La médiation par les pairs : des élèves pour apaiser les conflits ?
Résoudre un conflit, cela s'apprend. Dans le n°15 d'Innovation en Éducation, Sandra Léocadie, de France Médiation, explique comment des élèves formés aident leurs pairs à se parler.
Tiré du magazine · n°15Peuvent-ils encore changer le monde ?
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Dans la cour, deux élèves se disputent. Et si, plutôt qu'un adulte, c'était un camarade formé qui les aidait à se parler ? C'est le principe de la médiation par les pairs, que décrit Sandra Léocadie, directrice adjointe opérationnelle de France Médiation, association qui pilote depuis plus de dix ans le dispositif « Médiateur à l'école ».
L'idée tient en une formule empruntée à deux enseignantes, Babeth Diaz et Brigitte Liatard : une médiation par les jeunes, pour les jeunes, avec les jeunes et entre les jeunes.
Qu'est-ce qu'un élève médiateur ?
Un élève volontaire, formé, qui intervient auprès de camarades de son âge ou plus jeunes quand ils se disputent. Il apaise la situation, propose une médiation et aide les élèves en conflit à chercher eux-mêmes une solution. Pour que son rôle soit reconnu, le dispositif doit être porté par la direction de l'établissement et supervisé par des adultes, formés eux aussi.
L'article est très clair sur les limites. Les jeunes médiateurs n'interviennent pas dans les bagarres ni dans les situations graves, comme le harcèlement : s'ils en sont témoins, ils en réfèrent à un adulte.
« Si la médiation par les pairs responsabilise, elle ne donne pas de responsabilités, la médiation ne se substitue pas à la sanction et l'intervention des élèves-médiateurs ne remplace pas celle des adultes. »
Comment le met-on en place ?
Sandra Léocadie décrit trois étapes : présenter la démarche à toutes les personnes concernées (équipes, parents, élèves), constituer un groupe d'élèves volontaires et organiser leur formation, puis lancer le dispositif dans l'établissement. D'après l'expérience de l'association, la tranche d'âge 9-13 ans semble la plus indiquée, même si le dispositif donne aussi d'excellents résultats avec des élèves plus âgés. Elle recommande d'ouvrir la possibilité à tous, y compris à ceux qui rencontrent des difficultés scolaires ou de comportement, pour qui devenir médiateur peut être une voie d'évolution positive.
La formation, de 7 à 9 heures environ, repose sur l'expérimentation, avec des activités ludiques et des mises en situation. Les adultes référents ne sont pas en retrait : formés eux aussi à la médiation, ils restent à proximité et assurent le suivi de l'activité des élèves médiateurs. L'autrice conseille de lancer le dispositif en début d'année scolaire, pour que les médiateurs aient le temps d'exercer. Le magazine détaille chacune des trois étapes, ainsi que l'organisation pratique qui accompagne le lancement.
Que gagnent les élèves, et l'établissement ?
Les élèves médiateurs parlent d'une plus grande confiance en soi, d'une timidité moindre, d'une aisance accrue pour s'exprimer en public. Le dispositif travaille des compétences psychosociales que l'article relie à la définition de l'Organisation mondiale de la santé : savoir communiquer, résoudre des problèmes, penser de façon créative, éprouver de l'empathie et gérer ses émotions.
Pour l'ensemble de l'établissement, l'article décrit une ambiance plus apaisée, moins de tolérance face à la violence, plus d'entraide entre élèves de classes et de niveaux différents. Un encadré du magazine présente le déroulement d'une médiation en quatre temps, du consentement des deux élèves jusqu'au suivi quelques jours plus tard.
« Le conflit peut alors être envisagé comme "un appel au lien". »
Cette phrase résume l'esprit du dispositif : voir le conflit non comme une impasse, mais comme une occasion de discuter pour améliorer la situation.
Questions fréquentes
À partir de quel âge un élève peut-il devenir médiateur ?
D'après l'expérience de France Médiation, la tranche d'âge 9-13 ans semble la plus indiquée, mais le dispositif fonctionne aussi avec des élèves plus âgés.
Un élève médiateur peut-il gérer un cas de harcèlement ?
Non. Les élèves médiateurs n'interviennent pas dans les situations de violence physique ni dans les cas graves comme le harcèlement : ils en réfèrent à un adulte.
Les parents sont-ils concernés ?
Oui : ils sont associés à la présentation de la démarche, et leur autorisation écrite est nécessaire pour qu'un élève devienne médiateur.
Ce que vous trouverez dans le magazine
- Les trois étapes de mise en place, avec le rôle de chacun et les outils pour repérer les médiateurs.
- Les principes déontologiques que les élèves médiateurs s'engagent à respecter.
- L'encadré sur le déroulement d'une médiation, étape par étape.
- La remise de certificats de fin d'année, qui valorise l'engagement des élèves.
