Pourquoi dit-on que l'intestin est notre deuxième cerveau ?
Le ventre qui se noue avant une épreuve n'est pas qu'une image. Dans le n°25 d'Innovation en Éducation, la psychologue Élisabeth Grimaud explique le dialogue permanent entre l'intestin et le cerveau.
On dit d'une émotion forte qu'elle « noue le ventre », et ce n'est pas qu'une expression. Les chercheurs décrivent aujourd'hui un dialogue permanent entre l'intestin et le cerveau, au point de parler d'un « deuxième cerveau ». Dans le n°25 d'Innovation en Éducation, Élisabeth Grimaud, docteure en psychologie cognitive et spécialiste de la santé mentale positive, explique ce lien et ce qu'il peut changer pour notre équilibre émotionnel, celui des adultes comme celui des enfants.
Qu'a-t-on découvert dans l'intestin ?
L'expression repose sur une découverte : la paroi de l'intestin abrite un réseau de plus de 200 millions de neurones, le système nerveux entérique. Il fonctionne de façon assez autonome, règle la digestion, et communique sans cesse avec le cerveau par le nerf vague. L'intestin produit aussi la quasi-totalité de la sérotonine, un messager chimique impliqué dans la régulation de l'humeur.
« 95 % de la sérotonine, un neurotransmetteur clé de la régulation de l'humeur, est produite dans l'intestin. »
À ce réseau s'ajoute le microbiote, l'ensemble des milliards de micro-organismes qui vivent dans notre tube digestif. Il intervient dans la digestion et l'immunité, et, selon l'autrice, dans nos émotions.
L'intestin peut-il vraiment influencer l'anxiété ?
La réponse de l'article est nuancée. L'idée d'un axe entre l'intestin et le cerveau était controversée il y a vingt ans, mais des essais cliniques récents ont confirmé un lien solide, qui va dans les deux sens. Le stress et l'anxiété perturbent la digestion ; à l'inverse, un microbiote déséquilibré semble favoriser les troubles anxieux et dépressifs, notamment par l'inflammation qu'il entretient et par une moindre production de certains messagers apaisants.
Élisabeth Grimaud le reconnaît elle-même : des recherches restent nécessaires pour préciser ces mécanismes. Mais sur le principe, elle est affirmative.
« Le lien entre microbiote et santé mentale est aujourd'hui largement admis dans la communauté scientifique. »
Un exemple parle aux familles : les personnes atteintes du syndrome de l'intestin irritable présentent souvent plus d'anxiété et de dépression que les autres, et la sévérité de leurs troubles digestifs va de pair avec celle de leurs symptômes émotionnels. Chez l'enfant qui a mal au ventre avant l'école, la question mérite d'être posée dans les deux sens.
Pour les parents comme pour les enseignants, cela donne un éclairage de plus sur les maux de ventre des jours d'inquiétude, sans pour autant les expliquer tous : une plainte digestive répétée mérite d'abord un avis médical, et l'on peut ensuite en chercher aussi les racines émotionnelles.
Peut-on agir par l'assiette ?
C'est la piste concrète de l'article, présentée comme complémentaire des thérapies et non comme un remède. Si l'alimentation influence le microbiote, et si celui-ci influence la santé mentale, alors ce que l'on mange compte. L'autrice distingue des familles d'aliments qui nourrissent les « bonnes » bactéries et réduisent l'inflammation, et d'autres qui, au contraire, risquent de fragiliser l'équilibre intestinal. Elle y ajoute des leviers qui ne se mangent pas : la gestion du stress et l'activité physique.
« Notre intestin, loin d'être un simple organe digestif, joue un rôle clé dans la gestion du stress, des émotions et de la santé mentale. »
L'article ne promet donc pas de miracle. Il invite plutôt à regarder l'alimentation comme un facteur parmi d'autres, au même titre que le sommeil, le mouvement ou le soutien des proches, quand un enfant ou un adulte vit une période d'inquiétude. Les pistes, nombreuses, sont détaillées dans le magazine, avec les aliments concernés.
Ce qu'il faut en retenir, sans en faire une règle : le corps et l'esprit ne sont pas deux territoires séparés, et prendre soin de l'un participe à prendre soin de l'autre.
Questions fréquentes
Pourquoi appelle-t-on l'intestin notre deuxième cerveau ?
Parce qu'il abrite un réseau de plus de 200 millions de neurones, capable de fonctionner de façon autonome et de dialoguer en permanence avec le cerveau.
L'alimentation peut-elle réduire l'anxiété ?
Selon Élisabeth Grimaud, elle peut être une approche complémentaire des thérapies classiques, en agissant sur le microbiote et l'inflammation. Elle ne remplace pas un accompagnement.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le détail des mécanismes qui relient microbiote, inflammation et production de neurotransmetteurs.
- La liste des aliments favorables au microbiote, avec leurs effets.
- La liste des aliments et substances à surveiller.
- Les liens entre troubles digestifs et troubles de l'humeur.
- Le programme d'épanouissement global sur un an que l'autrice a conçu.
N°25
n°25 · Santé mentale : tous anxieux ?
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