alexandrian, fondatrice et présidente de l'association Carl, dans le n°17 d'Innovation en Éducation. Son message central tient en deux idées : ces violences touchent tous les milieux, et elles durent souvent parce que l'enfant se tait. Les adultes qui l'entourent, parents protecteurs comme enseignants, ont un rôle pour rompre ce silence.
L'association Carl lutte contre les violences intrafamiliales, en particulier les violences sexuelles faites aux enfants, et accompagne enfants victimes et parents protecteurs sur les plans psychologique, juridique et social. Son engagement, explique son autrice, fait suite à une enfance difficile et à la perte de son petit frère Carl.
Ces violences concernent-elles tous les milieux ?
Oui, selon l'autrice, elles se produisent dans tous les milieux sociaux, toutes les origines et tous les quartiers. Elle rappelle que les violences peuvent être physiques, émotionnelles ou sexuelles, et que les foyers, censés être des refuges, deviennent alors « le théâtre silencieux » de souffrances qu'on ne soupçonne pas. L'article s'accompagne d'un encadré de chiffres officiels, que le magazine détaille, avec cette précision : les statistiques sous-estiment probablement la réalité, car de nombreuses victimes restent silencieuses.
Pourquoi un enfant ne dit-il rien ?
C'est la partie la plus éclairante de l'article. Steffy Alexandrian décrit quatre mécanismes qui entretiennent le silence : la honte et la peur, la loyauté envers la famille, la normalisation de la violence quand elle est devenue banale aux yeux de l'enfant, et la manipulation de l'auteur, qui peut faire croire que personne ne le croira. Elle consacre un passage particulier à l'inceste, qui impose à la victime une double peine : le traumatisme et le poids du secret familial.
L'idée à retenir est que le silence n'est pas un signe d'indifférence ni de mensonge. Il peut être, pour l'enfant, la seule manière de protéger les siens ou de se protéger lui-même.
« Au bout du tunnel, il y a toujours une lumière. »
Quels signes peuvent alerter ?
L'autrice cite notamment des blessures inexpliquées et des changements soudains de comportement, comme le repli sur soi ou des troubles du sommeil. Le magazine en donne la liste complète. Aucun de ces signes ne prouve à lui seul une situation de violence, et l'article ne propose pas de se transformer en enquêteur. Il propose d'être attentif.
Que peut faire concrètement un adulte ?
L'article décrit cinq gestes : être attentif aux signes, écouter et rester disponible, encourager la parole, signaler et être un allié. Quelques repères en ressortent.
Pour l'écoute, l'autrice recommande d'écouter sans juger ni minimiser, de laisser l'enfant parler à son rythme, d'éviter les questions suggestives et de lui poser plutôt des questions ouvertes. Son vocabulaire n'est pas celui des adultes, et c'est normal. Le dessin peut parfois aider.
Pour le signalement, l'article rappelle qu'en France, le 119 est le numéro d'appel pour les enfants en danger. Quand on a des raisons de croire qu'un enfant est en danger, il recommande de ne pas tarder à signaler. Les derniers conseils portent sur l'accompagnement dans la durée, qui peut être long, et sur la nécessité de convaincre l'enfant qu'on est de son côté.
« Il est temps de mettre fin au silence, de tendre la main à ceux qui souffrent et de prendre position pour un avenir meilleur où les enfants sont protégés, chéris et encouragés à réaliser leur plein potentiel. »
Ce texte est volontairement mobilisateur. Il s'adresse autant aux parents qu'aux enseignants et aux voisins, parce que la protection des enfants, rappelle-t-il, est une responsabilité collective. Pour les professionnels de la petite enfance, un autre article du numéro examine les violences éducatives ordinaires, avec une autre approche : comprendre avant de condamner.
Questions fréquentes
Qui appeler quand on craint qu'un enfant soit en danger ?
En France, le 119 est le numéro d'appel pour les enfants en danger. L'article recommande de ne pas tarder à signaler quand on a des raisons de croire qu'un enfant est en danger.
Que faire si un enfant se confie à vous ?
Selon l'autrice, il faut l'écouter sans juger ni minimiser, éviter les questions suggestives, le laisser s'exprimer à son rythme et lui dire qu'on est de son côté.
Ces violences existent-elles dans tous les milieux ?
Oui, d'après l'article : elles se produisent dans tous les milieux sociaux, toutes les cultures et tous les quartiers.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- L'encadré de chiffres sur les signalements, la protection de l'enfance et l'inceste, avec leurs sources.
- Le détail des quatre mécanismes qui entretiennent le silence autour des violences.
- La liste complète des signes d'alerte et les cinq gestes pour aider un enfant, du repérage au signalement.
- Le portrait de l'autrice et la présentation de l'association Carl.
