Neuronutrition : que mettre dans l'assiette pour un cerveau en forme ?
Le cerveau ne pèse qu'une petite part du corps, mais il consomme une grande part de son énergie. La neurobiologiste Nadia Augusto présente la neuronutrition, et les liens entre ce que nous mangeons et notre équilibre.
Tiré du magazine · n°8Maitriser la "neuroéducation"
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La neuronutrition part d'un constat simple : le cerveau, comme le reste du corps, a besoin d'éléments précis pour bien fonctionner. Des graisses de qualité pour la structure des neurones, des protéines pour fabriquer les messagers chimiques, une source d'énergie régulière et des vitamines et minéraux en suffisance. Ce que nous mangeons agit aussi sur le cerveau de façon indirecte, par l'intermédiaire des bactéries de notre intestin. Quelques réflexes simples, à prendre dès l'enfance, permettent d'en tenir compte.
C'est ce que présente Nadia Augusto dans le n°8 d'Innovation en Éducation. Neurobiologiste de formation, d'abord spécialisée dans les neurotechnologies appliquées à la santé mentale, elle s'est ensuite tournée vers la naturopathie. Elle accompagne aujourd'hui des personnes en burn-out ou en dépression, deux épreuves qu'elle dit avoir elle-même traversées.
De quoi le cerveau a-t-il besoin ?
L'autrice commence par un rappel de bon sens : avant tout, le cerveau a besoin d'eau, ce qui ne veut pas dire boire des litres sans soif.
Elle passe ensuite en revue les grandes familles de nutriments. Le cerveau est en grande partie fait de graisses, qui entrent dans la structure des neurones et aident l'information à circuler. Les protéines servent à fabriquer les neurotransmetteurs, ces molécules qui permettent aux neurones de communiquer, comme la dopamine, liée à la motivation et à l'apprentissage. D'où un premier conseil : apporter des protéines dès le petit-déjeuner. Les glucides, enfin, fournissent l'énergie dont les neurones ont besoin en permanence. Le cerveau est un organe gourmand : il consomme une part de l'énergie du corps sans commune mesure avec son poids.
L'article explique aussi pourquoi tous les sucres n'ont pas le même effet, et en quoi les sucres raffinés diffèrent de ceux que le corps digère lentement.
Quel lien entre l'intestin et le cerveau ?
C'est la partie la plus étonnante de l'article.
« Tout d'abord, tout est lié dans le corps. Notre cerveau n'est pas un organe isolé qui aurait sa propre vie, bien au contraire. »
Nos intestins abritent une immense population de micro-organismes, le microbiote. En échange du gîte et du couvert, ces bactéries digèrent pour nous et produisent des molécules que notre corps ne sait pas fabriquer. Ces molécules agissent sur un réseau de neurones présent dans l'intestin, parfois appelé deuxième cerveau, qui communique avec le cerveau par le nerf vague. Selon ce que nous mangeons, nous nourrissons des micro-organismes plus ou moins favorables à la santé, et cela finit par se répercuter sur le fonctionnement cérébral.
L'alimentation joue-t-elle un rôle dans le burn-out ou la dépression ?
Nadia Augusto consacre une partie de son article à ces deux situations, qui touchent aussi bien les professionnels que les parents épuisés. Elle y décrit ce que l'épuisement fait à l'attention, à la mémoire et à la gestion des émotions, et pourquoi le repos seul ne suffit pas toujours à recharger les batteries. Elle évoque aussi des recherches récentes, encore jeunes, qui observent des différences de microbiote chez les personnes déprimées.
L'autrice parle d'alimentation comme d'une alliée, pas comme d'un traitement à elle seule : la nuance compte, et elle conclut elle-même que la santé du cerveau tient à un ensemble. Le détail de ces deux cas est dans le magazine.
« Un bon microbiote intestinal n'est pas uniquement bon pour le cerveau. »
Quels réflexes adopter en famille ?
L'article se termine par des habitudes concrètes, dont plusieurs concernent les enfants : la composition des collations, la place des fruits et légumes de saison, le choix des huiles riches en bonnes graisses (avec une idée reçue sur l'huile d'olive que l'autrice corrige), et la composition d'un petit-déjeuner favorable à l'énergie et à la concentration. Ces conseils précis sont à retrouver dans le magazine.
Nadia Augusto rappelle enfin que l'assiette n'est qu'une pièce de l'équation : un stress maîtrisé, des émotions accueillies, de la joie et des relations agréables comptent tout autant pour un cerveau en bonne santé. Un point que développe, dans le même numéro, l'article sur les neurosciences du bonheur.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la neuronutrition ?
C'est une approche de l'alimentation centrée sur les besoins du cerveau : apporter les graisses, protéines, glucides, vitamines et minéraux nécessaires à son fonctionnement, voire à des fonctions comme la mémoire ou la concentration.
Pourquoi manger des protéines au petit-déjeuner ?
Selon Nadia Augusto, les protéines servent à fabriquer les neurotransmetteurs, dont la dopamine, liée à la motivation et à l'apprentissage. En apporter dès le matin aide le cerveau à les produire pour la journée.
Quel est le lien entre l'intestin et le cerveau ?
Le microbiote intestinal produit des molécules qui agissent sur le système nerveux de l'intestin, lequel communique avec le cerveau par le nerf vague. Ce que l'on mange influence donc indirectement le fonctionnement cérébral.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Le rôle de chaque famille de nutriments, vitamines et minéraux compris.
- Pourquoi les sucres raffinés et les sucres lents n'ont pas le même effet sur le cerveau.
- Le détail des cas du burn-out et de la dépression, et ce que la recherche observe sur le microbiote.
- Des réflexes alimentaires précis pour les collations, les huiles et le petit-déjeuner.
n°8 · Maitriser la "neuroéducation"
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