Qu'est-ce que « bien manger » veut dire pour un enfant ?
Pour un enfant, bien manger se résume souvent à pâtes, frites ou pizza. Dans le n°12 d'Innovation en Éducation, la pédiatre Edwige Antier et Marie Dewavrin proposent une image simple pour lui expliquer pourquoi varier.
Tiré du magazine · n°12Ces perles qu'on n'apprend pas assez à l'école
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Pour la plupart des enfants, « bien manger » signifie manger ce qui leur fait plaisir. Ce n'est pas un défaut : ils n'ont simplement pas conscience du besoin de variété. À l'adulte de les y habituer et de le leur expliquer, avec des mots qu'ils comprennent. C'est ce que propose la pédiatre Edwige Antier, avec Marie Dewavrin.
Le Dr Edwige Antier est pédiatre à Paris, accompagne les parents et les professionnels des crèches, et défend l'éducation positive. Marie Dewavrin, consultante et autrice, est engagée pour la transition alimentaire et une santé durable, et mère de quatre enfants. Dans le n°12 d'Innovation en Éducation, elles proposent de donner aux enfants des repères clairs sur ce que leur corps attend de chaque repas.
Comment expliquer à un enfant pourquoi il doit varier son assiette ?
Avec une image : celle d'une maison en construction. Le corps d'un enfant a besoin de matériaux différents pour que le chantier se passe bien, et un maçon qui n'aurait que des briques ou que des tuiles aurait du mal à bâtir quelque chose de solide.
« Le corps d'un enfant est comme une grande maison en construction : elle a besoin de différents matériaux pour que le chantier se passe bien et que la maison soit solide et bien bâtie […] »
Ces matériaux se répartissent en deux grandes familles, les macronutriments et les micronutriments. Certains se trouvent dans des aliments populaires et faciles à manger, comme les pâtes, d'autres dans des aliments que les enfants aiment moins, comme les légumes. Le corps a besoin des uns comme des autres, sans que l'on ait à opposer les « bons » et les « mauvais » plats.
Que fait chaque famille de nutriments ?
L'article passe en revue les protéines, les lipides, les glucides, puis les minéraux, les vitamines et les oligo-éléments, avec le rôle de chacun et les aliments où on les trouve. Plusieurs liens surprenants y sont rappelés : certains acides aminés contribuent au sommeil, d'autres à la motivation, et l'alimentation joue sur le fonctionnement du cerveau.
L'un des exemples les plus frappants concerne les graisses, souvent mal vues des parents. Les autrices rappellent que toutes les graisses ne se valent pas : il s'agit de favoriser celles qui font du bien au corps et de limiter les autres. Elles citent notamment les oméga-3, indispensables au cerveau et à l'immunité.
« Toutes les graisses ne se valent pas. Il faut donc favoriser celles qui font du bien au corps et limiter les autres. »
Du côté des glucides, elles précisent qu'ils ne doivent pas être diabolisés : ce sont le carburant des cellules. L'enjeu est de savoir lesquels privilégier.
Faut-il s'inquiéter des oligo-éléments et des vitamines ?
Non, rassurent-elles pour les oligo-éléments : on les trouve en quantité suffisante dans une alimentation normalement équilibrée. Pour les vitamines, le magazine présente leurs missions (énergie, anti-stress, fixation du calcium, etc.) et les aliments qui les apportent, sous forme de repères faciles à garder sous la main.
Rien de culpabilisant dans ce texte : il s'agit d'un guide, pas d'un bulletin de notes. Il se prolonge dans un livre des deux autrices, avec des idées de menus pour les enfants jusqu'à 3 ans.
Un exemple : le lien entre assiette, sommeil et motivation
Les protéines sont indispensables au développement des muscles, de la peau, des os, des cheveux et des ongles. Pendant la digestion, elles se transforment en acides aminés, qui agissent à leur tour sur le fonctionnement du cerveau. L'article donne deux exemples : un acide aminé du lait favorise le sommeil en passant par la fabrication de la mélatonine, et un autre, présent dans l'œuf, aide le corps à produire la dopamine, que les autrices appellent l'hormone du plaisir. Elles précisent qu'un apport de protéines animales est indispensable chez le jeune enfant, tout en rappelant que les protéines existent aussi dans les légumineuses, les céréales complètes et les oléagineux.
Questions fréquentes
Comment expliquer à un enfant qu'il doit manger des légumes ?
Les autrices partent de l'image de la maison en construction : le corps a besoin de matériaux variés, et les légumes en apportent que les pâtes n'ont pas.
Les graisses sont-elles mauvaises pour l'enfant ?
Pas toutes. Les autrices distinguent celles qui font du bien (comme les oméga-3) de celles à limiter, et précisent que les protéines animales restent indispensables chez le jeune enfant.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le détail des protéines, lipides, glucides, minéraux, vitamines et oligo-éléments, avec le rôle de chacun.
- La distinction entre bons et mauvais gras et entre glucides lents et glucides simples.
- Les listes d'aliments sources pour chaque minéral et chaque vitamine.
- L'image de la maison en construction, développée pour parler de nutrition à un enfant.
n°12 · Ces perles qu'on n'apprend pas assez à l'école
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